Les exportations australiennes de vin vers le Canada ont progressé de 20 %, défiant le ralentissement mondial

Les ventes ont atteint 188 millions A $, portées en partie par la moindre concurrence américaine pendant le différend commercial entre le Canada et les États-Unis.

26-08-2026

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Les exportations australiennes de vin vers le Canada ont progressé de 20 %, défiant le ralentissement mondial

Les exportations australiennes de vin vers le Canada ont fortement augmenté sur l’exercice clos en juin 2026, faisant du Canada l’un des rares points positifs pour un secteur qui continue de composer avec une demande mondiale faible et des niveaux de stocks élevés.

Wine Australia a indiqué que les exportations vers le Canada avaient augmenté de 20 % en valeur, à 188 millions A $, sur la période de 12 mois, tandis que le volume expédié progressait de 13 %, à 69 millions de litres. L’écart entre la croissance en valeur et celle en volume indique une amélioration des prix ou du mix produit. Sur la base de ces chiffres, la valeur moyenne à l’exportation est montée à environ 2,72 A $ le litre, soit une hausse d’environ 6 % par rapport à l’année précédente.

Le marché canadien s’est distingué alors que les exportations australiennes de vin dans leur ensemble ont reculé. Wine Australia a indiqué que le total des exportations avait baissé de 7 % en valeur, à 2,30 milliards A $, et de 6 % en volume, à 598 millions de litres, sur l’exercice clos en juin 2026. C’est la première fois que le volume exporté passe sous les 600 millions de litres depuis 2004. L’organisme professionnel a attribué ce recul à une demande plus faible sur les grands marchés et à une baisse plus générale de la consommation mondiale de vin, qui, selon lui, a atteint son plus bas niveau depuis 1961.

Peter Bailey, responsable des analyses de marché chez Wine Australia, a déclaré que les gains du Canada étaient intervenus alors même que la consommation de vin y subissait elle aussi des pressions. Il a indiqué que cette hausse avait été soutenue par des gains de parts de marché après que les vins américains sont devenus moins disponibles pendant le différend commercial entre le Canada et les États-Unis. Il a également précisé que l’élan s’était essoufflé vers la fin de la période, ce qui laisse penser que ces gains de parts de marché commencent peut-être à se stabiliser.

Le Canada fait donc figure d’exception plutôt que de signe d’un redressement généralisé. Les trois plus grands marchés d’exportation de l’Australie se sont tous affaiblis sur la même période. Les exportations vers la Chine continentale, toujours premier marché en valeur, ont reculé de 15 %, à 756 millions A $. Les exportations vers le Royaume-Uni ont baissé de 3 %, à 340 millions A $. Les exportations vers les États-Unis ont chuté de 27 %, à 229 millions A $. En volume, le Royaume-Uni est resté le premier marché avec 192 millions de litres, en baisse de 6 %, et les États-Unis sont arrivés en deuxième position avec 95 millions de litres, en recul de 15 %.

Le Canada s’est classé au quatrième rang des marchés d’exportation australiens, tant en valeur qu’en volume. Ses 69 millions de litres représentaient environ 8 millions de litres de plus qu’un an plus tôt. Cette progression est significative pour les producteurs australiens, car elle intervient à un moment où de nombreux marchés réduisaient leurs commandes, où les détaillants géraient leurs stocks de manière plus serrée et où les consommateurs réduisaient leur consommation d’alcool ou se tournaient vers d’autres boissons.

Des dirigeants du secteur affirment que certaines marques australiennes ont enregistré des résultats particulièrement solides au Canada. Lors du Bush Summit, mercredi, Taylors Wines a indiqué que les ventes de son cabernet sauvignon et de son shiraz au Canada avaient augmenté d’environ 40 %. Les commentaires de l’entreprise suggèrent que certains producteurs ont directement profité de la présence réduite des vins américains dans les rayons canadiens. Taylors n’a pas fourni de période de référence ni de méthodologie détaillée pour ce chiffre.

La même entreprise a également averti que le problème plus large de l’offre en Australie restait non résolu. Son président a déclaré que les stocks du secteur équivalent à trois à quatre fois les ventes annuelles nécessaires. Cette estimation, si elle est exacte, indique un important excédent de stocks, même après de meilleures ventes sur certains marchés à l’export. Taylors n’a pas détaillé la méthode employée pour cette estimation des stocks, mais ce commentaire rejoint les inquiétudes de longue date du secteur concernant l’excès d’offre de vin rouge et la lente croissance de la demande.

Le rapport de Wine Australia montre que la faiblesse ne se limite pas à un seul pays. Bailey a déclaré que l’évolution des comportements des consommateurs reconfigure la demande de vin dans le monde entier. Il a évoqué la modération de la consommation d’alcool, la pression sur le coût de la vie et le déplacement vers d’autres boissons. L’organisme a indiqué que ces tendances ont rendu les conditions commerciales plus difficiles sur de nombreux grands marchés de l’Australie.

Cela dit, tous les marchés internationaux n’étaient pas en berne. Wine Australia a indiqué que plusieurs destinations asiatiques hors de Chine continentale avaient enregistré de fortes hausses en valeur, notamment Singapour, la Thaïlande, la Malaisie, le Japon, la Corée du Sud et Taïwan. Singapour est devenu le plus grand marché asiatique de l’Australie hors Chine continentale, tandis que la Thaïlande a atteint un niveau record de valeur à l’export, portée par la demande de vins australiens plus chers.

Pour les producteurs australiens, la performance du Canada montre que les ventes peuvent encore progresser lorsque les conditions de marché laissent place à la substitution et lorsque les marques sont suffisamment bien positionnées pour en profiter. Mais ces mêmes données montrent aussi les limites de cette amélioration. Les 188 millions A $ de ventes à l’export vers le Canada constituent le plus haut niveau du marché en sept ans, mais cela reste inférieur à la Chine continentale, au Royaume-Uni et aux États-Unis, et ce n’est pas suffisant, à lui seul, pour compenser les baisses généralisées ailleurs ni pour absorber l’ampleur des stocks de vin que certaines parties de l’industrie disent encore entreposés.

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