Chambord ouvrira cet automne sa plus grande exposition depuis 2019 sur les repas de cour

L’exposition retrace les repas de François Ier à la princesse Diana à travers des banquets reconstitués, l’archéologie et la réalité virtuelle au château de la Loire.

09-07-2026

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Chambord ouvrira cet automne sa plus grande exposition depuis 2019 sur les repas de cour

Le Domaine national de Chambord ouvrira cet automne une grande exposition consacrée à l’alimentation, aux repas et à la vie de cour, retraçant l’évolution des repas au château de la vallée de la Loire de la Renaissance à la fin du XXe siècle.

« Les Festins de Chambord » se tiendra du 26 septembre au 24 janvier 2027 dans le domaine français, qui a indiqué qu’il s’agit de sa plus grande exposition depuis 2019. Organisée avec l’Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation, l’exposition se concentrera sur l’histoire gastronomique de Chambord du XVIe siècle à aujourd’hui à travers des tables de banquet reconstituées, des documents d’archives, des découvertes archéologiques et des installations immersives.

L’exposition prend place dans le donjon du château, où les visiteurs traverseront quatre siècles de pratiques alimentaires sous les voûtes sculptées du deuxième étage. Au centre du parcours figurent quatre tables qui recréent ou réinterprètent des repas liés à des moments clés de l’histoire de Chambord.

La première revient sur un souper de 1539, lors de la visite du roi François Ier et de l’empereur Charles Quint. Comme une grande partie du mobilier et de la vaisselle d’origine de cette période a disparu et ne subsiste principalement que dans des dessins, les organisateurs ont eu recours à la reconstruction en 3D pour recréer les plats, les pièces de service et les objets de cérémonie. La présentation inclut des morceaux de viande, ainsi que de la musique et des odeurs, afin d’évoquer l’apparence et l’atmosphère qu’aurait pu avoir un tel repas royal.

Une deuxième table reconstitue un déjeuner pour 30 convives organisé en septembre 1685 lors du dernier séjour de Louis XIV à Chambord. Cette installation s’appuie sur des dessins de plats utilisés à Versailles et sur un plan de table annoté du prince de Condé conservé à la Bibliothèque nationale de France. Les organisateurs ont indiqué qu’elle illustre un repas de jour maigre construit autour d’entrées et de soupes et organisé selon le service à la française, le style formel français dans lequel plusieurs plats étaient présentés en même temps dans une mise en scène soigneusement ordonnée.

Le troisième ensemble se tourne vers l’univers privé du maréchal Maurice de Saxe, qui séjourna à Chambord entre 1745 et 1750. Plutôt qu’un banquet d’État, cette section reconstitue son « cabinet à café », en s’appuyant sur des inventaires après décès pour montrer comment les habitudes alimentaires ont évolué au XVIIIe siècle avec les produits importés, les pièces spécialisées pour prendre les repas et les nouveaux matériaux utilisés pour la vaisselle.

La dernière table recrée un dîner de gala organisé le 9 novembre 1988 en l’honneur du prince et de la princesse de Galles. Selon Chambord, la table officielle pour 16 convives a été reconstruite avec de la vaisselle et des décorations provenant de la collection d’argenterie de l’Élysée et des collections du Mobilier national. Le repas mettait à l’honneur les produits régionaux et le savoir-faire local. Parmi les objets associés à cet événement figure une robe-manteau en dentelle blanche portée par la princesse Diana.

Au-delà de ces quatre scènes, l’exposition élargit le regard sur la culture du repas à Chambord à travers des manuscrits, des menus imprimés, des objets historiques et des dispositifs sensoriels. Un fil conducteur suit les plats associés à l’identité du domaine, dont la Carpe à la Chambord, une préparation de carpe publiée pour la première fois en 1735 par Vincent de La Chapelle dans « Le Cuisinier moderne ». La recette est ensuite tombée dans l’oubli, mais elle a récemment été revisitée par Christophe Hay, le chef doublement étoilé de Fleur de Loire à Blois, dont la version contemporaine est présentée dans l’exposition.

