07-09-2026
Le Brésil a augmenté ses importations de vin au premier semestre 2026, mais l’Espagne est allée à contre-courant et a perdu du terrain sur le marché, la forte baisse des expéditions de vin effervescent ayant annulé la stabilité des ventes de vin tranquille en bouteille.
De janvier à juin, le Brésil a importé 79,4 millions de litres de vin pour une valeur de 234,3 millions d’euros, selon les registres commerciaux de la SECEX brésilienne analysés par l’Observatoire espagnol du marché du vin, ou OIVE, et relayés par Mercados del Vino. Par rapport à la même période un an plus tôt, cela représente une hausse de 9,1 % en volume et de 5,9 % en valeur.
Les chiffres montrent que le Brésil a acheté 6,6 millions de litres de vin importé de plus qu’au premier semestre 2025 et dépensé 13,1 millions d’euros de plus. Comme le volume a progressé plus vite que la valeur, la valeur moyenne des importations a reculé de 2,9 % à 2,95 euros par litre. Cet écart laisse penser à des prix unitaires plus bas, à une évolution vers des produits moins chers, ou aux deux, même si les données disponibles ne permettent pas de les distinguer pleinement.
Le marché brésilien est resté très centré sur le vin en bouteille. Cette catégorie a représenté la quasi-totalité des achats de vin importé sur le semestre, atteignant 76,6 millions de litres, en hausse de 10,3 %, pour une valeur de 216,1 millions d’euros, en hausse de 6,6 %. Le vin en bouteille a représenté 96 % du volume total importé et 92 % de la valeur totale des importations.
Le Chili a renforcé sa position de premier fournisseur étranger de vin du Brésil. Les expéditions chiliennes ont atteint 39,2 millions de litres au cours des six premiers mois de l’année, en hausse de 11,9 %, pour une valeur de près de 93 millions d’euros, en hausse de 9,7 %. Le Chili a ainsi représenté environ la moitié de tout le vin importé par le Brésil sur la période.
L’Argentine s’est classée deuxième en volume, avec 13,5 millions de litres, en hausse de 14,5 %, et 39,9 millions d’euros en valeur, en progression de 1,7 %. Le Portugal a suivi de près avec 13,2 millions de litres, en hausse de 6,2 %, et 36,6 millions d’euros en valeur, en hausse de 11,8 %. L’Italie s’est placée au quatrième rang en volume avec 4,8 millions de litres et au cinquième rang en valeur avec 19,7 millions d’euros. La France a occupé la quatrième place en valeur avec 27,5 millions d’euros, bien que ses ventes globales aient légèrement reculé.
L’Espagne n’a pas profité de l’expansion plus large du marché. Ses ventes de vin à destination du Brésil ont reculé de 8,6 % en volume à 3,5 millions de litres et de 7,2 % en valeur à 10,1 millions d’euros au premier semestre. Sur la base des chiffres arrondis, cela implique un recul d’environ 329 000 litres et de quelque 784 000 euros par rapport à la même période de 2025.
Ce recul a relégué l’Espagne à la cinquième place des fournisseurs en volume et à la sixième en valeur sur le marché brésilien. La valeur moyenne de ses exportations vers le Brésil a augmenté de 1,5 % à 2,85 euros par litre, alors même que les expéditions totales diminuaient. Cette hausse suggère que la baisse est davantage liée à la composition des produits vendus qu’à une baisse généralisée des prix dans toutes les catégories.
La principale cause a été le vin effervescent. Les importations brésiliennes de vin effervescent espagnol ont chuté de 35,5 % en volume à 642 000 litres et de 31,3 % en valeur à 1,9 million d’euros. Ce repli a été suffisamment marqué pour que l’Espagne cède à la France sa précédente place de leader en volume des importations de vin effervescent au Brésil.
En dehors du vin effervescent, la performance de l’Espagne a été bien plus stable. Les ventes de vin tranquille espagnol en bouteille, principal produit du pays au Brésil, ont progressé d’environ 1 % en volume à 2,9 millions de litres et de 1,3 % en valeur à 8,1 millions d’euros. La valeur moyenne de cette catégorie est restée pratiquement inchangée à 2,82 euros par litre.
Cette divergence de performances aide à expliquer pourquoi l’Espagne a sous-performé sur un marché qui a continué de croître dans son ensemble. La croissance des importations brésiliennes a été davantage tirée par les volumes que par la valeur, et les fournisseurs les plus exposés aux segments les plus importants du marché, en particulier le vin tranquille en bouteille, en ont le plus bénéficié. Les vins tranquilles espagnols ont globalement maintenu leurs positions, mais la forte contraction du vin effervescent a effacé ces gains.
Les données du premier semestre s’inscrivent aussi dans une tendance plus longue de croissance des importations de vin au Brésil. Sur les 12 mois clos en juin 2026, le pays a importé 171,7 millions de litres de vin pour une valeur de 464,9 millions d’euros, selon la même analyse. Cela représente des hausses de 6,1 % en volume et de 3,1 % en valeur par rapport aux 12 mois précédents.
Les chiffres brésiliens cités dans le rapport reposent sur des données secondaires et des totaux arrondis. Mercados del Vino a indiqué que l’analyse s’appuyait sur des registres de la SECEX examinés par l’OIVE. Comme les valeurs sont exprimées en euros et que le détail par catégorie est limité, les données ne permettent pas de distinguer pleinement les variations de prix, les changements de mix produits et les effets de change. Il n’en reste pas moins que la tendance générale est claire : le Brésil a continué à acheter davantage de vin importé au premier semestre 2026, mais l’Espagne est restée en marge d’une grande partie de cette croissance en raison d’un net recul du vin effervescent.
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