Les ménages français achètent 56 % de vin tranquille en moins qu’il y a 15 ans

Selon FranceAgriMer, les achats moyens de vin tranquille sont tombés à 17 litres par ménage, signe d’une évolution des habitudes à domicile, tandis que ceux de bière ont progressé de 14 %

mardi 3 novembre 2026

Partagez-le !

Les ménages français achètent beaucoup moins de vin tranquille qu’il y a une quinzaine d’années, selon la mise à jour d’octobre de FranceAgriMer sur le marché de la consommation, qui compare les achats moyens des ménages sur la période 2007-2009 à ceux de 2023-2025.

FranceAgriMer indique que les achats de vin tranquille, c’est-à-dire non effervescent, ont reculé de 56 % sur cette période, pour s’établir à une moyenne de 17 litres par ménage. Sur les mêmes périodes de comparaison, les achats de boissons alcoolisées dans leur ensemble ont diminué de 30 %, tandis que ceux de bière ont augmenté de 14 %.

Ces chiffres témoignent d’une évolution marquée des produits que les consommateurs français rapportent chez eux. La consommation de vin à domicile baisse plus fortement que les achats d’alcool dans leur ensemble, ce qui laisse penser que ce recul ne s’inscrit pas seulement dans une diminution générale de la consommation d’alcool, mais traduit aussi une évolution des préférences au sein du marché des boissons.

La comparaison reposant sur des moyennes pluriannuelles plutôt que sur une seule année, elle donne à voir une tendance de long terme plutôt qu’une fluctuation passagère. Cette évolution revêt une importance particulière dans un pays où le vin occupe depuis longtemps une place centrale dans la consommation des ménages et, plus largement, dans l’économie agricole et alimentaire.

La bière est la seule catégorie à afficher une croissance dans la comparaison publiée. Sa hausse de 14 % contraste avec le recul général des achats d’alcool et la chute bien plus marquée du vin tranquille. Cet écart laisse penser qu’une partie des dépenses et des volumes des ménages a pu se reporter du vin vers d’autres boissons, alors même que les achats totaux d’alcool diminuaient.

Les chiffres publiés ne permettent pas, à eux seuls, d’expliquer les raisons de cette évolution. Ils viennent toutefois étayer le constat d’une transformation structurelle du marché français du vin à domicile. Pour les producteurs, les coopératives, les négociants et les détaillants, cet enjeu est important, car la France reste l’un des marchés du vin les plus importants au monde. Une baisse durable des achats de vin des ménages peut influer sur la planification de la production, les décisions de gestion des stocks, les stratégies de prix, la place en rayon et les actions promotionnelles dans le secteur des boissons.

Ces données pourraient également influer sur le positionnement des gammes des entreprises. Si le vin continue de perdre des volumes à domicile plus rapidement que l’alcool dans son ensemble, les fournisseurs pourraient devoir revoir la répartition de leurs investissements, la segmentation de leurs produits et les formats ou catégories les plus susceptibles de répondre à la demande des consommateurs. Les détaillants pourraient, de leur côté, s’appuyer sur ce type de données pour ajuster leurs assortiments entre vin, bière et autres boissons, dans un marché où les habitudes d’achat bien établies semblent évoluer.

Les chiffres français sont suivis de près par l’ensemble du secteur des boissons, car les évolutions observées en France ont souvent des répercussions au-delà de ses frontières. La France est à la fois un grand pays producteur et un marché de consommation mature : une évolution durable de la demande des ménages peut donc influer sur les perspectives des domaines viticoles, des brasseurs et des distributeurs d’autres pays confrontés à des tendances démographiques, sanitaires et liées aux modes de vie similaires.

La comparaison de FranceAgriMer ne fait pas état d’un recul temporaire lié à une saison ou à un événement économique particulier. En comparant les moyennes de 2007-2009 à celles de 2023-2025, elle montre l’ampleur de l’évolution des habitudes d’achat des ménages au fil du temps. Ces données sont donc utiles aux entreprises du secteur des boissons qui cherchent à déterminer quoi produire, stocker et commercialiser sur un marché qui reste essentiel pour le vin, mais où d’autres catégories, en particulier la bière, affichent une dynamique plus forte.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !