15-05-2026

Le commerce mondial du vin s’est affaibli en 2025, sous l’effet de l’incertitude liée aux droits de douane aux États-Unis, d’une demande plus faible sur plusieurs grands marchés et des fluctuations monétaires, qui ont pesé sur les expéditions et les prix, selon l’Organisation internationale de la vigne et du vin, qui a publié mardi son rapport annuel.
Les exportations mondiales de vin ont reculé de 4,7 % en volume, à 94,8 millions d’hectolitres, prolongeant une baisse amorcée en 2022. La valeur des exportations a diminué de 6,7 % par rapport à 2024, pour atteindre un montant estimé à 33,8 milliards d’euros, tandis que le prix moyen à l’exportation a cédé 2,1 %, à 3,56 euros le litre. L’OIV a indiqué que ce repli des prix reflétait le ralentissement de l’inflation, mais aussi une concurrence accrue entre exportateurs, la faiblesse de la demande et les nouvelles barrières commerciales contraignant les producteurs à défendre leurs parts de marché.
Le rapport souligne que le recul est généralisé : 10 des 12 premiers exportateurs mondiaux ont enregistré une baisse des volumes. Le Portugal et la Nouvelle-Zélande font figure d’exceptions majeures, tous deux ayant augmenté leurs volumes exportés en 2025.
Le vin en bouteille est resté le premier segment du commerce mondial, représentant 51,1 % des volumes et 66,4 % de la valeur, mais il a aussi affiché l’un des replis les plus marqués, avec des volumes en baisse de 5,7 % et une valeur en recul de 8,9 %. Le vin effervescent a reculé plus modérément, avec des volumes en baisse de 2,7 % et une valeur en baisse de 6,1 %. Le vin en vrac, qui représente une part importante des volumes échangés mais une part bien plus faible de la valeur, a diminué de 3,8 % en volume et de 5,3 % en valeur.
Parmi les grands exportateurs, l’Italie a expédié 21 millions d’hectolitres, soit une baisse de 2 %, tandis que la valeur des exportations a reculé de 3,4 %, à 7,8 milliards d’euros. La France est restée le premier exportateur mondial en valeur malgré un repli de ses expéditions à 12,5 millions d’hectolitres et une baisse de la valeur exportée à 11,2 milliards d’euros. Les exportations espagnoles se sont tassées à 19,6 millions d’hectolitres pour une valeur de 3 milliards d’euros. Le Chili, l’Australie, l’Afrique du Sud et l’Allemagne ont également enregistré des baisses.
Les États-Unis ont eux aussi été durement touchés à l’exportation, avec des expéditions tombant à 2 millions d’hectolitres et une valeur exportée ramenée à 800 millions d’euros. Le Canada a connu un recul encore plus marqué de ses exportations après que les tensions commerciales avec les États-Unis ont perturbé les flux.
Du côté des importations, la demande s’est affaiblie sur la plupart des grands marchés, les consommateurs étant confrontés à l’incertitude économique et, dans certains cas, à des changements réglementaires ayant modifié les conditions commerciales.
Les États-Unis sont restés en 2025 le premier importateur mondial de vin en valeur, même si les importations sont tombées à 12 millions d’hectolitres et que leur valeur a reculé de 11,6 %, à 5,5 milliards d’euros. L’OIV a indiqué que les tensions liées aux droits de douane avaient fortement pesé sur les flux commerciaux dans le pays. Le vin en bouteille est resté largement dominant dans les importations américaines tant en volume qu’en valeur, mais il a aussi enregistré la contraction la plus importante.
Le Royaume-Uni a importé 11,9 millions d’hectolitres, soit une baisse de 6 %, tandis que la valeur des importations est tombée à 4,3 milliards d’euros après l’introduction en février d’une réforme des droits basée sur le degré alcoométrique volumique (ABV), qui a particulièrement touché les vins plus alcoolisés.
L’Allemagne a été l’un des rares grands marchés où la valeur des importations a progressé alors même que les volumes reculaient légèrement. Les importations ont totalisé 12,9 millions d’hectolitres, en baisse de 0,6 %, mais leur valeur a augmenté de 4 %, à 2,6 milliards d’euros, grâce aux gains du vin en bouteille et du bag-in-box.
La France a importé moins de vin au total mais est restée un marché majeur, tandis que les importations canadiennes ont reculé après que les tensions commerciales entre les États-Unis et le Canada ont réduit les expéditions en provenance des fournisseurs américains. Les importations chinoises ont fortement chuté à 2,1 millions d’hectolitres alors que la demande de vin en bouteille s’est affaiblie et que les vins australiens ont regagné du terrain après la levée des droits de douane en mars 2024.
L’OIV estime que cette évolution observée tant à l’export qu’à l’import traduit un marché sous pression : consommation ralentie, changements réglementaires et concurrence plus vive entre producteurs cherchant à préserver leurs positions sur des débouchés clés comme les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine.
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