Budget 2027 : un suramortissement fiscal de 40 % pour les investissements agricoles

Prévu pour trois ans, le suramortissement fiscal s’ajouterait aux crédits d’impôt maintenus et aux allègements de cotisations pour les saisonniers.

lundi 5 octobre 2026

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Le ministère de l’Agriculture a annoncé lundi que le projet de budget 2027 du gouvernement inclurait un nouveau suramortissement fiscal de 40 % pour les bâtiments et les équipements agricoles, tout en maintenant plusieurs crédits d’impôt existants et un large dispositif d’allègement des cotisations patronales pour la main-d’œuvre agricole saisonnière.

Le ministère a dévoilé ces mesures alors que les parlementaires commencent à examiner le projet de budget 2027 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui lui est associé. Elles s’inscrivent dans un ensemble plus vaste que le gouvernement présente comme un moyen de soutenir l’investissement, la transmission des exploitations et les embauches, après un été 2026 difficile qui a durement touché de nombreuses exploitations agricoles.

Selon le ministère, le budget consacré à l’agriculture et à l’alimentation dans le projet de loi de finances 2027 s’élève à 4 milliards d’euros. Ce montant atteint 6 milliards d’euros en incluant les crédits destinés à l’enseignement agricole et à l’enseignement supérieur. Le ministère a également évoqué 9,4 milliards d’euros d’aides de la politique agricole commune de l’Union européenne et 9 milliards d’euros de mesures sociales et fiscales, portant selon lui le soutien public global à l’agriculture à près de 25 milliards d’euros.

Le gouvernement avait présenté le projet de loi de finances 2027 au Conseil des ministres le 1er octobre. Les syndicats agricoles ont déjà jugé le budget insuffisant, estimant que le secteur a besoin d’un soutien accru après les dégâts liés aux conditions météorologiques et les autres pressions qui pèsent sur les revenus agricoles. Dans son communiqué publié lundi, le ministère a indiqué qu’un plan d’urgence contre la sécheresse, doté de plus d’un milliard d’euros et dont le déploiement a déjà commencé, viendrait s’ajouter aux moyens prévus pour 2027.

Le ministère a également indiqué qu’un plan distinct de relance agricole, actuellement en préparation, devait alimenter le débat parlementaire sur le budget 2027. Cette formulation laisse entendre que le dispositif actuel pourrait encore évoluer au fil de l’examen des textes par les parlementaires dans les prochaines semaines.

La principale nouvelle mesure fiscale annoncée par le ministère est un suramortissement de 40 %, applicable pendant trois ans aux investissements dans les bâtiments et les installations. Le gouvernement a expliqué que cette mesure visait à soutenir les investissements nécessaires pour renforcer ce qu’il décrit comme la souveraineté alimentaire de la France. Un nouveau fonds d’amorçage dédié à la souveraineté alimentaire doit également soutenir les projets en phase de démarrage, même si le communiqué du ministère ne précise ni ses modalités de fonctionnement ni la répartition des financements par secteur.

Parallèlement à ce nouvel avantage, le gouvernement a indiqué qu’il comptait maintenir plusieurs dispositifs existants dans le budget 2027. Il s’agit du crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique, du crédit d’impôt destiné aux exploitations certifiées à haute valeur environnementale, dites HVE en France, de la déduction pour épargne de précaution, qui aide les agriculteurs à lisser leurs revenus et à gérer les risques, ainsi que de mesures visant à faciliter la transmission des exploitations et les nouvelles installations agricoles.

Sur le volet de l’emploi, le ministère a indiqué que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 maintiendrait l’exonération de cotisations sociales patronales pour les travailleurs agricoles occasionnels dans le cadre du dispositif TO-DE. Il a estimé le coût de cette mesure à près de 600 millions d’euros, soit une hausse de 9,4 millions d’euros. Cet allègement, en place depuis longtemps, est un enjeu majeur pour les employeurs agricoles, en particulier ceux qui ont besoin de main-d’œuvre à court terme pendant les périodes de récolte.

Cette mesure pourrait avoir des effets au-delà de l’ensemble du secteur agricole. Dans la filière viticole française, où les besoins de main-d’œuvre augmentent fortement lors des vendanges, le coût des charges liées à l’emploi saisonnier peut peser lourdement sur les marges des producteurs. La prolongation de l’allègement des cotisations pourrait donc aider les vignobles à maîtriser leurs coûts d’embauche, tandis que les mesures fiscales en faveur de l’investissement pourraient aussi concerner les exploitations viticoles qui prévoient des travaux dans leurs bâtiments, leurs installations de transformation ou leurs autres équipements. Des effets comparables pourraient bénéficier aux producteurs de fruits et d’autres matières premières agricoles utilisées dans la fabrication du cidre, des spiritueux et d’autres boissons, selon le périmètre définitif des mesures.

Le ministère a présenté ce dispositif comme un moyen de préserver les aides existantes tout en ajoutant des outils ciblés en faveur de l’investissement. Mais de nombreux détails dépendront encore de la procédure parlementaire. Le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale doivent tous deux être examinés par l’Assemblée nationale et le Sénat, où les partis d’opposition, les organisations agricoles et les parlementaires des territoires devraient réclamer des modifications concernant les niveaux de financement, le coût du travail et les aides liées au climat.

Cette annonce intervient également alors que la politique agricole française subit des pressions de plusieurs côtés à la fois : des aléas météorologiques répétés, le coût de l’adaptation des bâtiments et des systèmes de production, ainsi que des préoccupations persistantes quant au renouvellement des générations en agriculture. La décision du gouvernement de maintenir les aides à l’agriculture biologique et aux exploitations certifiées HVE sera probablement suivie de près par les producteurs qui ont investi dans ces systèmes et réclament davantage de visibilité à long terme sur la politique fiscale.

Pour les entreprises agricoles qui envisagent des investissements, le nouveau suramortissement de 40 % constitue l’un des signaux les plus clairs de ce dispositif. Concrètement, une telle mesure peut améliorer le traitement fiscal des investissements éligibles pendant une période définie et réduire le coût après impôt de la modernisation des installations. L’ampleur de ses effets dépendra du texte de loi définitif, des critères d’éligibilité et de la capacité des exploitations en difficulté financière à lancer des projets d’envergure.

Le gouvernement n’a pas présenté le dispositif annoncé lundi comme un règlement définitif. En reliant cette annonce au prochain plan de relance agricole et au débat parlementaire sur le budget, le ministère a clairement indiqué que les propositions actuelles s’inscrivent dans une négociation plus large sur le montant du soutien accordé à l’agriculture française en 2027 et sur sa répartition entre investissements, emploi, gestion des risques et politique environnementale.

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