Pernod Ricard retire son recours devant la justice indienne face à une demande fiscale de 314 millions de dollars

Le groupe français de spiritueux va désormais contester les accusations liées à la valorisation des importations de whisky écossais via le système indien de recours fiscaux.

22-07-2026

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Pernod Ricard a retiré son recours devant la justice contre une demande fiscale de 314 millions de dollars en Inde, liée à une sous-évaluation présumée des importations de whisky écossais, transférant ainsi le litige de la Haute Cour de Delhi vers le système de recours fiscaux, selon une ordonnance judiciaire publiée cette semaine.

Cette évolution ajoute un nouveau rebondissement à une enquête de quatre ans devenue l’un des problèmes réglementaires les plus sérieux pour le groupe français de spiritueux sur l’un de ses marchés les plus importants. L’Inde représente environ 10 % des ventes mondiales de Pernod Ricard et constitue son premier marché en volume.

La demande fiscale a été émise en septembre dernier. Les autorités indiennes ont allégué que Pernod avait sous-évalué pendant plusieurs années les importations de whisky écossais en ne divulguant pas pleinement la composition du whisky importé et l’âge de certains assemblages. Selon ces accusations, cela a réduit la charge tarifaire sur ces importations, soumises à des droits de 150 %.

Pernod avait demandé à la Haute Cour de Delhi d’annuler la demande. Dans son recours, l’entreprise a soutenu que les autorités indiennes n’avaient pas communiqué les données de l’enquête pendant l’investigation, des informations qui, selon elle, auraient pu l’aider à se défendre. Mais les juges de Delhi ont écrit dans leur ordonnance que l’affaire avait été « dismissed as withdrawn » après que Pernod a choisi d’emprunter ce que le tribunal a décrit comme un recours alternatif prévu par la loi via la procédure d’appel propre à l’administration fiscale.

L’ordonnance indique que le gouvernement indien n’avait aucune objection à la décision de Pernod de retirer l’affaire du tribunal. Anurag Ojha, avocat du gouvernement dans cette affaire, a déclaré à Reuters que Pernod devrait désormais déposer un recours auprès d’un commissaire de l’administration fiscale.

Ni Pernod ni les autorités fiscales indiennes n’ont répondu aux demandes de commentaires de Reuters sur ce dernier développement.

Les enjeux financiers sont élevés. Reuters a rapporté qu’avec les pénalités incluses, l’exposition totale de Pernod dans cette affaire pourrait dépasser 600 millions de dollars en cas de défaite. Cela représenterait environ un cinquième de ses 2,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires en Inde l’an dernier et environ trois fois son bénéfice dans le pays.

Les enquêteurs indiens ont conclu que Pernod avait « intentionally complicated » ses déclarations en utilisant de nouveaux codes internes pour le malt, rendant la détection par les autorités plus difficile, selon Reuters. Pernod a déjà nié tout manquement et déclaré rejeter toute suggestion selon laquelle elle aurait agi de manière inappropriée. L’entreprise a également affirmé qu’elle restait confiante dans sa position.

Le litige intervient à un moment difficile pour Pernod en Inde. L’entreprise fait également face à une affaire antitrust et conteste par ailleurs une interdiction à New Delhi liée à des violations présumées des règles de la politique sur les alcools, des accusations qu’elle a niées.

Pour le secteur des boissons, cette affaire dépasse le seul bilan d’une entreprise. L’Inde est l’un des plus grands marchés mondiaux des spiritueux, et toute décision judiciaire ou administrative sur la manière dont le whisky écossais importé est valorisé à des fins douanières pourrait avoir une incidence sur les coûts, les prix et les pratiques de conformité d’autres sociétés de boissons alcoolisées qui vendent dans le pays. Cela pourrait être particulièrement important pour les producteurs et importateurs de whisky premium, où la composition des assemblages, les mentions d’âge et la classification des produits peuvent avoir un effet direct sur les droits de douane.

Cette affaire souligne aussi à quel point les groupes mondiaux de boissons peuvent être exposés en Inde, où les alcools importés sont soumis à de lourds droits de douane et où les règles étatiques et fédérales peuvent créer un environnement opérationnel complexe. Pour les groupes internationaux de spiritueux, les litiges sur la valorisation ne sont pas seulement des questions juridiques, mais aussi commerciales, car ils peuvent influencer les marges, les choix de mise sur le marché et les plans d’investissement à long terme.

La décision de Pernod d’abandonner la voie judiciaire après neuf mois, sans explication publique, suggère qu’elle estime désormais avoir de meilleures chances par la voie administrative des recours, ou du moins une issue plus პრაქტique. Reste à savoir si cela conduira à une réduction de la demande ou déplacera simplement le combat vers une autre instance. Ce qui est clair, c’est que l’un des plus importants litiges fiscaux auxquels fait face une entreprise internationale de spiritueux en Inde est loin d’être terminé.

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