Une commission du Parlement européen soutient l’étiquetage sanitaire de toutes les boissons alcoolisées

Adoptée par 27 voix contre 8, la résolution préconise un encadrement plus strict de la publicité afin de réduire l’exposition des mineurs.

mardi 6 octobre 2026

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Une commission du Parlement européen soutient l’étiquetage sanitaire de toutes les boissons alcoolisées

Les eurodéputés se rapprochent d’un soutien à des règles sanitaires plus strictes en matière d’étiquetage et de publicité pour l’alcool, dans le cadre de la stratégie plus large de l’Union européenne contre le cancer. Ils ont adopté une résolution en commission qui réclame des informations sanitaires bien visibles sur toutes les boissons alcoolisées et de nouvelles mesures pour lutter contre la consommation d’alcool chez les mineurs.

Le texte a été adopté à Strasbourg par la commission de la santé publique du Parlement européen, par 27 voix pour, 8 contre et 4 abstentions. Il sera soumis au Parlement réuni en séance plénière dans les prochaines semaines, dans le cadre de l’examen du « Plan européen pour vaincre le cancer ».

La résolution établit une distinction importante entre la consommation d’alcool en général et ce qu’elle qualifie de « consommation nocive » d’alcool. Elle demande toutefois aussi à la Commission européenne de présenter des propositions législatives imposant des informations sanitaires « clairement visibles » sur toutes les boissons alcoolisées, avec un étiquetage numérique à l’appui, et de réviser la stratégie de l’UE en matière d’alcool en se fixant pour objectif précis d’éliminer la consommation d’alcool chez les mineurs.

La position de la commission montre que l’alcool reste un enjeu central de la politique sanitaire de l’UE, alors que les producteurs, notamment la filière viticole, doivent faire face à d’autres pressions telles que le changement climatique et la faiblesse du marché. Si ces propositions deviennent loi, elles pourraient entraîner de nouveaux coûts de mise en conformité et un encadrement plus strict du marketing pour les entreprises du secteur dans toute l’Union.

Dans la résolution, les eurodéputés ont rappelé l’intention annoncée par la Commission, dans le cadre du plan contre le cancer, d’imposer des listes d’ingrédients et des déclarations nutritionnelles sur les étiquettes de toutes les boissons alcoolisées. Ils ont salué les progrès accomplis par une partie du secteur en matière d’étiquetage numérique et relevé les efforts de la filière viticole pour fournir des informations sur les ingrédients. Dans le même temps, ils ont déploré ce qu’ils décrivent comme des avancées limitées vers l’instauration obligatoire de listes d’ingrédients, de déclarations nutritionnelles et d’informations sanitaires pour toutes les boissons alcoolisées.

La commission a appelé la Commission européenne et les États membres de l’UE à investir dans la prévention des dommages liés à l’alcool et a estimé que les nouvelles dispositions législatives devraient accorder une attention particulière à la protection des mineurs, des jeunes et d’autres groupes vulnérables. Les eurodéputés ont également demandé des campagnes de sensibilisation visant notamment les mineurs, afin de les informer clairement des dommages liés à l’alcool et d’aider chacun à comprendre les effets sanitaires d’une consommation nocive, en particulier au-delà des niveaux indiqués dans les recommandations sanitaires fondées sur des données probantes.

La résolution demande également à la Commission de proposer des mesures à l’échelle de l’UE pour réduire l’exposition à la publicité et aux autres formes de promotion de l’alcool, en particulier chez les mineurs et dans les environnements numériques. Elle préconise en outre des mesures réglementaires pour empêcher la publicité et le parrainage liés à l’alcool dans les lieux susceptibles d’accueillir des mineurs.

