Les exportations de vin italien vers les États-Unis chutent de 35 %, les dirigeants du secteur préconisant une réduction de la production

Le secteur est confronté à la surproduction, à l'évolution des habitudes de consommation et à la nécessité de mettre l'accent sur la qualité et la promotion internationale.

31-03-2026

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Italian Wine Exports to U.S. Drop 35% as Industry Leaders Urge Production Cuts

Le secteur vitivinicole italien est confronté à l'une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Lors d'un récent événement intitulé "Au-delà des frontières du vin. Stratégies pour la promotion du vin et de la nourriture made in Italy", organisé par l'Agence italienne du commerce (ICE) à la Masseria Li Reni à Manduria, des personnalités du secteur se sont réunies pour discuter des stratégies à adopter pour traverser cette période difficile. Le forum, qui fait partie d'une série économique et politique dirigée par le journaliste et vigneron Bruno Vespa, a réuni des acteurs clés tels que le président de l'ICE Matteo Zoppas, Albiera Antinori de Marchesi Antinori et Federvini, Lamberto Frescobaldi de Frescobaldi et Unione Italiana Vini (UIV), Federico Bricolo de Veronafiere, et Andrea Cipolloni d'Eataly.

Le thème central était la nécessité d'adapter la production aux réalités actuelles du marché. Lamberto Frescobaldi a souligné qu'il était nécessaire de réduire les rendements à l'hectare, car les caves sont pleines et la demande a ralenti. Il a fait remarquer que la surproduction entraîne une baisse des prix, tandis que la diminution de l'offre peut contribuer à stabiliser le marché. Selon les données de "Cantina Italia", les stocks de vin blanc ont augmenté de manière significative entre février 2025 et février 2026. M. Frescobaldi a plaidé en faveur du blocage des nouvelles plantations et de la réduction des rendements, en particulier dans les régions où la production dépasse la demande. Il a également souligné un changement générationnel : les jeunes d'aujourd'hui atteignent la stabilité économique plus tard que les générations précédentes, ce qui affecte leurs habitudes de consommation. Il a cité une étude indiquant que les tables de cuisine ne sont plus un achat de base, de nombreuses personnes mangeant sur des canapés ou des lits à la place.

Albiera Antinori a souligné l'importance de promouvoir la tradition italienne de consommation modérée de vin au cours des repas, qui distingue l'Italie des autres pays. Elle a fait référence à une étude récente de Federvini et de l'université La Sapienza qui montre que 80 % du vin en Italie est consommé avec de la nourriture, ce qui contribue à l'espérance de vie élevée du pays. Mme Antinori y voit une opportunité de communication et de marketing, d'autant plus que la cuisine italienne a été reconnue comme patrimoine de l'UNESCO. Elle a également appelé à un soutien institutionnel pour l'œnotourisme, suggérant que la responsabilité de ce secteur revienne au ministère de l'agriculture.

Matteo Zoppas a indiqué que la CIE augmentait son soutien aux exportations de vin en cette période de ralentissement économique. Il a identifié trois défis principaux : les tarifs douaniers, les taux de change euro-dollar et l'évolution du comportement des consommateurs. En janvier 2026, les exportations de vin italien vers les États-Unis ont chuté de 35 %, bien que ce chiffre soit faussé par une augmentation des stocks avant les droits de douane prévus en janvier 2025. Si l'on tient compte de ces anomalies, la baisse réelle est plus proche de 16 %. M. Zoppas a déclaré que l'ICE s'efforçait de compenser les tendances négatives en augmentant la participation des acheteurs internationaux à des foires commerciales telles que Vinitaly, dont la participation a augmenté de 20 % cette année. Il a également souligné les opportunités émergentes dans les pays du Mercosur, en Inde et en Australie.

Federico Bricolo a souligné le rôle de Vinitaly dans la promotion des vins italiens au niveau mondial, des acheteurs de 130 pays étant attendus à la prochaine édition à Vérone. Il a souligné que la biodiversité et le patrimoine culinaire uniques de l'Italie constituaient des atouts majeurs pour la promotion internationale. M. Bricolo a également appelé à un meilleur soutien réglementaire pour l'œnotourisme en Italie.

Andrea Cipolloni a décrit l'évolution rapide des habitudes alimentaires aux États-Unis depuis la pandémie. Les restaurants connaissent désormais un pic d'activité plus tôt dans la soirée, avec peu d'activité après 21 heures, ce qui oblige à adapter les menus et affecte les ventes de vin. Il a noté une tendance croissante des consommateurs américains à faire des choix soucieux de leur santé.

Raffaele Alajmo, fondateur et PDG du Gruppo Alajmo, a observé que les jeunes consommateurs sont plus attentifs aux produits biologiques et naturels, mais il a souligné l'importance de préserver l'expérience unique offerte par les restaurants italiens. Il a averti que de nombreux établissements familiaux traditionnels risquent de ne pas survivre s'ils ne s'adaptent pas à de nouveaux modèles d'entreprise ou s'ils ne rejoignent pas des groupes plus importants.

Les discussions qui ont eu lieu à la Masseria Li Reni reflètent un consensus selon lequel le secteur vitivinicole italien doit trouver un équilibre entre la tradition et l'innovation. Réduire la production lorsque c'est nécessaire, investir dans la qualité plutôt que dans la quantité, promouvoir une consommation responsable liée à la culture alimentaire et explorer de nouveaux marchés sont considérés comme des étapes essentielles pour assurer la vitalité future du vin italien, tant dans le pays qu'à l'étranger.

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