Les exportations de vin espagnol ont perdu 179,5 millions d’euros sur les 12 mois clos en juillet 2026.
La baisse de la demande aux États-Unis, en Allemagne et en France a fait reculer les volumes de 9,5 %, malgré la hausse des prix moyens.
vendredi 25 septembre 2026
Les exportations de vin espagnol ont nettement reculé sur les 12 mois clos en juillet 2026, avec une perte de 179,5 millions d’euros de ventes, la faiblesse de la demande sur plusieurs grands marchés ayant éclipsé la hausse des prix moyens, selon une analyse publiée cette semaine par l’Organisation interprofessionnelle du vin d’Espagne, ou OIVE, à partir des données fiscales de l’agence fiscale d’État espagnole, l’AEAT.
Les caves espagnoles ont exporté pour 2,79 milliards d’euros de vin entre août 2025 et juillet 2026, soit une baisse de 6,1 % par rapport aux 12 mois précédents. Les volumes exportés ont reculé encore davantage, de 9,5 % à 1,74 milliard de litres. Le prix moyen à l’export a progressé de 3,8 %, de 1,54 à 1,60 € par litre, mais cette hausse n’a pas suffi à compenser la baisse des quantités vendues à l’étranger.
Les chiffres couvrent deux périodes complètes de 12 mois, d’août 2024 à juillet 2025 et d’août 2025 à juillet 2026. La dernière période correspond aussi au solde de la campagne vitivinicole 2025/2026 en Espagne.
Le repli laisse les exportations de vin espagnol nettement en dessous de leurs récents pics. La série annuelle glissante de l’OIVE montre que le volume actuel se situe à environ 653 millions de litres sous le record de 2,40 milliards de litres, soit un écart d’environ 27 %. En valeur, le total actuel est proche de 300 millions d’euros sous le pic de 3,09 milliards d’euros, soit environ 9,7 % de moins. L’écart est bien plus important en volume qu’en recettes, ce qui traduit des prix plus fermes malgré l’affaiblissement des expéditions.
Les exportations de vin conditionné et de vin en vrac ont toutes deux reculé, même si l’impact a été différent selon les segments. Le vin conditionné, une catégorie qui comprend les vins effervescents, les vins tranquilles, les vins fortifiés, les vins semi-effervescents et le bag-in-box, a généré 2,27 milliards d’euros, en baisse de 6,4 %, pour des exportations de 787,9 millions de litres, en baisse de 6,5 %. Son prix moyen est resté quasiment inchangé à 2,88 € par litre, en hausse de 0,1 %. Le vin tranquille en vrac a rapporté 516,1 millions d’euros, en baisse de 4,5 %, tandis que les volumes ont chuté de 11,8 % à 956,7 millions de litres. Son prix moyen a progressé de 8,3 % à 0,54 € par litre.
Au vu de ces totaux, le vin en vrac a représenté environ 70 % de la baisse nette des volumes exportés, tandis que le vin conditionné a compté pour près de 87 % du recul des recettes d’exportation. Le vrac continue de représenter plus de la moitié des litres vendus à l’étranger, mais le vin conditionné génère toujours plus des quatre cinquièmes des revenus à l’export du vin espagnol.
Le vin tranquille en bouteille est resté la première catégorie, avec 1,62 milliard d’euros de recettes, en baisse de 6,1 %, et 547,3 millions de litres de volume, en baisse de 7,1 %. Au sein de ce segment, les vins en bouteille sous appellation d’origine protégée, ou AOP, ont conservé le plus grand poids économique, avec 1,14 milliard d’euros de ventes. Mais cela représente une baisse de 7,9 %, tandis que les volumes ont reculé de 10,1 % à 214,1 millions de litres. La seule perte de recettes dans cette catégorie a atteint 97,6 millions d’euros, soit plus de la moitié du recul net de l’ensemble des exportations de vin espagnol.
