L’équipe commerciale américaine se rend en Inde pour des discussions sur un accord

Les négociateurs tenteront de finaliser un accord intérimaire tandis que les deux pays règlent leurs différends sur les droits de douane, l’accès au marché et d’autres points sensibles.

28-05-2026

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Une équipe commerciale américaine se rendra en Inde du 1er au 4 juin afin d’examiner les derniers détails d’un accord commercial intérimaire et de maintenir l’avancée des négociations plus larges sur un accord commercial bilatéral, a indiqué mercredi le ministère indien du Commerce.

La délégation sera conduite par Brendan Lynch, principal négociateur américain, selon le ministère. Les responsables des deux pays devraient se concentrer sur l’accès au marché, les barrières non tarifaires, les procédures douanières, la facilitation des échanges, la promotion des investissements et l’alignement en matière de sécurité économique.

Ces discussions interviennent après la publication, le 7 février, d’une déclaration commune par l’Inde et les États-Unis, qui définissait le cadre de la première phase d’un accord commercial bilatéral. Depuis lors, les négociateurs travaillent sur le texte juridique de l’accord et sur la manière de l’ajuster pour tenir compte des évolutions de l’environnement tarifaire à Washington.

Dans le cadre évoqué plus tôt cette année, l’Inde avait proposé de supprimer ou de réduire les droits de douane sur un large éventail de produits industriels américains ainsi que sur des produits alimentaires et agricoles, notamment les drêches de distillerie séchées, le sorgho rouge destiné à l’alimentation animale, les fruits à coque, les fruits frais et transformés, l’huile de soja, le vin et les spiritueux. Le paquet comprenait aussi des plans de New Delhi visant à accroître sur cinq ans ses achats de produits énergétiques américains, d’avions et de pièces aéronautiques, de métaux précieux, de produits technologiques et de charbon à coke.

La réunion de juin est suivie de près par les exportateurs de vin et de spiritueux, car des changements tarifaires pourraient avoir une incidence sur les prix et l’accès à l’un des marchés de consommation connaissant la croissance la plus rapide au monde. Toute baisse des droits serait importante pour les producteurs américains qui cherchent à gagner des parts dans le segment haut de gamme des boissons en Inde, où la fiscalité et les coûts d’importation limitent depuis longtemps les ventes.

Les négociations ont avancé de manière inégale cette année à mesure que la politique commerciale évoluait aux États-Unis. Une réunion prévue en février entre les principaux négociateurs a été reportée après des changements dans la politique tarifaire américaine. Les deux parties se sont ensuite retrouvées à Washington le mois dernier, lorsque l’équipe indienne de négociation, conduite par Darpan Jain, s’est rendue sur place du 20 au 23 avril.

Le ministère a indiqué que les deux parties souhaitent désormais finaliser l’accord intérimaire tout en poursuivant leurs travaux sur l’accord commercial bilatéral plus large. Cet accord plus vaste doit couvrir un ensemble plus large de questions commerciales au-delà des seuls droits de douane.

Le calendrier est important car le paysage tarifaire américain a changé depuis l’annonce du cadre initial. En février, la Cour suprême des États-Unis s’est prononcée contre les vastes droits réciproques imposés par Donald Trump au titre de l’International Emergency Economic Powers Act. À la suite de cette décision, Trump a annoncé un droit de douane de 10 % sur tous les pays pendant 150 jours à compter du 24 février.

L’Inde a également fait l’objet d’un examen distinct à Washington. En mars, le Bureau du représentant américain au commerce a lancé deux enquêtes au titre de la section 301 du Trade Act of 1974 concernant plusieurs pays, dont l’Inde, au sujet des capacités excédentaires et d’allégations liées au travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. L’Inde a rejeté ces accusations et demandé que ces enquêtes ne soient ouvertes qu’avec une base factuelle plus solide.

De récents signaux venus des responsables américains témoignent d’un certain optimisme quant à la conclusion d’un accord dans les prochains mois. Sergio Gor, ambassadeur des États-Unis en Inde, a déclaré que Washington restait confiant dans une conclusion prochaine du projet d’accord commercial bilatéral.

Ces discussions interviennent alors que les échanges entre les deux pays restent importants mais déséquilibrés. Les États-Unis étaient le deuxième partenaire commercial de l’Inde en 2025-26. Les exportations indiennes vers les États-Unis ont progressé de 0,92 % pour atteindre 87,3 milliards de dollars au cours du dernier exercice fiscal, tandis que les importations en provenance des États-Unis ont augmenté de 15,95 % à 52,9 milliards de dollars. L’excédent commercial indien vis-à-vis des États-Unis s’est réduit à 34,4 milliards de dollars contre 40,89 milliards un an plus tôt.

La visite prévue en juin fait également suite à une récente volonté des deux gouvernements d’approfondir leur coopération sur les minéraux critiques, un domaine devenu plus urgent alors que la Chine renforce ses contrôles à l’exportation sur les terres rares et d’autres matières stratégiques utilisées dans les chaînes d’approvisionnement technologiques.

Pour les entreprises du secteur des boissons qui suivent le marché indien, ce nouveau cycle de discussions pourrait aider à déterminer si le vin et les spiritueux resteront des importations lourdement taxées ou s’ils entreront dans une ouverture plus large entre deux grandes économies qui cherchent encore à fixer leurs conditions commerciales.

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