Les médias dénaturent les résultats d'une étude sur le vin

Les médias déforment les résultats de l'étude sur le vin, en négligeant les principaux avantages

11-09-2024

Partagez-le!

Une étude récente publiée dans JAMA Network Open a fait l'objet d'une controverse en raison de son interprétation erronée par les principaux médias. Cette recherche approfondie, menée sur une période de 12 ans et impliquant plus de 135 000 personnes âgées du Royaume-Uni, a fourni des informations claires sur les avantages pour la santé d'une consommation modérée de vin. Pourtant, les gros titres de publications de premier plan telles que le New York Times et le New York Post n'ont pas reflété fidèlement les conclusions de l'étude, ce qui a semé la confusion parmi les lecteurs.

L'étude, soutenue par trois chercheurs de Madrid, visait à examiner les effets à long terme sur la santé d'une consommation modérée de vin, en particulier lorsqu'il est consommé pendant les repas. La recherche visait à comparer les effets du vin à ceux d'autres boissons alcoolisées telles que la bière et les spiritueux comme la vodka, en mettant l'accent sur les taux de mortalité et la santé cardiovasculaire. L'une des principales conclusions est que les buveurs modérés de vin ont un risque de mortalité nettement plus faible, notamment en raison de maladies cardiovasculaires, que ceux qui consomment d'autres types d'alcool.

Cependant, au lieu de faire état de cette association positive, certains médias ont opté pour des titres alarmants qui ont éclipsé les nuances de l'étude. Par exemple, le New York Times a titré "Les personnes âgées ne bénéficient pas d'une consommation modérée d'alcool", un titre qui contredit directement les conclusions de l'étude. Cette déclaration générale, qui regroupe toutes les boissons alcoolisées sans distinction, ne reflète pas l'accent mis par l'étude sur le vin et ses bienfaits lorsqu'il est consommé avec modération et en accompagnement des repas. L'article du Times illustre la manière dont certains médias passent sous silence des détails essentiels au profit d'interprétations plus sensationnalistes, brouillant ainsi la compréhension de l'étude par le public.

Un examen détaillé de l'étude révèle une image plus nuancée. L'étude montre que les personnes qui consomment du vin de manière modérée, en particulier pendant les repas, connaissent une réduction faible mais significative du risque de mortalité globale, en particulier en ce qui concerne le cancer. Cette observation est cruciale pour comprendre comment les différents types d'alcool et les modes de consommation ont un impact différent sur la santé. En outre, l'étude souligne que la consommation modérée de vin, comparée à la consommation de bière ou de spiritueux, entraîne une diminution du risque de décès par maladie cardiovasculaire - jusqu'à une réduction de 10 %. Pourtant, cette donnée essentielle a été largement négligée dans la frénésie médiatique.

L'un des aspects essentiels de la recherche a été l'attention portée aux modes de consommation, en particulier la distinction entre les habitudes de consommation pendant les repas et en dehors. L'étude n'a pas mis en évidence d'augmentation de la mortalité chez les buveurs modérés de vin par rapport aux buveurs occasionnels, en particulier chez les personnes ne présentant pas de risques sous-jacents sur le plan de la santé ou sur le plan socio-économique. En mettant l'accent sur ces détails, l'étude souligne l'importance de ne pas assimiler toutes les consommations d'alcool aux mêmes effets sur la santé, ce que de nombreuses interprétations médiatiques n'ont pas fait.

Confusion dans les médias et contexte plus large

Cette "confusion" généralisée dans les médias pourrait être attribuée, en partie, à un discours dominant qui cherche à décourager la consommation d'alcool de manière générale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise depuis longtemps l'abstinence ou une réduction significative de la consommation d'alcool en tant que mesure de santé publique, ce qui peut influencer la façon dont certains médias abordent les études qui traitent de l'alcool sous un jour plus favorable. La tendance à peindre l'ensemble de la consommation d'alcool d'une manière générale laisse peu de place à des discussions nuancées sur des boissons spécifiques telles que le vin et leurs bénéfices potentiels pour la santé lorsqu'elles sont consommées modérément.

