15-04-2026

La vallée de Champlain, dans le Vermont, est en passe de devenir une région viticole reconnue au niveau fédéral, une évolution qui, selon des propriétaires de vignobles et des responsables agricoles de l’État, pourrait aider la petite mais dynamique filière viticole locale à s’appuyer sur des bases plus solides.
Le Bureau of Alcohol and Tobacco Tax and Trade du gouvernement américain a proposé de désigner la « Champlain Valley of Vermont » comme American viticultural area, ou AVA, une classification fédérale utilisée pour définir des régions de culture de la vigne présentant des caractéristiques géographiques et climatiques distinctes. Si elle est approuvée, cette désignation permettrait aux domaines d’identifier la région sur leurs étiquettes et exigerait que la quasi-totalité des raisins utilisés dans les vins portant ce nom provienne de l’intérieur de ses frontières.
L’AVA proposée couvre un vaste territoire de l’ouest du Vermont, entre le lac Champlain et les Green Mountains, du comté de Rutland jusqu’à la frontière canadienne. Pour les producteurs qui s’efforcent depuis des années de bâtir une réputation dans un État davantage connu pour sa bière artisanale, cette reconnaissance offrirait à la fois un atout marketing et une validation officielle de ce qu’ils disent distinguer la région.
« Cela nous donne de la crédibilité », a déclaré Kenneth Albert, fondateur de Shelburne Vineyard et ancien président du Vermont Grape and Wine Council. Kenneth Albert a déposé la demande de reconnaissance en 2022. Son domaine, fondé en 1998, figurait parmi les premières exploitations commerciales de culture du raisin du Vermont. « Nous allons enfin être respectés », a-t-il ajouté.
L’industrie viticole du Vermont reste modeste par rapport à celles des grands États de la côte Est, mais elle n’a cessé de se développer. Une étude de l’Université du Vermont publiée en 2018 décrivait la vinification comme un « secteur de croissance unique » dans l’économie agricole de l’État. Selon les autorités locales, cette croissance tient non seulement à la production, mais aussi au tourisme, les visiteurs étant de plus en plus nombreux à rechercher des salles de dégustation, des visites de vignobles et des expériences à la ferme.
Kristen Carrese, qui supervise le marketing et les exportations au sein du Vermont Agency of Agriculture, Food and Markets, a estimé que cette désignation pourrait renforcer cette tendance en donnant aux voyageurs et aux consommateurs une perception plus claire du lieu.
« La désignation AVA est une occasion enthousiasmante de définir la vallée de Champlain comme une région viticole distincte, façonnée par notre climat, nos sols et notre géographie spécifiques », a-t-elle déclaré.
L’argument en faveur d’une reconnaissance repose largement sur la géographie et la météo. La vallée de Champlain se situe dans l’une des zones agricoles les plus douces du Vermont, car le lac Champlain contribue à modérer les températures et à prolonger la saison de croissance par rapport au reste de l’État. Un atout important dans un endroit où le froid hivernal peut être suffisamment intense pour endommager les vignes.
À Shelburne Vineyard, les producteurs ont eu recours à des cépages hybrides issus de variétés européennes et nord-américaines capables de résister à des températures allant jusqu’à 20 degrés Fahrenheit sous zéro. Ces raisins font partie des facteurs qui ont permis à la vinification de s’implanter dans le Vermont malgré des conditions qui restent difficiles pour les cépages traditionnels.
Kendra Knapik, cofondatrice d’Ellison Estate Vineyard à Grand Isle et récemment présidente du Grape and Wine Council, a indiqué que le réchauffement des températures avait rendu possible la culture d’un plus grand nombre de cépages qu’auparavant. Mais elle a ajouté que cette tendance s’accompagne aussi de risques, notamment une multiplication des épisodes météorologiques extrêmes susceptibles de menacer les récoltes.
« Dans le vin, il existe ce concept qu’on appelle le terroir », a expliqué Knapik, en utilisant le terme du secteur pour décrire la manière dont le climat, le sol et l’altitude façonnent les raisins. « On goûte un lieu. »
Cette idée est au cœur de la proposition fédérale. Ses partisans soutiennent que la vallée de Champlain présente suffisamment d’homogénéité climatique et paysagère pour mériter sa propre appellation, offrant ainsi aux domaines un moyen d’indiquer aux consommateurs où leurs raisins ont été cultivés et ce qui distingue ces fruits de ceux produits ailleurs.
Albert a estimé qu’une telle souplesse d’étiquetage pourrait aider les domaines à nouer un lien plus direct avec des clients en quête de produits locaux dotés d’une origine clairement identifiée. Il espère aussi que cette reconnaissance fédérale encouragera des démarches similaires dans d’autres régions du Vermont.
David Keck, sommelier et propriétaire de Stella14 Wines à Jeffersonville, a déclaré voir dans cette proposition une étape importante pour sensibiliser le public, même si elle ne résout pas tous les problèmes auxquels l’industrie est confrontée.
« Je pense que c’est une bonne reconnaissance pour la région », a-t-il dit. Il a ajouté que le vin du Vermont était « bien positionné actuellement pour connaître une forte croissance », tout en soulignant que le secteur manque encore d’investissements à grande échelle.
Le projet de règle est ouvert à consultation publique jusqu’au 26 mai ; ensuite, les responsables fédéraux décideront s’ils finalisent ou non cette désignation.
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