Les dispositions sur l’alcool s’inscrivent dans un ensemble plus vaste consacré à la prévention du cancer et aux dépenses de santé publique. Selon une note de presse de la commission, la résolution demande que le budget pluriannuel de l’UE prévoie au moins 10,05 milliards d’euros pour la santé, dont 2,5 milliards spécifiquement consacrés à la lutte contre le cancer. Le texte estime que la prévention est, à long terme, la stratégie la plus rentable pour lutter contre le cancer et réclame des financements dédiés afin d’améliorer les politiques de prévention ainsi que l’accès au dépistage, au diagnostic et aux traitements.

Au-delà de l’alcool, la résolution soutient également des restrictions dans d’autres domaines de la santé publique, notamment pour les dispositifs électroniques alternatifs du tabac, une hausse des droits d’accise sur les produits du tabac et de la nicotine, ainsi qu’un étiquetage nutritionnel harmonisé obligatoire à l’échelle de l’UE pour les produits alimentaires.

Pour justifier un renforcement de l’action sur l’alcool, la commission s’est appuyée sur des données scientifiques et de santé publique déjà mobilisées lors de précédents débats européens. Le texte indique que l’éthanol présent dans les boissons alcoolisées et l’acétaldéhyde produit lors de son métabolisme sont classés comme cancérogènes pour l’être humain par le Centre international de recherche sur le cancer. Il cite également les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques, selon lesquelles jusqu’à 1 million de cas de cancer supplémentaires pourraient être évités entre 2023 et 2050 si les objectifs du plan sont atteints.

Le rapporteur de la commission, Vlad Voiculescu, a replacé la question dans le contexte plus large des décès évitables et de la responsabilité collective. « Chaque année, le cancer tue 1,3 million d’Européens. 40 % de ces décès sont évitables », a-t-il déclaré, selon le communiqué de la commission. « Avec ce rapport, nous appelons à renforcer la prévention, à garantir des financements solides, à responsabiliser chacun et à assurer un suivi centré sur les patients. Le Plan européen pour vaincre le cancer pourrait sauver jusqu’à un demi-million de vies chaque année. »

Le dernier vote en commission intervient après des années de débats politiquement sensibles à Bruxelles sur l’étendue de la réglementation de l’alcool par l’UE dans le cadre de sa politique de santé. Certaines discussions antérieures ont suscité de vives réactions de la part des pays producteurs de vin et des organisations professionnelles, notamment lorsque les messages destinés au public semblaient assimiler toutes les formes de consommation d’alcool. Le texte actuel de la commission est plus nuancé et fait référence à plusieurs reprises à la consommation nocive d’alcool plutôt qu’à la consommation en tant que telle. Ses propositions concrètes vont néanmoins dans le sens d’un encadrement plus strict, en particulier pour l’étiquetage, la publicité et l’exposition des jeunes.

Pour les producteurs de vin et les autres entreprises du secteur de l’alcool, la formulation compte, mais les obligations envisagées aussi. Des messages sanitaires visibles obligatoires, des informations plus complètes sur la nutrition et les ingrédients, des restrictions des activités promotionnelles et un encadrement plus strict de la diffusion des publicités pourraient modifier la manière dont les produits sont vendus et commercialisés dans toute l’UE. Lors des débats précédents, la filière viticole a fait valoir qu’une consommation modérée ne devait pas être assimilée à un abus et que l’éducation, plutôt que des restrictions générales, devait rester au cœur de la politique. Les acteurs de la santé publique, au contraire, ont réclamé des avertissements plus clairs et des contrôles plus stricts, estimant qu’une prévention efficace du cancer exige une action renforcée sur l’alcool.

Le vote en séance plénière permettra de savoir si la position de la commission bénéficie d’un large soutien au Parlement. Si tel est le cas, la résolution accentuera la pression politique sur la Commission européenne pour qu’elle élabore des textes législatifs dans les domaines désignés par les eurodéputés, notamment l’étiquetage de l’alcool et la protection des jeunes. La résolution ne crée pas en elle-même de dispositions juridiquement contraignantes, mais elle définit l’orientation souhaitée par le Parlement et pourrait peser sur la prochaine phase de la réglementation européenne en matière de santé, d’étiquetage alimentaire et de prévention du cancer.

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