L'accord commercial UE-Mercosur pourrait ouvrir un marché de 220 millions de consommateurs aux producteurs européens de vin et de produits laitiers

18-11-2025

L'opposition française persiste alors que Bruxelles vante les gains à l'exportation et les nouvelles garanties pour l'agriculture dans un accord longuement débattu

Le commissaire européen à l'agriculture, Christophe Hansen, a souligné lundi les opportunités que l'accord commercial avec le Mercosur pourrait apporter à des secteurs tels que la production de vin en France. La France a été l'un des principaux opposants au pacte, que l'Union européenne espère ratifier avant la fin de l'année.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à Bruxelles, M. Hansen a souligné que l'accord ouvrait de nouveaux marchés aux producteurs européens. Il a rappelé sa récente visite au Brésil, où il a rencontré près de 80 producteurs agroalimentaires européens, dont beaucoup étaient français et représentaient les secteurs des produits laitiers, du vin et des spiritueux. M. Hansen a souligné que le Brésil représente à lui seul un marché potentiel de 220 millions de consommateurs, avec une population croissante et un pouvoir d'achat en hausse.

M. Hansen a invité les parties prenantes à garder ces opportunités à l'esprit alors que les négociations sur l'accord commercial avec les pays du Mercosur - l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay - progressent. L'UE peut ratifier l'accord sans l'approbation unanime de tous les États membres, ce qui pourrait aider à surmonter la résistance de pays comme la France.

L'une des principales préoccupations de certains pays européens concerne les "clauses miroirs", qui obligeraient les importations de produits agricoles en provenance de pays tiers à respecter les mêmes normes phytosanitaires que celles appliquées au sein de l'UE. M. Hansen a déclaré que les prochaines mesures de simplification de la sécurité alimentaire de la Commission européenne incluront des éléments répondant à ces préoccupations. Selon lui, il est incohérent que l'UE interdise certains produits phytopharmaceutiques sur son territoire tout en autorisant les importations produites avec ces mêmes substances.

Malgré les débats en cours sur la sécurité alimentaire et les normes environnementales, M. Hansen a insisté sur le fait que l'accord UE-Mercosur stimulerait les exportations européennes et inclurait des sauvegardes pour protéger les producteurs nationaux. Il a indiqué qu'une clause de sauvegarde était en cours d'élaboration afin de résoudre les problèmes potentiels liés à l'augmentation des importations.

L'accord commercial entre l'UE et le Mercosur est en cours de négociation depuis des années et a fait l'objet de critiques de la part de divers secteurs en Europe, en particulier en France. Les opposants estiment qu'il pourrait nuire aux agriculteurs locaux en les exposant à la concurrence de pays où les coûts de production sont moins élevés et où les normes réglementaires sont différentes. Ses partisans, dont M. Hansen, estiment qu'il créera de nouvelles opportunités d'exportation pour les produits européens de grande valeur, tels que le vin et les spiritueux.

La décision finale sur la ratification est attendue avant la fin de l'année. Le résultat aura des conséquences importantes pour l'agriculture européenne et les relations commerciales avec l'Amérique du Sud.