La France prévoit 130 millions d'euros pour l'arrachage des vignes, soit jusqu'à 32 500 hectares, dans un contexte de crise du secteur vitivinicole

L'incertitude politique et l'approbation de l'UE menacent l'aide d'urgence aux viticulteurs alors que le gouvernement doit faire face à des votes parlementaires clés la semaine prochaine

13-01-2026

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Le gouvernement français s'apprête à lancer un vaste plan d'arrachage de vignes d'un montant de 130 millions d'euros, afin de répondre à la crise actuelle du secteur vitivinicole du pays. L'annonce a été faite par Annie Genevard, ministre de l'agriculture, lors d'une conférence de presse à Paris le vendredi 9 janvier. Le plan devrait débuter mercredi prochain, dans l'attente de développements politiques susceptibles d'affecter la stabilité du gouvernement.

Cette initiative fait partie d'un ensemble plus large de mesures d'un montant total de 300 millions d'euros, destinées à soutenir le secteur agricole. Ces mesures ont été présentées pour la première fois en novembre lors du salon Sitevi à Montpellier. Le plan pour la filière viticole comprend quatre actions principales : un nouveau programme d'arrachage des vignes pour mieux adapter la production à la demande du marché, une extension et un assouplissement des prêts de consolidation garantis par l'État, un allègement des charges sociales de 15 millions d'euros pour 2025 et 2026, et une demande de fonds de crise européens pour financer la distillation d'urgence des stocks de vin excédentaires.

La ministre Genevard a déclaré qu'elle attendait une réponse du commissaire européen à l'agriculture, Christophe Hansen, concernant la demande de 80 millions d'euros provenant des réserves de crise de l'UE pour soutenir l'effort de distillation. Cela permettrait de réduire les stocks de vin excédentaires qui se sont accumulés en raison de la baisse de la consommation et des difficultés d'exportation.

Le programme d'arrachage de vignes devrait être lancé lors de la réunion du conseil des vins de FranceAgriMer mercredi prochain. Avec un budget de 130 millions d'euros et une prime à l'arrachage fixée à 4 000 euros par hectare, jusqu'à 32 500 hectares de vignes pourraient être arrachés dans le cadre de ce plan. Des enquêtes récentes suggèrent qu'environ 35 000 hectares pourraient être éligibles ou intéressés à participer.

Si les demandes dépassent les fonds disponibles, la priorité sera donnée aux viticulteurs qui quittent complètement la profession et à ceux qui arrachent toutes leurs parcelles de vigne. Un critère secondaire favorisera les vignes plantées depuis plus de dix ans. Les décisions attendues le 14 janvier ont pour but d'apporter de la clarté aux viticulteurs qui doivent planifier la taille et les traitements pour le prochain millésime 2026.

La FNSEA, principal syndicat agricole français, a salué la réponse du gouvernement aux demandes des secteurs en crise, notamment la grande agriculture et la viticulture.

Cependant, deux conditions essentielles doivent être remplies avant que le plan d'arrachage des vignes puisse être mis en œuvre. Tout d'abord, la réglementation européenne doit être mise à jour pour permettre l'arrachage permanent des vignes ; ce changement est attendu avec la publication de la nouvelle réglementation européenne sur le vin en mars. Deuxièmement, la loi de finances 2026 de la France doit être adoptée par le Parlement pour garantir le financement nécessaire.

Amélie de Montchalin, ministre de l'action et des comptes publics, a souligné les enjeux politiques lors de la conférence de presse. Elle a rappelé que deux motions de censure doivent être débattues à l'Assemblée nationale le 14 janvier. Si le gouvernement tombe à la suite de ces votes, cela pourrait mettre en péril non seulement le plan d'arrachage des vignes, mais aussi une grande partie de l'ensemble des mesures de soutien à l'agriculture.

Mme de Montchalin a souligné que de nombreux aspects du plan de 300 millions d'euros dépendent de l'approbation d'un budget complet plutôt que de mesures temporaires. Elle a souligné que les députés représentant les régions agricoles seront confrontés à une décision cruciale : soutenir ou bloquer l'action du gouvernement sur les questions urgentes auxquelles sont confrontés les viticulteurs.

La crise actuelle de la viticulture française est devenue une question politique centrale alors que les législateurs évaluent leurs options avant les votes de mercredi. Le résultat déterminera si l'aide d'urgence aux milliers de producteurs de vin peut être mise en œuvre comme prévu ou si elle sera retardée dans un contexte d'incertitude politique.

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