La révision des directives américaines sur l'alcool suscite la controverse au sein du Congrès

L'étude fédérale sur l'alcool sous le feu des critiques

18-10-2024

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La controverse sur la consommation d'alcool aux États-Unis a atteint le Congrès, sous l'impulsion d'un groupe de législateurs dirigé par le représentant Mike Thompson. Ce groupe a demandé la suspension d'un comité chargé d'examiner les lignes directrices nationales en matière d'alimentation, en invoquant des craintes de partialité potentielle dans l'évaluation de la consommation d'alcool. M. Thompson, dont la circonscription comprend la Napa Valley, l'une des principales régions viticoles du pays, a présenté la semaine dernière une lettre signée par 113 membres du Congrès. Cette lettre, adressée aux dirigeants de deux agences fédérales, leur demande instamment d'interrompre les travaux de cette commission.

Le conflit provient de la création d'une étude supplémentaire sur l'alcool, commandée par les départements de l'agriculture et de la santé et des services sociaux. Cette nouvelle étude est menée en plus de l'examen habituel effectué par les Académies nationales des sciences, de l'ingénierie et de la médecine. Selon M. Thompson, cette duplication des efforts et des coûts n'est pas nécessaire. En outre, le comité chargé de superviser cette seconde étude ne bénéficie pas de la même transparence et du même contrôle du Congrès que le processus d'examen principal, ce qui suscite des inquiétudes quant à la neutralité de ses conclusions.

L'étude supplémentaire est placée sous la supervision du Comité de coordination interagences sur la prévention de la consommation d'alcool chez les mineurs (ICCPUD), ce qui a été interprété comme une focalisation sur les questions d'abus d'alcool. Les critiques, y compris les représentants de l'industrie du vin, remettent en question la composition du comité, qui comprend des experts en toxicomanie mais pas de cardiologues ou d'autres spécialistes qui pourraient fournir une vision plus équilibrée de l'impact de l'alcool sur la santé. En outre, certains membres du comité ont reçu des fonds de la part de groupes anti-alcool, ce qui alimente les inquiétudes quant à d'éventuels conflits d'intérêts.

Cette controverse survient alors que la perception de la consommation d'alcool évolue au niveau mondial. L'année dernière, l'Organisation mondiale de la santé a déclaré qu'aucun niveau de consommation d'alcool n'était sans danger, ce qui a incité les gouvernements à revoir leurs propres recommandations. Aux États-Unis, les directives actuelles autorisent jusqu'à deux verres par jour pour les hommes et un pour les femmes. Toutefois, on craint que le nouveau comité ne recommande d'abaisser ces limites, ce qui aurait des répercussions directes sur l'industrie du vin.

M. Thompson, qui a été témoin d'un effort similaire contre la consommation d'alcool dans les années 1990, se souvient que la recherche scientifique de l'époque a contribué à freiner les tentatives de restriction de la consommation d'alcool. Aujourd'hui, cependant, les circonstances sont différentes, car les mises en garde contre l'alcool bénéficient d'un soutien croissant au niveau mondial. M. Thompson met en garde contre le manque de transparence du comité ICCPUD, car les décisions prises par ce groupe pourraient avoir un impact sur un large éventail d'industries et de modes de vie.

Outre les préoccupations liées à la duplication des études et au manque de transparence, les législateurs s'interrogent également sur le coût de ce processus supplémentaire. M. Thompson a souligné que le Congrès avait déjà alloué 1,3 million de dollars à l'examen des lignes directrices alimentaires de 2025, ce qui rendait inutile une étude parallèle. Il s'est également inquiété du fait que ce deuxième comité a été créé sans la participation du Congrès, ce qui soulève des doutes quant à sa légitimité.

Les agences fédérales n'ont pas encore répondu, mais M. Thompson et ses collègues attendent une réaction du secrétaire à l'agriculture Thomas J. Vilsack et du secrétaire à la santé et aux services sociaux Xavier Becerra. Entre-temps, l'industrie vinicole suit de près la situation, car toute modification des directives pourrait avoir un impact significatif sur la consommation d'alcool dans le pays.

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