Un autre aspect unique de l'étude est le choix du groupe de contrôle. Plutôt que de comparer des buveurs modérés à des abstinents de toujours, les chercheurs ont choisi des buveurs occasionnels comme groupe de contrôle, ce qui a permis une évaluation plus précise. Des études antérieures ont souvent montré que les abstinents pouvaient avoir un état de santé général moins bon en raison de problèmes de santé sous-jacents qui les empêchent de boire. En se concentrant sur les buveurs occasionnels, les chercheurs madrilènes ont voulu éliminer ce biais et produire des comparaisons plus fiables avec les buveurs modérés.

Ce changement méthodologique a des implications importantes. L'utilisation de buveurs occasionnels comme référence permet d'isoler plus précisément les effets d'une consommation modérée d'alcool. Ce changement permet d'éviter l'écueil courant qui consiste à tirer des conclusions trompeuses lorsque les abstinents, qui peuvent avoir d'autres problèmes de santé, sont utilisés comme groupe de comparaison. La décision des chercheurs de structurer l'étude de cette manière apporte un niveau important de rigueur à leurs résultats, ce qui rend d'autant plus frustrante la présentation erronée faite par certains médias.

Une partie des conclusions de l'étude suggère également que les bienfaits du vin pour la santé ne sont pas uniquement dus à sa teneur en alcool. Les composés présents dans le vin, tels que les antioxydants, contribuent probablement à la baisse des taux de mortalité observée. Ces composants, en particulier les polyphénols, favoriseraient la santé cardiovasculaire et réduiraient l'inflammation, offrant ainsi une protection supplémentaire. Cet élément de l'étude est un autre point critique que de nombreux médias n'ont pas souligné. Contrairement à la bière ou aux spiritueux, le vin contient des composés naturels issus du raisin qui ont été associés à divers effets positifs sur la santé.

Le contexte dans lequel le vin est consommé joue également un rôle. Lorsqu'il est consommé pendant les repas, l'absorption de l'alcool est plus lente, ce qui atténue le pic d'alcoolémie qui peut entraîner des risques plus graves pour la santé. En se concentrant sur le vin consommé pendant les repas, l'étude a mis en évidence l'importance du contexte dans la consommation d'alcool, ce qui différencie davantage la consommation modérée de vin des autres formes de consommation d'alcool.

Avis des experts sur les résultats de l'étude

Des professionnels de la santé et des experts en vin ont exprimé leurs inquiétudes quant à la couverture médiatique trompeuse de l'étude. Michael Apstein, médecin à la Harvard Medical School, a fait remarquer la confusion générée par les médias, soulignant que "la consommation modérée de vin est associée à un risque plus faible de mortalité". Il a souligné l'importance de faire la distinction entre les types de boissons alcoolisées et leurs modes de consommation, ce que cette étude a réussi à faire mais qui n'a pas été reflété dans une grande partie de la couverture médiatique.

David Spiegelhalter, statisticien à l'université de Cambridge, a également commenté la question, critiquant ce qu'il a décrit comme l'"obsession" de diaboliser toutes les formes d'alcool. Spiegelhalter a fait remarquer que si la consommation excessive d'alcool est indubitablement nocive, la consommation modérée d'alcool - en particulier de vin - ne présente pas les risques que certains titres de presse suggèrent. Les deux experts ont souligné la nécessité d'un débat plus équilibré sur la consommation d'alcool, qui tienne compte des spécificités des différentes études, plutôt que de s'appuyer sur des affirmations générales.

Le traitement par les médias de la récente étude sur la consommation de vin a suscité une grande confusion, éclipsant ses importantes conclusions par des titres trompeurs. L'étude a clairement démontré qu'une consommation modérée de vin, en particulier pendant les repas, est associée à un risque plus faible de mortalité et à une meilleure santé cardiovasculaire. Cependant, en ne faisant pas la différence entre les types d'alcool et leurs effets respectifs, de nombreux médias ont laissé le public avec une compréhension erronée des conclusions de l'étude.

Alors que le débat sur l'alcool et la santé publique se poursuit, il est essentiel d'aborder les données probantes en tenant compte de leur complexité. Toutes les boissons alcoolisées ne se valent pas, et des études comme celle-ci montrent qu'une consommation modérée de vin peut, en fait, contribuer à un mode de vie plus sain chez certaines personnes.

La lecture vous a plu ? Partagez-la avec d'autres !