La production française de vin devrait connaître une forte baisse en 2025 en raison de la chaleur et de la sécheresse

Les conditions météorologiques extrêmes et la diminution des superficies viticoles font chuter la production de 16 % par rapport aux moyennes récentes, les disparités régionales aggravant les difficultés.

13-10-2025

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French Wine Output Set for Sharp Decline in 2025 Amid Heat and Drought

La production française de vin en 2025 devrait atteindre 36 millions d'hectolitres, selon les estimations publiées par le service des statistiques du ministère français de l'agriculture le 1er octobre. Ce chiffre est inférieur de 16 % à la moyenne des cinq dernières années, ce qui témoigne d'une nouvelle année difficile pour le secteur vitivinicole du pays. Les principales causes sont la canicule et la sécheresse qui ont frappé en août, après une saison 2024 déjà marquée par des conditions météorologiques défavorables, notamment de fortes pluies, une sécheresse et des gelées tardives.

Le ministère a indiqué que les vendanges de cette année, qui sont maintenant presque terminées, confirment l'impact négatif de la canicule d'août sur les rendements en raisin dans la plupart des régions viticoles. La chaleur extrême et le manque de pluie ont accéléré la maturation des raisins, mais ont empêché les baies d'atteindre leur taille habituelle, ce qui s'est traduit par des raisins plus petits et moins riches en jus. Les pluies de septembre sont arrivées trop tard pour réparer les dégâts.

Dominique Furlan, viticulteur à l'Entre-Deux-Mers, en Gironde, a qualifié la situation de décevante. "Nous nous attendions à une année normale, mais la canicule est arrivée et a affecté les rendements. Les raisins ont perdu du volume", a-t-il déclaré. M. Furlan a noté qu'au fur et à mesure que les vendanges avançaient, il est devenu évident que les rendements diminuaient, bien qu'il ait souligné que la qualité des raisins restait bonne.

L'impact des conditions météorologiques n'a pas été uniforme dans toute la France. Le ministère a noté que seuls les vins d'appellation d'origine protégée (AOP) devraient connaître une légère augmentation de leur production - environ 5 % de plus qu'en 2024 - grâce à des gains en Champagne, en Bourgogne, dans la vallée de la Loire, en Corse et dans certaines régions du sud-est de la France. Cependant, même cette catégorie reste inférieure de 11 % à la moyenne quinquennale entre 2020 et 2024.

À Bordeaux, les pluies de début septembre n'ont pas compensé les pertes antérieures. La production devrait être légèrement inférieure au niveau déjà réduit de l'année dernière et inférieure de 17 pour cent à la moyenne quinquennale. Christophe Chateau, directeur de la communication du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux, a déclaré qu'un été très sec avait produit des baies petites et concentrées. Il a ajouté que deux facteurs font baisser les volumes : une récolte plus faible et une réduction de 10 000 hectares cultivés par rapport à l'année dernière en raison des programmes d'arrachage de vignes subventionnés par l'État.

Ces campagnes d'arrachage de vignes soutenues par le gouvernement sont une réponse aux défis actuels du secteur, notamment la baisse de la consommation de vin. Rien qu'à Bordeaux, la superficie des vignobles AOC est passée de 103 000 hectares en 2023 à 85 000 hectares en 2025.

Le Languedoc-Roussillon a également vu sa production limitée par la chaleur et la sécheresse, suivies de pluies qui ont favorisé le mildiou. Avec plus de 10 000 hectares déracinés, la production a baissé de 9 % par rapport à l'année dernière et de 19 % par rapport à la moyenne quinquennale.

En Alsace, les viticulteurs ont dû trier soigneusement les raisins en raison de problèmes sanitaires survenus en fin de saison, ce qui a entraîné une baisse de la production de 9 % par rapport à l'année dernière. La situation en Bourgogne varie selon les départements : L'Yonne a connu des rendements élevés, tandis que la Côte-d'Or a été durement touchée par la canicule. Dans l'ensemble, la récolte bourguignonne devrait être supérieure de 45 % à celle de 2024, année où le mildiou a fait des ravages.

Le Beaujolais est confronté à son rendement le plus bas depuis au moins 35 ans en raison de la combinaison de la canicule, du mildiou, d'une mauvaise nouaison et de la grêle. La production devrait chuter de 32 % d'une année sur l'autre.

Dans le sud-est de la France, la production est similaire à celle de l'année dernière mais reste inférieure de 10 pour cent à la moyenne quinquennale, l'Ardèche, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône étant particulièrement touchés par la chaleur.

La Champagne, la Corse, la Savoie et la vallée de la Loire font partie des quelques régions où la production devrait dépasser les niveaux de 2024, malgré les défis posés par la canicule.

Le tableau général du vin français en 2025 est celui d'une baisse des volumes et d'importantes disparités régionales. Le secteur continue de subir la pression des événements climatiques et des changements structurels dans la consommation et la gestion des vignobles.

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