17-04-2026

Les producteurs de vin anglais subissent la pression des pénuries de main-d’œuvre, des coûts de production élevés et d’une charge croissante de formalités administratives, autant d’éléments qui, selon des critiques du secteur, compliquent leur compétitivité sur le marché intérieur comme à l’étranger.
Ces inquiétudes sont exposées dans un rapport publié mardi par Workers of England, qui estime que les difficultés du secteur vont au-delà de la récente expansion des vignobles et englobent désormais la difficulté de vendre du vin avec profit sur un marché encombré. Le groupe souligne que le vin anglais reste particulièrement gourmand en main-d’œuvre en raison du climat du sud de l’Angleterre, de la petite taille moyenne des vignobles et des possibilités limitées de récolte mécanisée. Beaucoup de producteurs dépendent donc de travailleurs saisonniers, une main-d’œuvre soumise aux règles de visa, aux coûts de recrutement et à la nécessité de fournir un logement.
Le rapport indique que certains producteurs imputent aux restrictions post-Brexit sur la mobilité du travail la hausse des coûts d’emploi, tout en précisant que la question touche plus largement l’horticulture. Pour les plus petits vignobles, ajoute-t-il, les pénuries de main-d’œuvre ne se traduisent pas seulement par une compression des marges : elles peuvent aussi perturber directement l’exploitation, car les raisins ne peuvent pas attendre dans les rangs.
La tension financière est particulièrement forte pour les vins effervescents élaborés selon la méthode traditionnelle, dont les bouteilles doivent vieillir pendant des années avant de pouvoir être commercialisées. Cela immobilise du capital tandis que les producteurs continuent d’assumer une dette liée à leur expansion. Le rapport précise que la très importante récolte 2023 a accentué ces pressions et conduit certains domaines à rechercher des acheteurs en marque blanche ou en marque de distributeur afin d’écouler du vin encore en élevage et d’améliorer leur trésorerie.
La question des prix est devenue un autre obstacle. Selon le rapport, le vin effervescent anglais est souvent vendu à des tarifs proches de ceux d’un Champagne d’entrée de gamme, tandis que certains acheteurs internationaux estiment qu’il est facturé environ 10 % à 15 % au-dessus des vins comparables élaborés selon la méthode traditionnelle une fois retirée l’influence de la notoriété de marque. Le rapport ajoute que la petite taille des vignobles, les rendements plus faibles, le prix plus élevé du foncier et l’accise britannique contribuent tous au coût de revient. Il précise encore que la TVA, les droits sur l’alcool, les cotisations patronales à la National Insurance et les coûts liés à la conformité des emballages peuvent représenter près de la moitié du prix final d’une bouteille vendue au Royaume-Uni.
Les producteurs se retrouvent ainsi dans une position délicate. Ils ne peuvent pas facilement rivaliser sur les prix avec les vins importés en supermarché, mais ils doivent affronter ces mêmes importations sur les mêmes rayons. S’orienter vers des produits moins chers pourrait affaiblir l’image premium sur laquelle beaucoup de domaines anglais s’appuient pour assurer leur rentabilité à long terme. Certains producteurs explorent donc d’autres méthodes, comme le Charmat ou la carbonatation, pour créer des vins effervescents moins coûteux, même s’il reste incertain qu’une telle évolution nuise ou non à la perception de qualité.
L’export apparaît comme une issue possible, mais le rapport souligne que les ventes à l’étranger s’accompagnent elles aussi de complications. Les exportateurs de vin anglais doivent composer avec des exigences en matière de certification, d’étiquetage et de logistique moins lourdes pour les producteurs installés dans l’Union européenne. Les petites exploitations peuvent avoir du mal à absorber cette charge administrative ainsi que le coût nécessaire pour bâtir une marque à l’étranger. Le rapport indique qu’imposer une reconnaissance sur les marchés étrangers peut nécessiter plusieurs millions de livres sterling en marketing sur plusieurs années.
Il estime également que le gouvernement pourrait faire davantage pour simplifier les procédures d’exportation et alléger les contraintes liées à la main-d’œuvre grâce à des mesures ciblées par secteur. Sans ce soutien, prévient-il, les vignobles anglais risquent d’être distancés par des concurrents plus rapides comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui disposent déjà de systèmes d’exportation établis.
En conséquence, nombre de domaines misent davantage sur le tourisme et l’hospitalité. Visites de vignobles, salles de dégustation, partenariats avec des restaurants et événements d’entreprise deviennent centraux dans leurs modèles économiques plutôt que des activités annexes. Les ventes directes aux visiteurs peuvent améliorer les marges et réduire l’exposition à la concurrence tarifaire des supermarchés.
Le rapport estime qu’une consolidation est probable à mesure que les plantations augmentent, que les prix du raisin baissent et que les stocks restent élevés. Les plus grands producteurs pourraient chercher à gagner en taille par des fusions ou des acquisitions, tandis que les domaines plus modestes pourraient se concentrer davantage sur le tourisme local ou sur les vins tranquilles. Il conclut que le vin effervescent anglais a déjà démontré sa qualité technique, mais que son avenir dépendra de l’offre de main-d’œuvre, de la fiscalité, des règles d’exportation et de la capacité des producteurs à éviter une concurrence fondée uniquement sur le prix dans un marché premium toujours plus encombré.
Fondée en 2007, Vinetur® est une marque déposée de VGSC S.L. qui a une longue histoire dans le secteur du vin.
VGSC, S.L., dont le numéro de TVA est ESB70255591, est une entité inscrite au registre du commerce de Saint-Jacques-de-Compostelle, Spagna.
Email: [email protected]
Sede e uffici a Vilagarcia de Arousa, Galice.