Les exportations de vin italien ont reculé de 6,2 % au premier semestre 2026.
Les ventes à l’étranger sont tombées à 3,6 milliards d’euros après une baisse de 14,1 % des importations américaines, premier marché.
mardi 15 septembre 2026

Les exportations de vin italien sont restées sous pression au premier semestre 2026, les ventes à l’étranger étant tombées à 3,6 milliards d’euros dans un contexte de demande plus faible sur la plupart des principaux marchés du pays.
Les données publiées par l’Istat, l’agence nationale des statistiques italienne, montrent que de janvier à juin, la valeur des exportations italiennes de vin a reculé de 6,2 % par rapport à la même période un an plus tôt. Les volumes exportés ont également baissé, de 4 % à 989,6 millions de litres. Ces chiffres suggèrent une légère amélioration par rapport au rythme observé jusqu’en mai, lorsque le recul atteignait 6,86 % en valeur et 5 % en volume, mais ils indiquent toujours une année difficile pour l’un des secteurs agroalimentaires les plus importants d’Italie.
Les États-Unis, premier marché étranger du vin italien, ont enregistré la baisse la plus marquée parmi les principaux acheteurs en valeur. Les importations en provenance d’Italie ont totalisé 849 millions d’euros au cours des six premiers mois de l’année, en baisse de 14,1 % par rapport à la même période en 2025. Les volumes expédiés vers les États-Unis ont reculé de 6,8 % à 167,7 millions de litres. Même si les données de juin étaient légèrement meilleures que la tendance observée en mai, quand le recul en valeur s’élevait à 15,4 %, le marché américain a continué de peser lourdement sur la performance globale des exportations italiennes.
L’Allemagne, deuxième marché d’exportation du vin italien en valeur, a importé pour 543,5 millions d’euros de produits au premier semestre, soit une baisse de 6,7 % sur un an. Les expéditions vers l’Allemagne ont atteint 222,4 millions de litres, en recul de 5,1 %. Le Royaume-Uni a suivi avec des importations de 345,5 millions d’euros, en baisse de 6,6 %, tandis que les volumes ont diminué de 6 % à 110,9 millions de litres.
Hors des trois premiers marchés, la tendance est restée globalement négative. Le Canada a importé 189,6 millions d’euros de vin italien, en baisse de 4,1 %. La Suisse a acheté 173,6 millions d’euros, soit un recul de 10,9 %. La France, qui est également un grand pays producteur de vin, a importé 155,3 millions d’euros de vin italien, en baisse de 1,7 %. Les Pays-Bas ont absorbé 121,2 millions d’euros, en baisse de 3 %.
Parmi d’autres destinations européennes établies, la Belgique a affiché l’une des baisses les plus marquées, avec des importations en recul de 11,4 % à 94,5 millions d’euros. La Suède est également restée en territoire négatif, mais de peu, avec des achats de 95,5 millions d’euros, en baisse de 1,4 %. Le Japon a importé 85,2 millions d’euros de vin italien, soit un recul de 2,7 %.
Un petit groupe de marchés a évolué dans le sens inverse. La Russie a continué d’afficher une croissance au premier semestre, avec des importations de vin italien en hausse de 15,7 % à 87,4 millions d’euros. Néanmoins, selon la tendance observée dans les données, le rythme de cette croissance a ralenti ces derniers mois. La Chine a également augmenté ses achats, avec des importations en hausse de 19,8 % à 40,3 millions d’euros. En Amérique latine, le Brésil a importé pour 20,1 millions d’euros de vin italien, en hausse de 8,1 % par rapport au premier semestre 2025, même si cette progression était plus faible que le rythme observé dans les relevés mensuels précédents.
Dans l’ensemble, la situation suggère que le secteur vitivinicole italien n’a pas encore trouvé de véritable voie de reprise sur les marchés internationaux. Si les chiffres de juin ont montré un léger ralentissement du rythme de la baisse par rapport à avril et mai, le résultat du premier semestre est resté supérieur à 6 % en dessous du niveau de la même période de l’an dernier. Cela indique un marché qui continue de faire face à une demande plus faible après une année 2025 difficile, marquée en partie par les droits de douane et d’autres pressions.
Ce recul des exportations est notable, car le vin demeure une composante centrale des exportations agricoles et alimentaires italiennes. Le secteur dépend fortement de la demande étrangère, en particulier en Amérique du Nord et dans le nord de l’Europe, où les marques italiennes haut de gamme et les vins effervescents se sont historiquement bien comportés. Une baisse à deux chiffres sur le marché américain, combinée à des reculs en Allemagne et au Royaume-Uni, a laissé peu de marge aux gains réalisés dans des destinations plus petites ou émergentes pour compenser les pertes.
L’écart entre les plus grands marchés et les plus petits, mais à la croissance plus rapide, est resté important au premier semestre. La Russie, la Chine et le Brésil ont été les principaux pays parmi les grandes destinations d’exportation italiennes à enregistrer une progression, mais ensemble, ils ne représentaient toujours qu’une part bien plus réduite des ventes que les États-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Ce déséquilibre souligne à quel point les exportateurs de vin italiens restent liés à une poignée de marchés matures où la demande des consommateurs s’est affaiblie.
Les chiffres de l’Istat montrent également que le recul ne s’est pas limité à la seule valeur. Avec des volumes en baisse de 4 %, les données indiquent que l’Italie a aussi vendu moins de vin à l’étranger en termes physiques, et pas seulement à des prix plus bas ou avec un mix de produits différent. Cela alimente les inquiétudes des producteurs et des exportateurs, déjà confrontés à un ralentissement des échanges dans plusieurs régions.
Pour l’heure, le premier semestre 2026 n’offre au secteur vitivinicole italien que des signes limités d’amélioration. La baisse s’est légèrement atténuée à l’approche de l’été, mais le secteur a entamé le second semestre encore en dessous des niveaux de 2025 sur la plupart des grands marchés.