Le prix moyen à l’export des vins AOP en bouteille a augmenté de 2,5 % à 5,31 € par litre, son niveau le plus élevé dans la série historique. Ce gain s’est accompagné d’un recul continu des volumes depuis 2022 et d’une baisse des recettes amorcée en 2025. Par couleur, les vins AOP blancs ont généré 252,6 millions d’euros, en baisse de 4,2 %, tandis que les vins AOP rouges et rosés ont totalisé 884 millions d’euros, en baisse de 8,9 %. Les vins AOP blancs ont perdu 11,3 % en volume, contre une baisse de 9,7 % pour les rouges et rosés.
La baisse a été plus marquée pour les vins en bouteille sous indication géographique protégée, ou IGP. Ce segment a reculé de 14,6 % en valeur à 108,2 millions d’euros et de 15,8 % en volume à 90,1 millions de litres. À l’inverse, les vins en bouteille sans AOP, IGP ni indication variétale ont réussi à maintenir leurs recettes, en hausse de 0,9 % à 208,8 millions d’euros, même si les volumes ont diminué de 2,7 % à 150,7 millions de litres. Leur prix moyen a augmenté de 3,7 % à 1,39 € par litre.
Les vins de cépage en bouteille ont été l’un des rares points positifs du commerce du vin tranquille. Leur valeur export a progressé de 5,7 % à 167 millions d’euros et les volumes ont augmenté de 3,7 % à 92,4 millions de litres. Les vins blancs de cépage ont tiré cette croissance, avec une hausse de 14,7 % en valeur à 77 millions d’euros et de 5,5 % en volume à 40,9 millions de litres. Les rouges et rosés de cépage ont rapporté 90 millions d’euros, en baisse de 1 %, même si les litres vendus ont augmenté de 2,4 %.
Les vins effervescents ont également faibli. Les exportations ont totalisé 481,4 millions d’euros, en baisse de 8,3 %, tandis que les volumes ont reculé de 9,7 % à 140,7 millions de litres. Le prix moyen a progressé de 1,5 % à 3,42 € par litre. Les recettes de la catégorie restent très éloignées du pic annuel glissant de 542 millions d’euros atteint en 2024 après la reprise amorcée en 2021, et l’OIVE a indiqué que la tendance baissière des recettes avait repris depuis 2025.
Le cava a représenté l’essentiel des exportations de vins effervescents, mais il a enregistré un recul plus marqué que le reste du segment. Les recettes ont chuté de 10,2 % à 344,8 millions d’euros et les volumes de 11,2 % à 93 millions de litres. Les autres vins effervescents ont mieux résisté, sans toutefois échapper au recul, avec une baisse de 3,4 % en valeur à 136,6 millions d’euros et de 6,5 % en volume à 47,7 millions de litres. Les vins fortifiés ont reculé de 12,1 % en valeur à 50,2 millions d’euros et de 12,7 % en volume à 9,8 millions de litres. Les vins semi-effervescents ont perdu 16 % en valeur à 27,2 millions d’euros et 11,4 % en volume à 16,6 millions de litres.
La principale exception à ce recul général a été le vin exporté en contenants de plus de deux litres et jusqu’à 10 litres, principalement du bag-in-box. Ce format a atteint des niveaux record, à 91,2 millions d’euros, en hausse de 6,7 %, et 73,5 millions de litres, en hausse de 8,4 %. Le prix moyen a reculé de 1,6 % à 1,24 € par litre. La croissance a été portée surtout par les vins de cépage, en hausse de 21,1 % en valeur à 35,8 millions d’euros et de 23,6 % en volume à 31,8 millions de litres. Les vins sans indication ont ajouté 32,8 millions d’euros supplémentaires, en hausse de 7,2 %. Toutes les catégories n’ont pas participé à cette progression : les vins AOP en bag-in-box ont reculé de 16,5 % en valeur et de 20,2 % en volume, tandis que les vins IGP ont baissé respectivement de 5,3 % et 7,1 %.
