L’emprunt du Royaume-Uni dépasse les prévisions en avril

L’ONS indique que le gouvernement a emprunté 24,3 milliards de livres, sous l’effet d’une hausse des dépenses et des coûts liés aux intérêts de la dette

26-05-2026

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L’Office for National Statistics a indiqué vendredi que le Royaume-Uni avait emprunté 24,3 milliards de livres en avril, soit 4,9 milliards de plus, ou 25,1 %, qu’à la même période un an plus tôt, et au-dessus des 20,9 milliards de livres anticipés par l’Office for Budget Responsibility.

Ces chiffres, qui constituent une première estimation pour avril et une deuxième estimation pour l’exercice clos en mars, montrent que l’emprunt sur l’année est provisoirement estimé à 129,0 milliards de livres. Cela représente 22,8 milliards de livres, soit 15,0 %, de moins que lors de l’exercice précédent et 3,7 milliards de livres sous la prévision de mars de l’OBR, qui tablait sur 132,7 milliards.

L’ONS a indiqué que l’emprunt sur l’année jusqu’à fin mars représentait 4,2 % du produit intérieur brut, en baisse de 1,0 point de pourcentage sur un an et au plus bas depuis l’exercice clos en mars 2020. L’agence a également révisé à la baisse de 3,0 milliards de livres son estimation initiale de cet emprunt annuel par rapport au mois précédent, invoquant des mises à jour courantes des données du gouvernement central.

En avril seul, le déficit budgétaire courant, qui mesure l’emprunt nécessaire pour financer les dépenses publiques courantes, s’est établi à 17,4 milliards de livres, soit 3,4 milliards de plus qu’en avril 2025 et au-dessus de l’estimation de l’OBR, fixée à 14,8 milliards.

Le gouvernement central a représenté l’essentiel de l’emprunt d’avril, avec 85,5 milliards de livres de recettes pour 101,1 milliards dépensés au titre des opérations courantes et 13,9 milliards supplémentaires d’investissement net. L’emprunt du gouvernement central a atteint 33,3 milliards de livres sur le mois, contre 26,8 milliards un an plus tôt.

Les recettes fiscales ont légèrement progressé en avril : les recettes fiscales du gouvernement central ont augmenté de 1,8 milliard de livres pour atteindre 64,2 milliards. Les recettes d’impôt sur le revenu ont progressé de 0,9 milliard de livres, celles d’impôt sur les sociétés de 0,2 milliard et celles de TVA de 0,2 milliard. Les cotisations sociales obligatoires ont augmenté de 0,3 milliard pour atteindre 15,4 milliards.

Les dépenses ont augmenté plus vite que les recettes. L’ONS a indiqué que les dépenses courantes du gouvernement central avaient progressé de 6,2 milliards de livres par rapport à un an plus tôt, sous l’effet d’une hausse des prestations sociales, des dépenses ministérielles consacrées aux biens et services et des coûts liés aux intérêts de la dette. Les prestations sociales nettes versées par le gouvernement central ont augmenté de 2,7 milliards pour atteindre 29,5 milliards de livres, tandis que les dépenses ministérielles en biens et services ont progressé de 1,7 milliard pour s’établir à 38,8 milliards.

Les intérêts sur la dette sont restés une importante source de volatilité dans les chiffres mensuels. Les intérêts dus par le gouvernement central sur la dette ont atteint 10,3 milliards de livres en avril, un record pour un mois d’avril selon l’ONS. L’agence a précisé que la revalorisation du capital liée à l’inflation avait ajouté 2,9 milliards à cette facture, reflétant les mouvements du Retail Prices Index entre janvier et février.

L’ONS a indiqué que la dette nette du secteur public hors banques publiques s’élevait à 94,2 % du PIB à fin avril, soit 0,5 point de pourcentage de plus qu’un an auparavant et toujours proche des niveaux observés au début des années 1960.

La publication comportait également un avertissement à l’attention des utilisateurs des données relatives aux droits d’accise sur l’alcool — notamment les recettes liées au vin et au cidre — qui comptent autant pour l’analyse du marché des boissons que pour le suivi budgétaire. L’ONS a indiqué que HM Revenue and Customs soumettait depuis avril 2023 les droits acquittés sur le vin et le cidre à un examen d’assurance qualité ; les comparaisons avec les périodes antérieures doivent donc être abordées avec prudence tant que ce travail n’est pas achevé.

Pour l’ensemble de l’exercice financier jusqu’en mars 2026, les recettes du gouvernement central sont estimées à 1.122,8 milliards de livres, en hausse de 8,5 % sur un an, soutenues par des recettes fiscales plus solides et par la hausse des cotisations sociales obligatoires après l’entrée en vigueur le 6 avril 2025 des changements apportés aux cotisations patronales à la National Insurance.

Les dépenses courantes du gouvernement central sur la même période sont estimées à 1.093,9 milliards de livres, en hausse de 6,2 % par rapport à l’année précédente, tandis que les intérêts dus sur la dette du gouvernement central ont augmenté à 97,6 milliards.

L’ONS a indiqué que l’emprunt net du secteur public pour l’année constituait le sixième total annuel le plus élevé depuis le début des séries en 1947, même s’il restait inférieur aux prévisions de l’OBR parce que les dépenses se sont révélées moins élevées qu’attendu alors même que les recettes sont légèrement restées en dessous des projections.

Ces chiffres sont provisoires et seront révisés à mesure que des données plus complètes deviendront disponibles dans les prochains mois.

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