En Rhénanie-Palatinat, les viticulteurs n’ont demandé la distillation que de 6,3 millions de litres dans le cadre du programme de crise de l’UE

Les demandes ont atteint 36 % du plafond de 17,5 millions de litres, ce qui laisse présager un effet limité sur les excédents de vin en Allemagne

mardi 3 novembre 2026

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En Rhénanie-Palatinat, les viticulteurs n’ont demandé la distillation que de 6,3 millions de litres dans le cadre du programme de crise de l’UE

Les viticulteurs de Rhénanie-Palatinat ont déposé 266 demandes pour faire distiller 6,3 millions de litres de vin dans le cadre d’un programme de distillation de crise soutenu par l’UE, un volume bien inférieur au maximum qui aurait pu être demandé, a annoncé lundi 2 novembre le ministère régional chargé du vin.

Le ministère, basé à Mayence, a indiqué que les demandes ne représentaient qu’environ 36 % du plafond de 17,5 millions de litres fixé par le programme. La date limite de dépôt des demandes était le 15 octobre.

Le programme vise à réduire un excédent de vin qui pèse sur le marché. Dans le cadre de cette mesure, les vins excédentaires de certaines régions peuvent être distillés en alcool industriel au lieu d’être commercialisés comme vins. Cet alcool peut servir à fabriquer des produits tels que des désinfectants ou être utilisé comme source d’énergie, mais pas dans l’alimentation ni dans les boissons.

Selon le ministère, on ne sait pas encore combien de demandes seront approuvées. Le volume finalement autorisé sera probablement inférieur au total demandé. La chaîne publique allemande SWR avait déjà fait état d’une demande moins importante que prévu.

Sur les 6,3 millions de litres demandés en Rhénanie-Palatinat, environ 4,7 millions correspondaient à du vin rouge et 1,6 million à du rosé, a précisé le ministère. Sur la base du total, chaque demande portait en moyenne sur quelque 23 800 litres.

L’UE a réservé 14,16 millions d’euros à cette mesure de distillation de crise en Allemagne. Environ 10,3 millions d’euros de cette enveloppe ont été attribués à la Rheinhessen, la plus grande région viticole du pays. Le reste était destiné au Württemberg, quatrième région viticole d’Allemagne. Aucune autre région viticole n’a été incluse dans le programme.

La participation limitée est significative pour la filière des boissons, car elle laisse penser que le retrait subventionné des excédents pourrait avoir un effet plus restreint que prévu sur la surproduction qui pèse sur les prix et la demande, en particulier pour les vins rouges allemands. Par ailleurs, les règles prévoient que l’alcool distillé ne réintégrera pas le marché des boissons sous une autre forme, son utilisation dans les produits alimentaires et les boissons étant interdite.

Cette mesure de crise faisait suite à une demande de l’Allemagne auprès de la Commission européenne. Le ministère a indiqué que la Commission avait approuvé le soutien en raison de l’excédent de vin sur le marché. Seuls les vins rouges et rosés du millésime 2025 et des millésimes antérieurs étaient éligibles.

La subvention est calculée au litre. L’UE verse 43 centimes par litre pour la distillation proprement dite, auxquels s’ajoutent 16 centimes par litre destinés à couvrir les coûts logistiques et de distillation.

La restriction d’usage vise à éviter toute distorsion de concurrence. L’alcool issu du programme de crise ne peut être utilisé qu’à des fins industrielles, notamment pour les désinfectants et la production d’énergie. Il ne peut pas être utilisé dans l’industrie alimentaire et des boissons.

Les chiffres de Rhénanie-Palatinat concernent l’une des deux seules régions viticoles allemandes autorisées à participer à la mesure. La réponse des producteurs dans cette région constitue donc un indicateur important de leur volonté de recourir aux aides publiques pour réduire leurs stocks. La Rheinhessen a été au cœur du dispositif en raison de sa taille, mais le volume total demandé est resté bien inférieur au niveau que le programme permettait d’atteindre.

Le ministère n’a pas précisé lundi 2 novembre à quelle date les demandes seraient approuvées. Il a seulement indiqué que le volume retenu devrait être inférieur aux 6,3 millions de litres demandés.

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