Rioja achève ses vendanges les plus précoces jamais enregistrées, avec 333,77 millions de kilos de raisins

La chaleur persistante a accéléré la maturation et porté la récolte 48 % au-dessus de celle de l’an dernier, avec des raisins en bon état sanitaire.

mardi 6 octobre 2026

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Rioja achève ses vendanges les plus précoces jamais enregistrées, avec 333,77 millions de kilos de raisins

La région viticole espagnole de Rioja a achevé ses vendanges ordinaires 2026 après l’une des campagnes de récolte les plus précoces et les plus concentrées jamais enregistrées. Au total, 333,77 millions de kilos de raisins ont été récoltés, dans une campagne marquée par des températures élevées, une maturation rapide et de fortes attentes en matière de qualité.

Le total comprend 290,91 millions de kilos de cépages rouges et 42,86 millions de kilos de raisins blancs, selon les chiffres publiés par le conseil régulateur de l’appellation Rioja. Le volume est supérieur de 48 % à celui de la récolte de l’an dernier et dépasse les niveaux enregistrés en 2024 et 2025, tout en restant inférieur aux 382 millions de kilos récoltés en 2023.

La campagne a débuté le 6 août, avec les premières récoltes chez Viñedos de Aldeanueva et Bodegas Ilurce. Dès le départ, la saison s’est distinguée par son calendrier inhabituel. Rioja l’a qualifiée de vendange la plus précoce de l’histoire de l’appellation, les récoltes ayant été avancées de plusieurs semaines par rapport au calendrier habituel.

Cette avance s’explique principalement par la chaleur persistante, qui a contraint viticulteurs et domaines à suivre de près l’évolution des vignes. À mesure que les vendanges progressaient, la maturation s’est accélérée, en particulier au cours de la seconde moitié de la campagne. Le titre alcoométrique probable des raisins a rapidement augmenté, tandis que l’acidité totale et l’acide malique ont diminué et que le pH a progressé. Le poids des baies est resté stable ou a légèrement baissé dans les vignes les plus exposées à la chaleur et au stress hydrique.

Malgré ces contraintes, la région a indiqué que la maturité phénolique s’était améliorée vers la fin des vendanges. Elle joue un rôle important dans la couleur, le développement des tanins et la structure des vins rouges. Le rythme et le calendrier des vendanges ont fortement varié d’une parcelle à l’autre, en raison des différences d’altitude, d’exposition, de sols, de disponibilité en eau et de cépages. Les producteurs ont ainsi dû ajuster avec précision les dates de récolte pour équilibrer la maturité technologique, notamment les sucres et l’acidité, et la maturité phénolique.

L’un des principaux atouts de la campagne a été l’état sanitaire des raisins. Le conseil régulateur a indiqué que les contrôles des vignes dans toute l’appellation étaient restés favorables et que les raisins étaient généralement arrivés en bon état dans les domaines. L’absence de fortes pluies pendant une grande partie de la dernière phase a contribué à limiter la pression des maladies et permis aux viticulteurs d’achever les vendanges dans des conditions stables.

Pour les parcelles vendangées plus tardivement, le suivi a porté sur l’acidité, l’acide malique et le pH, ainsi que sur les effets de la chaleur et du stress hydrique. Cette vigilance s’est renforcée à mesure que la saison s’accélérait et que les viticulteurs cherchaient à préserver la fraîcheur tout en attendant que les pellicules et les pépins atteignent une maturité suffisante.

La rapidité de la maturation a également concentré les vendanges sur une période très courte. Rioja a indiqué que le volume de raisins récoltés était passé de 185,1 millions de kilos à la mi-septembre à 333,77 millions de kilos à la clôture des vendanges ordinaires, le 22 septembre. Le conseil a précisé que de petits volumes supplémentaires pourraient encore provenir de parcelles à maturation tardive, mais que la campagne ordinaire était considérée comme terminée.

Les vendanges 2026 se sont déroulées dans le cadre du « Balance Plan » de Rioja, un dispositif approuvé par le conseil régulateur avec le soutien de 97 % de la filière. Dans ce cadre, le rendement autorisé sous appellation a été fixé à 90 % pour les raisins rouges, soit 5 850 kilos par hectare, et à 100 % pour les raisins blancs, soit 9 000 kilos par hectare. Les taux d’extraction autorisés du moût ont été fixés à 69 % pour les rouges et à 70 % pour les blancs.

Le conseil a également indiqué que les contrôles avaient été renforcés grâce à un plan spécial de suivi viticole, qui a ajouté de nouvelles vérifications avant, pendant et après les vendanges et étoffé l’équipe chargée de superviser la campagne. Ces dernières années, Rioja a renforcé son attention au contrôle des rendements et au suivi des pratiques viticoles, afin d’équilibrer l’offre, de préserver la qualité et de s’adapter à des conditions météorologiques de plus en plus variables.

L’attention se déplace désormais des vignes vers les chais, où les fermentations permettront de mieux évaluer le comportement de cette récolte dans les vins finis. La question centrale est de savoir comment des raisins ayant rapidement accumulé des sucres, perdu de l’acidité et néanmoins atteint une maturité phénolique favorable se traduiront en matière de style et d’équilibre une fois les fermentations achevées.

Pour les vins rouges, les producteurs suivront de près l’équilibre entre alcool, acidité, extraction et maturité phénolique. Pour les blancs, la priorité sera de préserver fraîcheur et tension malgré les conditions chaudes qui ont marqué la saison. Les premières observations laissent entrevoir un fort potentiel qualitatif, mais Rioja a indiqué que l’évaluation définitive du millésime dépendrait de l’évolution des vins pendant la fermentation et au cours des mois suivants.

Les chiffres et les données techniques décrivent une saison plus abondante que les deux années précédentes, mais toujours marquée par le même phénomène qui caractérise aujourd’hui de nombreuses régions viticoles européennes : la chaleur survient plus tôt et accélère la maturation des raisins. À Rioja, cela s’est traduit par une campagne intense, avec peu de marge pour retarder les récoltes, et des décisions à prendre rapidement, souvent parcelle par parcelle.

La région aborde néanmoins la prochaine étape du millésime avec une récolte plus abondante, des raisins sains et un optimisme prudent. Le jugement définitif sur 2026 sera rendu plus tard, une fois les fermentations achevées et lorsque les vins commenceront à révéler si la rapidité et les contraintes de la saison peuvent se traduire par de la qualité en bouteille.

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