Pernod Ricard lance une offre de rachat obligataire de 4,7 milliards d’euros liée à une nouvelle émission de dette subordonnée
Pernod Ricard veut remodeler le profil de ses échéances ; les résultats sont attendus le 28 octobre si l’émission obligataire à durée indéterminée aboutit
mercredi 21 octobre 2026

Pernod Ricard a annoncé le lancement d’une offre de rachat portant sur sept souches d’obligations en euros en circulation, d’une valeur nominale totale de 4,7 milliards d’euros, tout en préparant une nouvelle émission de dette profondément subordonnée à durée indéterminée. Le groupe français de spiritueux cherche ainsi à remodeler le profil de son financement.
La société a indiqué que l’offre de rachat porte sur 600 millions d’euros d’obligations à 3,750 % arrivant à échéance le 15 septembre 2027 ; 500 millions d’euros d’obligations à 0,500 % arrivant à échéance le 24 octobre 2027 ; 600 millions d’euros d’obligations liées au développement durable à 3,250 % arrivant à échéance le 2 novembre 2028 ; 1 milliard d’euros d’obligations à 1,750 % arrivant à échéance le 8 avril 2030 ; 700 millions d’euros d’obligations à 3,375 % arrivant à échéance le 7 novembre 2030 ; 800 millions d’euros d’obligations à 3,250 % arrivant à échéance le 3 mars 2032 ; et 500 millions d’euros d’obligations liées au développement durable à 3,750 % arrivant à échéance le 2 novembre 2032.
Parallèlement, Pernod Ricard a indiqué prévoir d’émettre de nouvelles obligations en euros, profondément subordonnées et à durée indéterminée, dans le cadre de son programme EMTN existant. La société n’a communiqué ni le montant ni les conditions de prix de cette émission prévue, mais a précisé que l’offre de rachat était liée à la bonne réalisation de la nouvelle émission de dette.
Le groupe a indiqué que cette opération en deux volets vise à gérer de manière anticipée sa structure du capital et le profil de ses remboursements prévus. Concrètement, Pernod Ricard pourrait ainsi rembourser une partie de sa dette existante arrivant à échéance au cours des prochaines années et la remplacer en partie par un autre type de financement à plus longue échéance.
L’offre de rachat a été ouverte le 20 octobre et doit se clôturer le 27 octobre à 16 heures, heure de Paris. Pernod Ricard a indiqué que les conditions de prix des nouvelles obligations subordonnées devraient être annoncées avant le 27 octobre et que le montant maximal accepté dans le cadre de l’offre serait publié dès que raisonnablement possible par la suite. Les résultats de l’offre de rachat sont attendus le 28 octobre.
La société a précisé que six des sept lignes obligataires sont soumises à un plafond. Pour les obligations arrivant à échéance en octobre 2027, novembre 2028, avril 2030, novembre 2030, mars 2032 et novembre 2032, le montant maximal accepté sera égal au montant principal total des nouvelles obligations, diminué de 600 millions d’euros, sauf si Pernod Ricard décide, à sa seule discrétion, d’augmenter ou de réduire ce montant.
Les obligations arrivant à échéance en septembre 2027 font l’objet d’un traitement différent. Pernod Ricard a indiqué qu’elles ne sont pas soumises au plafond et que le groupe prévoit de racheter toutes celles qui seront valablement apportées à l’offre, à condition que la nouvelle émission obligataire soit réalisée.
La société a également indiqué que les détenteurs d’obligations existantes participant à l’offre auront la possibilité de demander à bénéficier d’une priorité dans l’allocation des nouvelles obligations subordonnées. Cette structure est couramment utilisée pour encourager la participation aux opérations de gestion du passif, en offrant aux investisseurs actuels un accès au titre de remplacement.
Cette opération s’inscrit dans une tendance plus générale : les grands groupes de biens de consommation ajustent les échéances de leur dette tandis que le coût de l’emprunt et la demande des investisseurs continuent d’influencer les décisions de financement sur le marché obligataire européen. Les obligations profondément subordonnées à durée indéterminée sont généralement traitées différemment de la dette senior, car elles occupent un rang inférieur dans la structure du capital et peuvent allonger le profil des échéances du passif d’une entreprise.
Pour le secteur des boissons, cette opération concerne également d’autres acteurs que les détenteurs d’obligations. Pernod Ricard est l’un des plus grands groupes de spiritueux au monde, et l’évolution de son échéancier de dette peut influer sur sa marge de manœuvre financière pour investir dans ses marques, la distribution et d’autres postes de dépenses. Dans les secteurs des vins, des bières et des spiritueux, les grands producteurs doivent composer avec une demande plus faible sur certains marchés, tout en cherchant à protéger leurs marges et à préserver leur capacité à investir à long terme.
L’annonce de Pernod Ricard ne comportait pas de prévisions supplémentaires concernant l’activité ni de point plus général sur les ventes. Elle portait sur les modalités de l’opération de dette et renvoyait les investisseurs au mémorandum relatif à l’offre de rachat, daté du 20 octobre, pour consulter les conditions détaillées.