03-08-2026

La Commission européenne a approuvé des mesures d’urgence pour aider les agriculteurs à faire face à une forte hausse des coûts des engrais, ouvrant la voie à des versements d’aide plus rapides et à un nouveau soutien à la liquidité dans l’ensemble du bloc, alors que les producteurs agricoles subissent la pression des tensions géopolitiques, de la crise au Moyen-Orient et des perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Le ministre italien de l’Agriculture, Francesco Lollobrigida, a déclaré que cette décision constituait une étape concrète de l’Union européenne en soutien aux agriculteurs, après des mois de pression de Rome pour que la question soit traitée à Bruxelles. Les mesures relèvent de la politique agricole commune et visent à alléger les tensions de trésorerie à un moment où les coûts de production ont augmenté et où de nombreuses exploitations sont en difficulté financière.
Au cœur du dispositif figure un nouveau mécanisme de liquidité de crise au sein des programmes de développement rural. Le soutien peut être cofinancé jusqu’à 65 % par le Fonds européen agricole pour le développement rural, y compris des fonds non utilisés qui pourraient autrement être perdus. Les États membres seront également autorisés à ajouter un financement national pouvant aller jusqu’à 200 %, augmentant ainsi de manière significative les montants disponibles pour les agriculteurs. L’aide pourra être distribuée sous forme de montants forfaitaires par hectare, un format destiné à accélérer le versement et à réduire les charges administratives.
La Commission autorise également les États membres, jusqu’au 16 octobre, à verser des avances d’aide directe aux agriculteurs à un taux plus élevé que les années précédentes. Ce changement vise à améliorer la trésorerie des exploitations avant l’achèvement du calendrier principal des paiements. Bruxelles a aussi accordé davantage de flexibilité dans la gestion par les États membres des ressources affectées aux paiements directs en 2027, donnant aux gouvernements une marge de manœuvre pour ajuster les dépenses afin d’atténuer l’impact de la hausse des prix des engrais.
Lollobrigida a déclaré que l’Italie avait soulevé la question des engrais à chaque réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE depuis janvier, avant que la crise actuelle ne s’aggrave pleinement. Il a présenté l’approbation de la Commission comme la confirmation de ce que l’Italie recherchait : un recours plus fort à la réserve de crise de la PAC et, surtout, des avances plus précoces sur les paiements directs. Il a indiqué que l’Italie avait déjà agi rapidement sur les avances de paiements de la PAC, en distribuant 1,67 milliard d’euros aux agriculteurs, et qu’elle chercherait à utiliser autant que possible l’effet de levier offert par la réserve de crise.
Pour l’Italie, la mesure représente 45,6 millions d’euros de financement européen. Avec un cofinancement national pouvant aller jusqu’à 200 %, ce montant pourrait atteindre près de 137 millions d’euros. Le syndicat agricole Confagricoltura a salué le règlement, estimant qu’il intervient à un moment où l’agriculture primaire subit une forte pression et reliant étroitement la hausse des coûts de production aux répercussions de la crise au Moyen-Orient.
Selon Confagricoltura, l’aide sera accordée selon des critères objectifs liés aux pertes économiques réelles subies par les agriculteurs. L’organisation a également indiqué que ce soutien peut être combiné avec d’autres aides financières financées par le premier pilier de la PAC ou par des programmes de développement rural, ce qui pourrait en élargir l’effet pour les producteurs éligibles.
Les nouvelles mesures s’inscrivent dans une réponse plus large de l’UE sur les engrais et l’agriculture. Elles complètent un paquet exceptionnel de soutien financier de 540 millions d’euros adopté le 27 juillet dans le cadre du plan d’action du bloc sur les engrais. L’objectif plus large est de limiter les dommages liés à la hausse des coûts des intrants tout en renforçant la sécurité alimentaire, l’autonomie stratégique et la compétitivité dans l’ensemble de l’Union européenne.
Bien que le paquet vise l’agriculture dans son ensemble, il pourrait aussi concerner les producteurs de boissons, car les vignobles, les producteurs d’orge et d’autres fournisseurs de cultures qui alimentent la production de vin, de bière et de spiritueux sont exposés à nombre des mêmes coûts liés aux engrais. Si une partie de cette pression s’atténue, cela pourrait aider à stabiliser les finances agricoles dans certaines composantes de la chaîne d’approvisionnement des boissons en Europe, même si tout effet dépendra de la rapidité avec laquelle les gouvernements nationaux déploieront les fonds et de l’étendue des producteurs pouvant prétendre au soutien.
L’initiative de la Commission reflète une inquiétude croissante en Europe : l’inflation des intrants n’est plus un problème de court terme, mais une menace pour la viabilité des exploitations et la capacité de production alimentaire. En combinant des paiements plus rapides, des outils de liquidité d’urgence et une marge de manœuvre pour des compléments nationaux, Bruxelles cherche à donner aux États membres davantage de flexibilité pour réagir avant que la hausse des coûts ne se traduise par des pertes plus lourdes dans les champs et les vergers à travers le continent.
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