Les exportations mondiales de vin en vrac ont chuté de 18,9 % à 7,1 millions d'hectolitres au premier trimestre.

Des prix stables autour de 80 € par hectolitre laissaient penser que le repli venait d'une demande plus faible en Italie, en France et aux États-Unis.

07-09-2026

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Les exportations mondiales de vin en vrac ont chuté de 18,9 % à 7,1 millions d'hectolitres au premier trimestre.

Les exportations mondiales de vin en vrac ont fortement reculé au premier trimestre 2026, avec une baisse d’environ 1,65 million d’hectolitres par rapport à un an plus tôt, alors même que les prix moyens sont restés quasiment inchangés, selon une nouvelle analyse diffusée par Wine Business Observer à partir d’un rapport antérieur de Vinexposium.

Les données commerciales montrent que les expéditions de vin en vrac ont atteint 7,1 millions d’hectolitres entre janvier et mars, pour une valeur totale de 566 millions d’euros. Cela représente une baisse de 18,9 % en volume et de 18,8 % en valeur par rapport à la même période un an plus tôt. Sur la base des pourcentages publiés, le niveau comparable était d’environ 8,75 millions d’hectolitres et d’environ 696,8 millions d’euros, ce qui implique un recul absolu de quelque 130,8 millions d’euros. Ces chiffres sont approximatifs, car ils sont calculés à partir de données arrondies.

Le prix moyen déclaré est resté globalement stable à 80 € par hectolitre, en hausse de seulement 0,1 %. Cela signifie que la contraction est principalement venue d’une baisse des expéditions plutôt que d’un recul généralisé des prix déclarés. Pour les exportateurs qui dépendent de flux physiques importants, cette baisse compte au-delà du chiffre d’affaires, car des volumes plus faibles peuvent réduire l’utilisation des capacités de stockage, de transport et de mise en bouteille dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Les chiffres indiquent aussi un ralentissement plus large. Sur les 12 mois se terminant en mars 2026, le commerce mondial de vin en vrac a totalisé 30 millions d’hectolitres pour une valeur de 2,3 milliards d’euros, en baisse de 10,3 % en volume et de 11,8 % en valeur. Cette perspective de plus long terme suggère que la faiblesse observée au début de 2026 n’était pas un trimestre isolé, mais le signe d’un marché sous pression depuis plusieurs années.

Les données et l’explication proviennent d’un article de Vinexposium publié en juillet et citant Rafael del Rey, analyste de marché chez Del Rey AWM. Wine Business Observer a repris le rapport le 7 septembre, mais la publication ne l’a pas présenté comme une nouvelle diffusion statistique à cette date. Elle a plutôt remis en lumière les résultats du premier trimestre publiés précédemment et leurs implications pour le marché.

Del Rey a déclaré qu’une raison majeure du repli était la baisse des échanges entre pays producteurs, notamment les expéditions espagnoles vers l’Italie et la France. Ces flux dépendent fortement de la taille des récoltes et des besoins d’approvisionnement à court terme. En 2025, la récolte italienne était suffisamment importante pour couvrir la consommation intérieure et les besoins à l’export, réduisant le besoin d’importations en provenance d’Espagne. La France était confrontée à une situation globalement similaire, indiquait le rapport. En conséquence, les exportations espagnoles de vin en vrac ont chuté de 23 % au premier trimestre 2026.

Une deuxième source de faiblesse venait des exportateurs du Pacifique, en particulier l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que de leurs ventes vers le Royaume-Uni et les États-Unis. Le marché américain restait difficile pour le vin en général, y compris le vin en vrac. Les importations américaines de vin en vrac ont reculé de 22 % en volume au premier trimestre, selon le rapport. Le Royaume-Uni a également importé moins de vin en vrac, même si la baisse y était plus limitée, à 3,7 %.

Ces évolutions sont importantes, car le commerce du vin en vrac est souvent tiré par de grandes transactions sensibles aux prix entre principaux pays producteurs et consommateurs. Lorsque les conditions de récolte s’améliorent dans les pays producteurs importateurs, les achats transfrontaliers peuvent chuter rapidement. Cela laisse aux pays exportateurs moins de débouchés et peut exercer une pression sur toute la chaîne logistique, du transport et de l’entreposage aux opérations de conditionnement et d’assemblage.

Parallèlement, le rapport de Vinexposium indiquait que certaines nouvelles destinations, moins traditionnelles, émergent et pourraient compenser en partie la faiblesse de la demande sur les marchés de longue date. L’article ne présentait pas ces nouveaux débouchés comme une solution complète au recul, mais il suggérait que l’évolution des routes commerciales pourrait jouer un rôle plus important à mesure que les exportateurs s’adaptent à la baisse des achats des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Italie et de la France.

La combinaison de prix stables et d’un commerce physique en recul envoie un signal contrasté pour le secteur. D’un côté, l’absence d’un effondrement généralisé des prix suggère que le marché n’est pas entré dans un cycle de fortes remises à l’échelle globale. De l’autre, la perte de volumes est importante dans une activité où la taille compte. Le vin en vrac est un segment fondé sur le déplacement efficace de grandes quantités, et une baisse trimestrielle de près de 19 % des expéditions peut peser sur les marges même si la valeur moyenne par hectolitre en euros change peu.

Le prix moyen de 80 € par hectolitre masque aussi des écarts selon les origines, les destinations, les catégories de vin et les conditions contractuelles. Mais au niveau mondial, les chiffres du premier trimestre indiquent que le principal problème du marché n’était pas une érosion soudaine des valeurs affichées. C’était une demande plus faible en produit physique sur certains des plus grands axes du commerce.

Le recul observé depuis 2021, signalé dans l’analyse de Vinexposium, intervient alors que les marchés du vin dans plusieurs pays sont confrontés à des pressions plus larges liées à une consommation plus faible, à l’évolution des habitudes des consommateurs et à des cycles de récolte inégaux. Dans le commerce du vrac, ces facteurs peuvent apparaître rapidement, car les transactions sont étroitement liées aux déficits d’approvisionnement, aux besoins d’assemblage et à la gestion des coûts par les grands acheteurs.

Pour l’Espagne, le premier trimestre plus faible était particulièrement notable, car le pays est l’un des principaux fournisseurs mondiaux de vin en vrac et il est fortement exposé aux variations de la demande des pays producteurs voisins. Quand l’Italie et la France achètent moins, l’effet sur l’Espagne peut être immédiat. Pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la baisse de la demande en provenance des États-Unis et du Royaume-Uni ajoute une difficulté supplémentaire sur des marchés qui sont déjà devenus plus compliqués pour les ventes de vin dans leur ensemble.

Les chiffres du premier trimestre décrivent donc un marché où les prix moyens sont restés stables mais où les flux commerciaux ont nettement faibli, ramenant les expéditions mondiales à 7,1 millions d’hectolitres et le chiffre d’affaires à 566 millions d’euros en seulement trois mois.

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