18-11-2024

La nomination de Robert F. Kennedy Jr. au poste de secrétaire à la santé dans le cabinet de Donald Trump pourrait avoir des conséquences importantes pour l'industrie viticole américaine. Cette évolution intervient à un moment critique, alors que les producteurs de vin sont aux prises avec une menace directe liée aux directives alimentaires proposées par l'administration Biden, qui visent à réduire la consommation d'alcool.
Depuis 1980, le gouvernement américain publie des directives diététiques qui incluent des recommandations sur la consommation d'alcool, bien qu'à la marge. Cependant, l'administration Biden est allée plus loin en confiant la question au Comité de coordination interagences sur la prévention de la consommation d'alcool chez les mineurs (ICCPUD), une organisation clairement axée sur la minimisation et la prévention de la consommation d'alcool. Cette décision a suscité la controverse et l'inquiétude du secteur vitivinicole. La principale préoccupation concerne les nouvelles directives potentielles qui pourraient qualifier même un seul verre de vin par jour de nocif, une perspective qui pourrait avoir un impact sévère sur l'industrie à un moment où les ventes ont déjà été confrontées à des difficultés.
Robert F. Kennedy Jr, un activiste au franc-parler qui a toujours eu des positions controversées, représente un paradoxe pour ce secteur. D'une part, Kennedy est un ancien alcoolique, ce dont il parle ouvertement. Il a perdu son frère David à la suite d'une overdose et assiste fréquemment à des réunions des Alcooliques Anonymes, suggérant même qu'il pourrait organiser de telles réunions à la Maison Blanche. Ses déclarations soulignent sa méfiance à l'égard de toute substance susceptible de devenir une béquille émotionnelle, et son point de vue sur l'alcool est profondément personnel et critique.
Cependant, l'approche de Kennedy en matière de santé publique n'est pas non plus conventionnelle. Il a défendu des politiques telles que la légalisation du lait cru et l'élimination du fluor de l'eau potable, arguant que ces mesures pourraient améliorer la santé des Américains. Ce point de vue dérangeant pourrait, contre toute attente, soulager les producteurs de vin. Malgré sa position personnelle sur l'alcool, M. Kennedy pourrait remettre en question la base scientifique et l'efficacité réelle des lignes directrices en matière d'alimentation, que certains critiques considèrent comme des échecs. Selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), le taux d'obésité chez les adultes aux États-Unis a plus que doublé depuis l'introduction de ces directives, atteignant aujourd'hui 42 % chez les femmes adultes et 34 % chez les hommes.
L'utilisation par le gouvernement de ces lignes directrices pour soutenir les politiques de nutrition dans les écoles est depuis longtemps un sujet de discorde sur lequel l'industrie alimentaire exerce une influence. Cette influence est évidente depuis que l'administration Reagan a classé le ketchup comme légume pour satisfaire aux normes nutritionnelles et dans la manière dont les grandes entreprises alimentaires ont manipulé les règles. Les écoles qui ont réussi à proposer des repas plus sains l'ont souvent fait en dehors du cadre des directives fédérales, en s'inspirant des efforts déployés par les communautés et de modèles tels que celui défendu par Alice Waters.
Par ailleurs, la nomination de M. Kennedy a suscité des débats au sein de l'ensemble du spectre politique. Les défenseurs de la science critiquent son activisme anti-vaccins, tandis que les conservateurs s'inquiètent de son soutien au droit à l'avortement. En revanche, rares sont ceux qui remettent en cause son engagement en faveur de la santé publique, une cause qu'il décrit comme fondamentale pour sa mission.
Si M. Kennedy prend la barre, l'avenir des lignes directrices en matière d'alimentation pourrait évoluer de manière imprévisible. Certains analystes pensent qu'il pourrait réussir là où d'autres n'ont pas réussi : démanteler des politiques gouvernementales qui, selon les critiques, n'ont pas atteint les résultats escomptés en matière de santé. Un représentant du gouvernement a qualifié ces directives d'"échec de 45 ans en matière de santé publique", ce qui a suscité des questions sur le fait qu'elles ont fait plus de mal que de bien.
La nomination de M. Kennedy met également en lumière l'instabilité politique actuelle. Le président Biden, abstinent, est favorable à une réglementation plus stricte de l'alcool. Cependant, Trump, qui s'abstient également de boire, pourrait permettre à M. Kennedy d'influencer la réglementation d'une manière qui pourrait, paradoxalement, bénéficier à l'industrie du vin. Cette situation s'inscrit dans le contexte des récentes élections et des changements d'alliances qui ont modifié la dynamique du pouvoir à Washington.
La confirmation de Kennedy reste incertaine, mais les observateurs politiques notent le rôle central qu'il a joué en abandonnant sa campagne présidentielle indépendante pour soutenir Trump, une décision qui a peut-être aidé ce dernier à remporter une courte victoire. Ce soutien pourrait donner à M. Kennedy l'influence dont il a besoin pour obtenir le poste qu'il convoite depuis longtemps.
Pour l'instant, l'incertitude règne. Le sort des directives sur la consommation d'alcool dépend de la direction que prendra le nouveau gouvernement en matière de santé. Entre-temps, l'industrie du vin attend, espérant que les changements de réglementation serviront ses intérêts et empêcheront les mesures qu'elle considère comme néfastes pour son activité.
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