Dans le vin en vrac, les vins sans indication sont restés dominants, avec 345 millions d’euros de ventes, en baisse de 4,7 %, et 647,8 millions de litres exportés, en baisse de 13,8 %. Les vins de cépage en vrac ont totalisé 161,1 millions d’euros, en baisse de 2,4 %, pour 299,4 millions de litres, en baisse de 6,6 %. Des prix moyens plus élevés, en hausse de 10,5 % et 4,4 %, ont limité l’impact sur les recettes dans ces segments, sans inverser le recul des expéditions. Les vins IGP en vrac ont chuté de 36 % en valeur à 5,2 millions d’euros et de 36,2 % en volume à 6,6 millions de litres. Les vins AOP en vrac ont reculé de 2,2 % en valeur à 4,8 millions d’euros et de 5,4 % en volume à 2,9 millions de litres.
L’Allemagne est restée le premier marché des exportations de vin espagnol sur la période de 12 mois, avec 327,1 millions d’euros d’achats, en baisse de 7,8 %, et 370 millions de litres, en baisse de 10,2 %. Elle a représenté 11,7 % du total des recettes à l’export et 21,2 % du volume total. Le Royaume-Uni a pris la deuxième place en valeur, avec 304,2 millions d’euros, en baisse de 2,8 %, même si les volumes ont légèrement progressé de 0,2 % à 121 millions de litres.
Les États-Unis, troisième marché de l’Espagne en valeur, ont enregistré l’un des plus forts reculs. Les achats ont chuté de 16 % à 270,1 millions d’euros, tandis que les volumes ont baissé de 13,6 % à 58,8 millions de litres. Cela représente une perte de 51,5 millions d’euros par rapport à la période précédente, soit environ 29 % du recul net total des recettes des exportations de vin espagnol. Le prix moyen sur le marché américain a également reculé de 2,8 % à 4,59 € par litre, ajoutant à l’effet des moindres volumes vendus.
La France a importé 214,2 millions d’euros de vin espagnol, en baisse de 10,6 %, et 316,2 millions de litres, en baisse de 15,9 %. L’Italie a enregistré un repli encore plus marqué, avec une baisse de 34,3 % en valeur à 44,9 millions d’euros et de 42,3 % en volume à 72,8 millions de litres. Au total, les reculs en France, en Italie et en Allemagne ont représenté 154,9 millions de litres, soit près de 85 % de la baisse nette du volume global exporté par l’Espagne. Les chiffres de l’OIVE montrent que la faiblesse de ces trois acheteurs a été déterminante dans l’ampleur de l’ajustement des exportations.
La concentration a été particulièrement forte dans le vin en vrac. L’Allemagne a acheté 285,1 millions de litres et la France 260,2 millions de litres, soit ensemble environ 57 % de toutes les exportations espagnoles de vin en vrac en volume. La Côte d’Ivoire a acheté 83,2 millions de litres et le Portugal 81,7 millions de litres. En valeur, ces quatre destinations ont généré respectivement 143,3 millions d’euros, 131 millions d’euros, 48,6 millions d’euros et 45,5 millions d’euros.
Parmi les autres grands marchés, les Pays-Bas ont importé 164,8 millions d’euros, en baisse de 0,4 % ; la Suisse a acheté 144 millions d’euros, en hausse de 0,3 % ; la Belgique a importé 116,2 millions d’euros, en baisse de 1,5 % ; et le Canada a acheté 109,1 millions d’euros, en baisse de 12,7 %. Le Japon a atteint 94,8 millions d’euros, en hausse de 1,3 %, et le Portugal 86,5 millions d’euros, en hausse de 3,2 %. Ces 10 premiers marchés ont représenté ensemble 65,7 % de la valeur des exportations de vin espagnol. La Suède a reculé de 6,2 % à 85,7 millions d’euros, le Mexique de 9,9 % à 81,5 millions d’euros et la Chine de 22,4 % à 27,4 millions d’euros.
