Pernod Ricard annonce une baisse de 14,2 % de ses ventes après le recul de ses principaux marchés

Le bénéfice net a chuté de 26 %, la réduction des stocks aux États-Unis et la faiblesse de la demande en Chine maintenant les perspectives sous pression

27-08-2026

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Pernod Ricard annonce une baisse de 14,2 % de ses ventes après le recul de ses principaux marchés

Pernod Ricard a indiqué jeudi que ses ventes avaient fortement reculé au cours de l’exercice clos le 30 juin, la faiblesse de la demande aux États-Unis et en Chine, les cessions de marques et les mouvements de change ayant pesé sur le chiffre d’affaires et le résultat, tandis que l’Inde est apparue comme un point plus favorable pour le groupe français de spiritueux.

Le groupe a indiqué que son chiffre d’affaires net était tombé à 9,404 milliards d’euros, contre 10,959 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 1,555 milliard d’euros, ou 14,2 %. Pernod Ricard a précisé que ce repli provenait de trois sources distinctes. Les ventes organiques, qui excluent les effets de change et de périmètre, ont reculé de 3,9 %, soit environ 405 millions d’euros. Les changements de structure du groupe, principalement les cessions de marques, ont amputé les ventes de 582 millions d’euros. Les effets de change ont retranché 568 millions d’euros supplémentaires, principalement en raison des variations du dollar américain, de la roupie indienne et de la livre turque.

Le résultat net part du groupe est tombé à 1,203 milliard d’euros, contre 1,626 milliard un an plus tôt, en baisse de 423 millions d’euros, soit 26 %. Le résultat opérationnel courant a reculé à 2,423 milliards d’euros, contre 2,951 milliards, soit une baisse publiée de 17,9 %. La marge brute s’est contractée à 58,4 %, contre 59,5 %, soit un recul de 1,1 point de pourcentage, la moindre fermeté des prix, un mix de marché moins favorable, les droits de douane et l’inflation des coûts de production ayant pesé sur la rentabilité. Le groupe a précisé que ces pressions n’avaient été que partiellement compensées par les économies réalisées grâce à son programme d’efficience.

Le marché d’envergure le plus faible a été les États-Unis, où les ventes ont reculé de 14 %. Pernod Ricard a indiqué que le marché américain des spiritueux avait ralenti avec le tassement de la croissance économique et une confiance des consommateurs toujours atone. Le groupe a également précisé que les ventes avaient souffert d’ajustements de stocks dans le circuit de distribution, même si les tendances de sell-out se sont améliorées au cours de l’année. La Chine a elle aussi été faible, avec des ventes en baisse de 19 %, que le groupe a attribuées à un contexte économique difficile, à un moral des consommateurs dégradé et à des mesures réglementaires ayant pesé sur la demande, en particulier dans les catégories prestige comme le cognac.

L’Inde a évolué dans le sens inverse. Les ventes y ont progressé de 7 %, et Pernod Ricard a indiqué que l’Inde avait désormais dépassé la Chine pour devenir son deuxième marché. Le groupe a mis en avant la vigueur de la demande des consommateurs, la premiumisation et des gains de parts de marché. Les marques locales de whisky comme Royal Stag et Blenders Pride ont enregistré de bonnes performances, tandis que les marques importées, dont Jameson, Ballantine’s et Chivas Regal, ont également progressé. Pernod Ricard a indiqué que son conseil d’administration étudie une éventuelle introduction en Bourse de sa filiale indienne, mais que ce projet reste à l’étude.

Par région, les ventes dans les Amériques ont reculé de 10 %, celles en Europe de 3 %, et l’Asie et le reste du monde sont restés globalement stables. Dans ces grandes tendances, le Canada a affiché une croissance solide, le Brésil s’est redressé au second semestre après une crise du méthanol, et le Mexique a nettement reculé. En Europe, la France, l’Espagne et l’Allemagne ont baissé, tandis que l’Europe de l’Est a continué de croître. Le groupe a également indiqué que les ventes au Moyen-Orient avaient été touchées au quatrième trimestre par le conflit régional, un facteur qui devrait aussi peser sur le premier trimestre de l’exercice 2027.

