La consommation de vin au Brésil dépasse pour la première fois les 3 litres par habitant

Le marché a atteint 21,1 milliards de reais en 2025, avant l’ouverture de ProWine São Paulo en octobre.

lundi 5 octobre 2026

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La consommation de vin au Brésil dépasse pour la première fois les 3 litres par habitant

Le marché du vin brésilien a atteint 21,1 milliards de reais en 2025, et la consommation annuelle a dépassé pour la première fois les 3 litres par habitant, selon les chiffres présentés avant ProWine São Paulo, salon professionnel qui se tiendra du 6 au 8 octobre à l’Expo Center Norte, à São Paulo.

Pour sa septième édition, l’événement investira pour la première fois deux pavillons. Plus de 2 000 producteurs de 43 pays sont attendus pour rencontrer importateurs, distributeurs, sommeliers, ainsi que des acheteurs de la grande distribution et du secteur de l’hôtellerie-restauration. Les organisateurs précisent que le salon ne s’adresse pas au grand public, mais aux entreprises qui décident des produits qui seront importés, référencés et vendus dans tout le Brésil au cours des prochains mois.

Malu Sevieri, directrice de ProWine São Paulo, explique que le salon donne souvent un aperçu des produits qui apparaîtront ensuite dans les rayons des supermarchés. En 2025, l’événement a attiré plus de 20 000 visiteurs, dont 87 % étaient des décideurs, a-t-elle indiqué. Les affaires conclues pendant le salon ont atteint environ 250 millions de reais, et les transactions attendues au cours des trois mois suivants devraient s’élever à 500 millions de reais.

La croissance de l’événement reflète l’expansion plus générale du secteur vitivinicole brésilien. Selon Malu Sevieri, le marché bénéficie d’une meilleure connaissance des vins chez les consommateurs, de l’arrivée de nouveaux buveurs dans la catégorie et du renforcement de la filière nationale. Le Brésil consomme néanmoins beaucoup moins de vin par habitant que les grands pays consommateurs. Elle cite l’Argentine, où la consommation annuelle avoisine les 30 litres par personne.

Les produits les plus chers enregistrent certaines des plus fortes progressions. Selon les chiffres communiqués par les organisateurs, le segment super premium, qui regroupe les bouteilles vendues à plus de 1 000 reais, a enregistré une hausse de chiffre d’affaires d’environ 15 % en 2025. Les ventes de vins effervescents ont atteint 4,5 millions de caisses de neuf litres, soit une progression de 8 %.

L’agrandissement du salon témoigne également de l’intérêt croissant des producteurs étrangers. Malu Sevieri indique que les demandes de renseignements de nouvelles régions et de nouveaux pays se sont multipliées, les entreprises cherchant à accéder aux acheteurs brésiliens. Le Brésil se distingue par un marché du vin relativement ouvert aux marques de nombreuses origines, contrairement à certains pays producteurs où les vins nationaux dominent la consommation locale.

L’édition de cette année accueillera des exportateurs déjà bien implantés, notamment du Portugal, d’Espagne, d’Italie, de France, du Chili et d’Argentine, ainsi que des producteurs d’origines moins courantes sur le marché brésilien. Les organisateurs indiquent que le salon réunira également de nouvelles régions participantes, deux représentations allemandes et des producteurs de Champagne qui ne sont pas encore distribués au Brésil.

Malu Sevieri observe un intérêt croissant de l’Europe pour le Brésil. Elle souligne la présence plus importante de producteurs français venus directement au salon pour trouver des importateurs, une participation plus offensive de l’Espagne et le regain de croissance du nombre de producteurs portugais. Elle attribue en partie cette évolution à l’accord commercial entre le Mercosur et l’Union européenne, qui devrait ramener à zéro les droits de douane à l’importation entre les deux blocs d’ici à 2034.

Pour l’ensemble du secteur des boissons, l’ouverture du Brésil aux vins importés pourrait constituer un débouché important si la demande reste faible dans les marchés plus établis. Un pays dont la consommation, encore relativement basse, continue de progresser peut offrir des perspectives aux fournisseurs en quête de diversification, notamment dans les vins effervescents, les cuvées premium et les nouveaux produits à faible teneur en alcool.

Selon les organisateurs, l’une des évolutions les plus nettes de la consommation cette année concerne le vin blanc. Malu Sevieri indique que les vins blancs sont désormais la catégorie qui progresse le plus en pourcentage, tandis que le rosé reste stable et que le vin rouge recule légèrement, de 1,4 %. Elle explique qu’une partie de cette évolution tient au climat et à la culture alimentaire du Brésil, mais aussi à l’idée, chez les consommateurs, que le vin blanc est plus léger et mieux adapté à des occasions comme le déjeuner.

Si cette tendance se poursuit, les acheteurs présents au salon pourraient élargir la gamme de vins blancs proposés au Brésil, tant en nombre de producteurs que de pays représentés dans les magasins. Malu Sevieri rappelle que le marché a déjà connu une évolution similaire pour le rosé : des producteurs sans importateur ont d’abord participé au salon, avant d’arriver dans les rayons.

Les vins à faible teneur en alcool et les vins sans alcool devraient également gagner du terrain. Malu Sevieri indique que, jusqu’à récemment, le vin sans alcool se trouvait surtout dans des boutiques spécialisées, où le choix restait limité. La catégorie apparaît désormais plus régulièrement dans les supermarchés, signe que les distributeurs la considèrent comme un segment grand public plutôt que comme une niche.

Cette évolution est importante dans un événement interentreprises comme ProWine, car les visiteurs y prennent des décisions d’achat et de constitution de gamme au lieu de simplement déguster de nouveaux produits. Un distributeur peut décider d’élargir une catégorie, un importateur signer avec un nouveau producteur, ou un grossiste référencer une marque qui n’avait jusque-là aucun débouché au Brésil. Ces décisions peuvent déterminer les produits proposés en magasin quelques mois plus tard.

L’ampleur de l’événement de cette année montre que les producteurs considèrent le Brésil comme davantage qu’un marché secondaire. Avec une consommation par habitant désormais supérieure à 3 litres, la croissance des vins effervescents et des bouteilles premium, ainsi que l’élargissement de l’offre de vins blancs, à faible teneur en alcool et sans alcool, les acheteurs réunis cette semaine à São Paulo devraient influer non seulement sur les vins qui entreront dans le pays, mais aussi sur les segments qui gagneront le plus de place en rayon à court terme.

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