Les dirigeants de la filière vitivinicole demandent à l'OMC de démanteler les barrières qui coûtent des centaines de millions au secteur

L'enquête de l'Alliance révèle que 91 % des producteurs mondiaux se heurtent aux règles d'étiquetage et que 72 % d'entre eux sont confrontés à une faible protection de l'origine des vins.

24-02-2026

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Wine Industry Leaders Urge WTO to Dismantle Barriers Costing Sector Hundreds of Millions

Les membres de la Wine Origins Alliance (WOA) se sont réunis à Genève, en Suisse, du 12 au 13 février pour plaider en faveur de la réduction et de l'élimination des barrières commerciales qui affectent l'industrie mondiale du vin. La délégation, représentant cinq pays répartis sur trois continents, a rencontré des hauts fonctionnaires de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour discuter de questions telles que les droits de douane imposés au vin en raison de différends commerciaux sans rapport avec le vin et l'absence de protection efficace des noms de lieux viticoles.

L'AMO, fondée en 2005, représente plus de 100 000 vignerons et viticulteurs dans le monde. Ces entreprises, pour la plupart des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), représentent plus de 1,2 million d'emplois et plus de 8 milliards de dollars d'exportations mondiales de vin. L'Alliance compte aujourd'hui 36 organisations issues de 11 pays. L'Ontario (Canada) et Mendoza (Argentine) ont rejoint l'Alliance ce mois-ci.

Au cours de leur visite, les membres de l'AMO ont rencontré le directeur général adjoint de l'OMC, Jean-Marie Paugam, l'ambassadeur Alfredo Suescum du Panama, président de la session extraordinaire du Conseil des ADPIC, l'ambassadeur Matthew Wilson de la Barbade, président du groupe de travail informel de l'OMC sur les MPME, Maria Cosme, présidente du comité des mesures sanitaires et phytosanitaires de l'OMC, et Bernard Kuiten, directeur des relations extérieures de l'OMC. Les discussions ont porté sur les mesures non tarifaires qui affectent de manière disproportionnée les petits producteurs de vin. Il s'agit notamment d'exigences complexes en matière d'étiquetage et d'une protection insuffisante des indications géographiques, c'est-à-dire des noms qui identifient l'origine d'un vin.

Les membres de l'AMO ont également participé à une session de travail avec des représentants du Comité des obstacles techniques au commerce de l'OMC. La session était dirigée par la présidente Beatriz Stevens et le conseiller Mateo Ferrero. Elle visait à aider les membres de l'Alliance à comprendre le fonctionnement des mécanismes d'application des règles commerciales de l'OMC et la manière dont les régions viticoles ou les caves peuvent se tenir informées des changements proposés dans les réglementations mondiales sur le commerce du vin.

Outre les réunions officielles, les représentants de l'AMO ont eu des entretiens informels avec des responsables commerciaux des délégations de l'Union européenne et des États-Unis à l'OMC. Ces conversations ont permis de partager les préoccupations concernant les barrières commerciales actuelles et d'explorer les moyens d'améliorer la coopération internationale.

Charles Goemaere, directeur général du Comité interprofessionnel du vin de Champagne et coprésident de l'OMA, a souligné l'importance de l'unité au sein de l'industrie. "Lorsqu'il s'agit de commerce mondial, il y a beaucoup plus de choses qui unissent l'industrie du vin que de choses qui la divisent", a-t-il déclaré. Jacques-Olivier Pesme, directeur exécutif de l'OMA, a souligné que la collaboration continue avec l'OMC et les missions diplomatiques des pays membres était essentielle pour relever ces défis.

Parallèlement à ses réunions à Genève, l'OMD a publié les résultats d'une nouvelle enquête mondiale sur les mesures non tarifaires (MNT) ayant un impact sur le secteur vitivinicole. L'enquête a révélé que plus de 3 500 mesures commerciales affectent actuellement le secteur dans le monde entier, coûtant des centaines de millions de dollars américains par an. Selon l'enquête, 91 % des personnes interrogées considèrent que les exigences en matière d'étiquetage constituent une charge importante dans les différentes régions. En outre, 72 % d'entre eux ont cité la protection inadéquate des noms de lieux viticoles comme un autre obstacle majeur. Les personnes interrogées ont indiqué que ces barrières ont entraîné une baisse à deux chiffres des exportations, voire une perte totale d'accès à certains marchés.

Les dirigeants de l'AMO affirment qu'ils continueront à travailler avec les organisations internationales et les gouvernements pour résoudre ces problèmes. Ils affirment que la réduction des barrières commerciales profitera non seulement aux producteurs, mais aussi aux consommateurs, en facilitant l'accès à des vins diversifiés provenant du monde entier.

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