26-02-2026

Le vin français est confronté à une période de profonde incertitude, car de nouvelles données montrent une forte baisse de la consommation et de l'intérêt des jeunes générations. Selon les chiffres publiés lors du Salon international de l'agriculture à Paris, la consommation de vin en France est passée de 100 litres par personne en 1960 à seulement 33 litres prévus pour 2025. Cela représente une réduction d'un tiers des volumes précédents. Le rendement moyen par hectare a également chuté, passant de 59 hectolitres au début des années 2000 à 54 hectolitres entre 2020 et 2024. La superficie totale des vignobles en production a diminué, passant de 787 000 hectares en 2009 à 744 000 hectares en 2024.
Ces chiffres mettent en évidence les défis auxquels est confrontée l'industrie viticole française, qui a dû faire face à des réformes, à des aides financières et à des suppressions de vignobles. Dans le même temps, la consommation intérieure et les exportations sont en baisse. Le ministre français de l'agriculture, Annie Genevard, a présenté ces résultats au salon de l'agriculture dans le cadre d'un bilan national sur la souveraineté alimentaire. Le commissaire européen à l'agriculture, Christophe Hansen, a également annoncé que la France recevrait 40 millions d'euros de la réserve de crise de l'UE pour aider à distiller les excédents de vins rouges et rosés - plus de 1,2 million d'hectolitres - afin de faire face à la chute des prix et à la surcharge des caves.
FranceAgriMer a coordonné sept groupes de travail multisectoriels, dont un consacré à la viticulture et à la production de cidre. Plus de 250 professionnels ont participé pendant plusieurs semaines à l'identification des moyens de relancer la production et la transformation, à l'évaluation des conditions nécessaires à la reprise et à la définition d'objectifs réalistes à dix ans. Le rapport sur le vin français a été préparé par le groupe "Vitivicole et Cidricole" dirigé par Bernard Angelras. Il note que si le vin reste un symbole fort de la culture française et un pilier essentiel du secteur agroalimentaire - avec un excédent commercial de 15,6 milliards d'euros pour les vins et spiritueux en 2024 - la consommation n'a cessé de diminuer depuis des décennies.
Jusqu'à la fin des années 2010, cette baisse a été compensée par de fortes exportations internationales. Ces dernières années, cependant, la croissance des exportations s'est ralentie. Le secteur est aujourd'hui confronté à des défis économiques qui s'ajoutent aux crises sanitaires et environnementales et qui nécessitent des ajustements structurels majeurs. La viticulture représente 18 % du revenu agricole français, mais ne couvre que 3 % des terres agricoles. Au cours des cinq dernières années, la production annuelle moyenne de vin a atteint 47,2 millions d'hectolitres : 70 % de vins tranquilles, 8 % de vins mousseux et 22 % d'eaux-de-vie de raisin. Cette situation reflète une baisse de la productivité par rapport aux décennies précédentes.
Les vignobles français sont de plus en plus touchés par des phénomènes climatiques graves tels que le gel, la sécheresse, la grêle et la canicule. Au-delà des risques environnementaux, il existe un déséquilibre économique entre l'offre et la demande. L'évolution des habitudes de consommation des jeunes, qui délaissent le vin, est un facteur important. Les études comportementales évoquent plusieurs raisons : une rupture dans la transmission de la connaissance et de la culture du vin, des changements dans la structure des repas, des modes de vie plus dynamiques et une inadéquation entre les goûts des jeunes consommateurs et l'offre du marché, en particulier pour les vins rouges.
Au niveau international, les conflits commerciaux ont provoqué une instabilité et une réduction des volumes d'exportation. Il en résulte une surabondance structurelle de l'offre et un ralentissement de l'activité commerciale qui affaiblit de nombreux producteurs et vendeurs.
Le défi démographique est également important. L'arrivée de jeunes dans la viticulture est essentielle pour maintenir la production et la vitalité régionale. Or, entre 2022 et 2024, la France a connu une perte nette d'environ 50 nouveaux viticulteurs de moins de 40 ans. Les nouvelles surfaces viticoles diminuent en raison des risques climatiques dans des régions comme l'Aude, l'Hérault et les Pyrénées-Orientales. Rien qu'en 2024, environ 2 700 viticulteurs quitteront l'entreprise, tandis que seulement 1 328 nouveaux agriculteurs s'installeront, dont 825 auront moins de 40 ans. Pour chaque retraité, il n'y a que 0,3 jeune qui prend sa place.
La rentabilité à long terme de ces nouvelles entreprises est cruciale. Le taux de rétention des jeunes viticulteurs après six ans est de 86 % en 2024 - un chiffre solide mais inférieur à celui des jeunes qui se lancent dans la polyculture-élevage ou dans la culture-élevage.
À l'horizon de dix ans, une étude menée en France en 2023 prévoit que la consommation de vin diminuera encore de 5 à 6 millions d'hectolitres d'ici à 2035 si les tendances actuelles se poursuivent et qu'aucune mesure n'est prise pour attirer des consommateurs plus jeunes. La consommation des plus de 65 ans est quatre fois plus élevée que celle des moins de 35 ans.
Au niveau mondial, des baisses similaires sont observées dans des pays comme les États-Unis, l'Espagne et l'Italie. Les experts estiment que la France doit adopter des stratégies plus agressives, tant sur son territoire qu'à l'étranger, pour stabiliser son secteur vitivinicole dans un contexte d'évolution des goûts et de la démographie.
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