Des caves italiennes représentant 40 % de la production réclament une augmentation de 80 % des fonds de promotion de l'UE

Les dirigeants du secteur avertissent que les changements proposés dans la politique de l'UE pourraient menacer l'avenir du secteur alors que les modes de consommation du vin dans le monde évoluent rapidement.

11-11-2025

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Italian Wineries Representing 40 Percent of Production Push for 80 Percent Boost in EU Promotion Funding

Les producteurs de vin italiens appellent à une stratégie à long terme axée sur la promotion, l'innovation et la consommation responsable afin de maintenir la compétitivité du secteur. Ce message était au centre d'une conférence organisée à Rome par la Confcooperative Fedagripesca, une organisation représentant 264 caves et consortiums qui, ensemble, représentent environ 40 % de la production de vin en Italie et génèrent une valeur de plus de 5 milliards d'euros.

L'événement a eu lieu alors que l'industrie mondiale du vin est confrontée à des tendances changeantes. Selon le dernier rapport de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la production mondiale de vin devrait atteindre 232 millions d'hectolitres en 2025. Ce chiffre marque une légère reprise par rapport à 2024, mais reste inférieur à la moyenne quinquennale. Dans le même temps, la consommation mondiale de vin continue de baisser dans les marchés matures, en particulier pour les vins rouges. En revanche, la demande de vins blancs, rosés et mousseux augmente. Ces changements soulignent la nécessité pour les producteurs italiens de s'adapter à l'évolution des préférences des consommateurs et à la dynamique du marché.

Luca Rigotti, président du secteur du vin à la Confcooperative, a souligné que l'avenir du vin italien dépendait de politiques ciblées plutôt que de mesures réactives. Il s'est dit préoccupé par les réformes proposées pour la politique agricole commune (PAC) de l'Union européenne après 2027. Selon les propositions actuelles, le soutien au secteur vitivinicole pourrait devenir facultatif pour les États membres au lieu d'être obligatoire. M. Rigotti a prévenu que ce changement pourrait affaiblir le rôle stratégique du vin dans les politiques agricoles, économiques et environnementales européennes.

La promotion reste un outil clé pour la compétitivité du vin italien à l'étranger. M. Rigotti a salué les récents amendements approuvés par la commission de l'agriculture du Parlement européen, qui augmentent le financement des programmes de promotion de 50 à 80 % et suppriment les limites de temps pour les campagnes dans certains pays. Il a déclaré que ces changements aideront les producteurs italiens à maintenir leur présence sur les marchés internationaux et à renforcer leur image de marque dans le monde entier.

L'innovation était un autre thème majeur de la conférence. M. Rigotti a appelé à investir dans la recherche et l'expérimentation de nouveaux produits, notamment les vins désalcoolisés et ceux dont la teneur en alcool est naturellement plus faible. Il a affirmé qu'il était essentiel de se concentrer sur la qualité et la durabilité pour améliorer la réputation du vin italien et assurer son avenir.

La relation entre le vin et la santé a également été abordée. Raffaele Drei, président de la Confcooperative Fedagripesca, a répondu aux préoccupations soulevées par le professeur Attilio Giacosa de l'IRVAS (Institut de recherche sur le vin, l'alimentation et la santé). M. Drei a fait valoir que le vin ne devait pas être assimilé à d'autres boissons alcoolisées, car il fait partie intégrante de la culture italienne et du régime méditerranéen. Il a appelé à la rigueur scientifique dans les messages publics sur la consommation de vin, mettant en garde contre les déclarations alarmistes qui pourraient nuire à l'image du secteur et induire les consommateurs en erreur. Tout en reconnaissant que l'abus est nuisible, il a défendu une consommation modérée et informée qui fait partie du patrimoine alimentaire italien.

M. Drei a conclu en exhortant les décideurs politiques et les acteurs du secteur à partager la responsabilité du soutien au vin italien. Il a rejeté l'idée d'accepter un "déclin heureux" ou une marginalisation dans les futures réformes de la PAC. L'Italie est à la tête de tous les segments commerciaux de la production de vin - des cépages traditionnels cultivés dans des conditions difficiles aux vins pétillants du nord-est - et se targue d'une biodiversité inégalée parmi les pays producteurs. M. Drei a appelé à une nouvelle politique de la chaîne d'approvisionnement soutenue par des ressources adéquates, des outils de promotion efficaces et des réglementations qui reconnaissent le rôle stratégique du vin dans l'agriculture et l'économie européennes.

La conférence a mis en lumière les défis et les opportunités auxquels le vin italien est confronté alors qu'il navigue sur des marchés mondiaux et des paysages réglementaires en constante évolution. Les dirigeants du secteur ont souligné que seule une action coordonnée en matière de promotion, d'innovation et de consommation responsable permettra à l'Italie de conserver sa place de leader dans le monde du vin.

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