La performance des marques clés de Pernod Ricard a reflété à la fois une baisse des volumes et une dégradation du mix. Les marques internationales stratégiques ont affiché un recul organique de 4 %, composé d’une baisse de 1 % des volumes et d’une détérioration de 3 % du prix ou du mix. Martell a reculé de 12 %, avec des volumes en baisse de 5 % et un prix ou mix en repli de 7 %. Havana Club a chuté de 20 %, avec des volumes en baisse de 16 % et un prix ou mix en recul de 4 %. Jameson a enregistré un recul à un chiffre faible à l’échelle mondiale, tout en continuant de progresser fortement hors des États-Unis, en particulier en Inde et dans certaines régions d’Afrique. L’activité prêt-à-boire du groupe a été l’un des rares segments à afficher une croissance nette, avec une hausse de 12 %.

Malgré le recul sur l’ensemble de l’exercice, Pernod Ricard a indiqué que ses ventes s’étaient améliorées au fil de l’année. Les ventes organiques ont reculé de 5,9 % au premier semestre, puis de seulement 1,3 % au second. Ce ralentissement n’a toutefois pas suffi au groupe pour livrer des prévisions optimistes à court terme. Pour l’exercice 2027, Pernod Ricard a indiqué qu’il anticipait des ventes nettes organiques globalement stables dans ce qu’il a qualifié d’environnement contrasté et incertain. Le groupe a ajouté que les États-Unis et la Chine devraient rester en repli, avec la poursuite des ajustements de stocks aux États-Unis dès le premier trimestre et une amélioration seulement progressive attendue en Chine.

Le groupe a également revu à la baisse ses perspectives à moyen terme. Pour les exercices 2027 à 2029, Pernod Ricard a indiqué qu’il anticipe désormais une croissance moyenne des ventes nettes organiques proche de la borne basse de sa fourchette cible de 3 % à 6 %, en citant la persistance de la faiblesse du marché américain. Cela signifie que la direction ne s’attend pas à ce que les États-Unis, longtemps l’un de ses principaux moteurs de profit, apportent le même soutien à la croissance au cours des prochaines années. Hors États-Unis et Chine, le groupe a indiqué que les ventes organiques de l’exercice 2026 avaient progressé de 0,5 %.

La direction a indiqué chercher à protéger les marges en accélérant un plan d’efficience opérationnelle de 1 milliard d’euros, désormais censé être pleinement déployé d’ici à l’exercice 2028. Les coûts de structure ont reculé de 8,0 % sur l’exercice, après une baisse de 4 % en 2025. Les dépenses de publicité et de promotion sont passées à 15,0 % du chiffre d’affaires net, contre 15,3 %, même si Pernod Ricard a indiqué prévoir de maintenir ce ratio autour de 16 % en 2027 tout en poursuivant ses investissements dans la transformation numérique.

La trésorerie a mieux résisté que les résultats. Le flux de trésorerie disponible a progressé de 6 % à 1,197 milliard d’euros, soutenu par une meilleure gestion du besoin en fonds de roulement et par une baisse des dépenses d’investissement. La conversion de trésorerie s’est améliorée de 17 points à 91 %. La dette nette a diminué de 65 millions d’euros à 10,662 milliards d’euros, même si le ratio dette nette/EBITDA est passé de 3,3 fois à 3,7 fois, en raison du recul du résultat opérationnel. Le groupe a proposé un dividende de 4,70 euros par action, inchangé par rapport à l’année précédente, sous réserve de l’approbation des actionnaires en novembre, le solde de 2,35 euros étant payable en numéraire ou en actions.

Pernod Ricard a indiqué que les comptes annuels ont fait l’objet de procédures d’audit, mais que le rapport final des commissaires aux comptes n’avait pas encore été émis. Le groupe a également précisé que les chiffres de croissance organique qu’il utilise sont des mesures non IFRS qui excluent les variations de change, les acquisitions, les cessions et certains autres éléments, ce qui signifie qu’il s’agit d’indicateurs définis par l’entreprise plutôt que de mesures comptables standard.

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