Une autre partie du parcours présente des produits inspirés de Chambord ou élaborés à partir des ressources du domaine, notamment des tisanes, des babas au rhum, des confitures, du miel, des charcuteries, des soupes de légumes, de l’eau de bouleau et la liqueur Chambord. Les organisateurs décrivent cette section comme ressemblant à une épicerie fine et destinée à relier l’histoire des repas de cour à la production régionale d’aujourd’hui.

L’exposition s’appuie aussi sur l’archéologie. Depuis les années 2000, des fouilles dans les fosses d’aisance du château ont mis au jour des déchets alimentaires, des fragments de vaisselle, des bouteilles et des objets du quotidien jetés au fil du temps par les habitants. Ces vestiges servent à documenter les habitudes alimentaires et la vie domestique à travers les siècles. Une installation multimédia permettra aux visiteurs d’explorer d’anciens espaces de préparation des aliments tels que les cuisines, les fours, les pierres d’évier et les potagers de maintien au chaud, ainsi que des décors et des graffitis conservés dans la chambre d’un échanson du XVIIe siècle.

Des menus de repas officiels remarquables organisés à Chambord au XXe siècle seront également présentés. Ils comprennent des dîners de chasse présidentiels de 1965 à 1980, un déjeuner en l’honneur de la reine Elizabeth II en 1979 et un déjeuner servi lors d’une réunion des ministres européens de l’Agriculture en 2016.

Une grande partie du projet repose sur la reconstruction numérique. Chambord a indiqué que 183 pièces d’orfèvrerie ont été spécialement créées pour l’exposition dans le cadre de travaux de recherche et développement : 33 pièces pour la table Renaissance et 160 pour la table du XVIIe siècle. Le travail a été réalisé avec ARISTEAS, une entreprise spécialisée dans la modélisation 3D du patrimoine et de l’architecture. À partir de dessins d’époque, d’originaux conservés dans des musées et d’une analyse iconographique examinée par un comité scientifique, l’équipe a recréé des pièces de service et des objets de cérémonie qui n’existent plus ou qui n’ont jamais dépassé le stade de croquis.

Le domaine s’est également associé à GEDEON Experiences pour un programme de réalité virtuelle de 20 minutes intitulé « Le Festin royal. Chambord, 1539 », qui invite les visiteurs équipés de casques à rejoindre le banquet de François Ier et de Charles Quint.

Pour Chambord, l’exposition vise aussi à bousculer l’image ancienne du château comme un monument vide, détaché de la vie quotidienne. En mettant l’accent sur les cuisines, les offices, les menus, les ingrédients et la mise en scène cérémonielle, les organisateurs disent vouloir montrer que Chambord n’était pas seulement un symbole architectural, mais aussi un lieu habité, façonné par le travail, l’hospitalité et le rituel politique autour de la nourriture.

Cet argument s’inscrit dans le rôle plus large de Chambord dans le tourisme culturel français. Le château est propriété de l’État depuis 1930 et est géré comme un établissement public sous la tutelle des ministères chargés de la culture, de l’agriculture et de l’environnement. Classé parmi les premiers monuments historiques de France en 1840 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1981, il accueille plus d’un million de visiteurs chaque année et demeure l’un des châteaux les plus visités de France.

L’exposition ouvrira au public le 26 septembre, après une présentation à la presse prévue le 24 septembre. Le tarif plein est affiché à 31 €, avec un tarif réduit à 28,50 € ; des prix plus bas s’appliquent aux résidents ou ressortissants de l’Espace économique européen sur présentation d’un justificatif valide. L’entrée est gratuite pour les visiteurs de moins de 18 ans et pour les citoyens de l’Union européenne de moins de 26 ans. Chambord est accessible depuis Paris par la route via l’A10 ou en train depuis la gare d’Austerlitz.

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