Les écarts de prix ont également influé sur les résultats. La Suisse a payé en moyenne 6,78 € par litre, en hausse de 7,4 %, ce qui a permis aux recettes à l’export d’y progresser légèrement malgré une baisse des volumes de 6,7 %. Le Portugal a affiché un schéma similaire, avec une hausse de la valeur alors que les litres vendus reculaient de 2,8 %. Le Japon a enregistré des gains à la fois en valeur et en volume, les expéditions progressant de 5,1 % à 43,8 millions de litres.
Quelques marchés plus modestes ont enregistré une croissance plus forte. La Côte d’Ivoire a importé 53,4 millions d’euros de vin espagnol, en hausse de 27,1 %, et 86 millions de litres, en hausse de 7,2 %. La Corée du Sud a progressé de 7,4 % en valeur à 24,8 millions d’euros et de 20,7 % en volume à 12,6 millions de litres. Le Maroc a augmenté ses achats de 19,8 % en volume à 36,7 millions de litres. Ces gains n’ont pas suffi à compenser le recul des plus grands débouchés espagnols.
Le repli apparaît aussi dans les chiffres cumulés depuis le début de l’année. De janvier à juillet 2026, les exportations de vin espagnol ont totalisé 1,60 milliard d’euros, en baisse de 6,6 % par rapport à la même période de 2025, tandis que les volumes ont reculé de 13,9 % à 1,01 milliard de litres. Les pertes sur ces sept mois se sont élevées à 113 millions d’euros et 163 millions de litres. Le prix moyen a augmenté de 8,5 % à 1,58 € par litre. L’OIVE a indiqué que le volume exporté sur ces sept mois était le plus faible de la série 2019-2026, tandis que les recettes étaient inférieures aux niveaux enregistrés de 2021 à 2025.
Le vin conditionné a apporté 1,29 milliard d’euros au cours des sept premiers mois de 2026, en baisse de 5,5 %, pour 445 millions de litres, en baisse de 7,6 %. Le vin en vrac a reculé de 10,8 % en valeur à 310,7 millions d’euros et de 18,3 % en volume à 563,9 millions de litres. Les vins de cépage en bouteille ont continué de progresser sur cette période, avec une hausse de 9,7 % en valeur et de 2 % en volume, tandis que le bag-in-box avançait de 6,9 % et 7,7 %, respectivement.
Les vins blancs de cépage en bouteille se sont distingués au début de 2026, avec 47,9 millions d’euros, en hausse de 21,2 %, et 24,2 millions de litres, en hausse de 6 %. En bag-in-box, la France a augmenté ses achats de 35,8 % en valeur et de 40,3 % en volume, à 9 millions d’euros et 8,3 millions de litres. Le Royaume-Uni a presque doublé ses dépenses sur ce format, avec une hausse de 96 %.
Les flux commerciaux ont aussi évolué de janvier à juillet. Le Royaume-Uni a dépassé les États-Unis comme premier marché en valeur pour le vin conditionné non effervescent, avec 127,7 millions d’euros contre 123,9 millions d’euros. Dans le vin en vrac, le Portugal a gagné du terrain avec des achats de 29,9 millions d’euros, en hausse de 19,4 %, et 53,2 millions de litres, en hausse de 10,1 %, tandis que la France a réduit ses achats de vin espagnol en vrac de 51,4 millions de litres.
Si l’on ajoute les moûts, les vins aromatisés et les vinaigres à la balance commerciale annuelle, la valeur totale des exportations atteint 3,27 milliards d’euros, en baisse de 7,2 %. Les exportations de moûts ont reculé de 16 % en valeur à 339,6 millions d’euros et de 24,4 % en quantité à 497 millions de kilogrammes. Les vins aromatisés ont généré 79 millions d’euros, en baisse de 10 %, et les vinaigres ont rapporté 69 millions d’euros, en baisse de 0,4 %.