Les producteurs de vin appellent à l'unité européenne après les remarques de Trump

Le secteur vitivinicole européen en quête de stabilité face à la montée des tensions politiques

20-01-2026

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EU Spirits Exports to US Plunge 25% Amid Trump’s 200% Tariff Threat on French Wine

Les producteurs de vin européens font face à une nouvelle incertitude après que l'ancien président Donald Trump, de retour au pouvoir, a menacé d'imposer des droits de douane de 200 % sur le vin et le champagne français. Cette menace a été proférée après que la France a refusé de rejoindre le "Conseil de paix" pour Gaza proposé par les États-Unis. Les commentaires de M. Trump, formulés lundi soir, ont ajouté une nouvelle tension à des relations commerciales transatlantiques déjà tendues.

Le secteur européen des vins et spiritueux est au cœur des différends commerciaux entre les États-Unis et l'Union européenne depuis le retour au pouvoir de M. Trump en 2025. Les États-Unis restent le plus grand marché d'exportation pour les producteurs européens, représentant 29 % des exportations de vin de l'UE l'année dernière. Les dirigeants du secteur affirment que l'impact de ces menaces va au-delà des bouteilles et des marques, touchant à des questions géopolitiques plus larges.

Mardi, la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) a publié une déclaration appelant au calme, tout en soulignant que la question devait être traitée au niveau européen. "Ces questions géopolitiques dépassent les intérêts sectoriels des vins et spiritueux", peut-on lire dans la déclaration. "La politique commerciale est une compétence exclusive de l'Union européenne. La question doit donc être abordée de manière unie et coordonnée au niveau européen."

Les négociations sur les exemptions des droits de douane américains de 15 % sur les vins européens traînent depuis l'accord commercial conclu l'été dernier entre l'Union européenne et les États-Unis. Cet accord n'a pas garanti de traitement spécial pour les vins et les spiritueux, malgré les efforts de la Commission européenne. La situation s'est compliquée ce week-end lorsque des membres du Parlement européen ont remis en question l'accord après que M. Trump a renouvelé ses menaces à l'encontre du Groenland.

Les producteurs français espèrent que les discussions qui auront lieu cette semaine à Davos entre les représentants des États-Unis, de la France et de l'Union européenne permettront de désamorcer la crise. Gabriel Picard, président de la FEVS, a déclaré : "Ces déclarations du président des États-Unis doivent être prises au sérieux, mais avec sang-froid." Les représentants de l'industrie basés à Bruxelles ont fait écho à cette approche.

Ignacio Sánchez Recarte, secrétaire général du Comité européen des sociétés vinicoles, a expliqué pourquoi le vin est devenu une cible fréquente dans les conflits commerciaux : "Lorsque nous parlons de vin, nous parlons de produits de terroir, de marques très connues ; c'est un produit emblématique en France et en Europe. Il a fait remarquer que les fortes exportations de l'année dernière vers les États-Unis étaient en partie dues au fait que les entreprises américaines avaient constitué des stocks en prévision de l'imposition éventuelle de nouveaux droits de douane.

Toutefois, après l'entrée en vigueur de l'accord commercial entre l'UE et les États-Unis en juillet et août 2025, la valeur moyenne des vins exportés a chuté de manière significative. Selon les données d'Eurostat, les exportations de spiritueux de l'UE vers les États-Unis ont chuté de 25 % entre août et novembre 2025 par rapport à la même période en 2024.

Le secteur est considéré comme stratégique pour l'économie et l'identité culturelle de l'Europe. Malgré les efforts en cours pour obtenir de meilleures conditions pour le vin et les spiritueux dans le cadre des règles commerciales transatlantiques, les producteurs restent vulnérables aux décisions politiques prises loin de leurs vignobles et de leurs distilleries.

La dernière menace de Trump a mis une pression supplémentaire sur les deux parties pour trouver une solution qui protège l'une des industries d'exportation les plus précieuses de l'Europe tout en naviguant dans des défis diplomatiques complexes. Alors que les négociations se poursuivent à Davos et à Bruxelles, les chefs d'entreprise surveillent de près les signes de progrès ou d'escalade.

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