Les exportations mondiales de vin en vrac ont perdu 312 millions d’euros sur l’année jusqu’en mars 2026
Le volume exporté du segment a reculé de 10,3 % à 30 millions d’hectolitres, plus vite que le commerce mondial du vin
lundi 28 septembre 2026

Le commerce mondial du vin en vrac a perdu environ 312 millions d’euros et 3,4 millions d’hectolitres au cours des 12 mois clos en mars 2026, selon une analyse de Del Rey AWM pour le World Bulk Wine Exhibition, signe que la catégorie s’affaiblit plus vite que le marché du vin dans son ensemble.
Le rapport indique que les exportations mondiales de vin en vrac ont reculé de 11,8 % en valeur, à 2,33 milliards d’euros, et de 10,3 % en volume, à 30 millions d’hectolitres, sur la période. Sur la base de ces taux, la période de 12 mois précédente aurait totalisé environ 2,642 milliards d’euros et 33,4 millions d’hectolitres. Cela situe le recul à quelque 312 millions d’euros de recettes à l’exportation et 3,4 millions d’hectolitres de volume expédié.
Le vin en vrac, qui s’échange en grands contenants avant la mise en bouteille ou une transformation ultérieure, reste une composante importante du commerce international du vin en volume. Mais son poids économique continue de se réduire. Le prix moyen à l’exportation sur la dernière période de 12 mois s’est établi à environ 78 € par hectolitre, soit 0,78 € par litre. Comme la baisse de la valeur a été 1,5 point de pourcentage plus marquée que celle du volume, les chiffres indiquent un léger affaiblissement supplémentaire des prix unitaires ou de la composition des produits vendus.
Le repli a été plus large que celui observé dans le commerce mondial du vin dans son ensemble. Del Rey AWM a indiqué que le commerce mondial total du vin a reculé de 8,8 % en valeur et de 6,6 % en volume sur la même période. Cela signifie que le vin en vrac a baissé de 3 points de plus en valeur et de 3,7 points de plus en volume que le marché global.
Les derniers résultats s’inscrivent aussi dans une tendance de long terme. Depuis 2017, le volume exporté de vin en vrac a reculé de 19,3 %, tandis que la valeur des exportations a diminué de 11,7 %, selon l’analyse. Sur cette période, la part du vin en vrac dans le commerce mondial du vin en valeur est passée de 8,5 % à 7,1 %, soit un recul de 1,4 point. Malgré tout, le segment représente encore environ un tiers du volume échangé à l’international, ce qui montre qu’il demeure central dans les chaînes d’approvisionnement malgré une perte de terrain en termes de recettes face au vin en bouteille et à d’autres formats à plus forte valeur ajoutée.
L’Espagne a conservé sa position de premier exportateur de vin en vrac et s’est distinguée des autres grands fournisseurs. Le rapport indique que les exportations espagnoles ont progressé de 0,9 % en valeur, alors que le volume expédié a reculé de 5,2 %. Cet écart suggère un gain implicite d’environ 6,4 % en valeur unitaire, sur la base des pourcentages et des totaux arrondis du rapport. En pratique, l’Espagne a vendu moins de vin en vrac mais a tiré légèrement plus d’argent de ces ventes.
Les autres grands exportateurs n’ont pas fait aussi bien. La valeur des exportations de vin en vrac a reculé de 20,6 % pour la Nouvelle-Zélande, de 15,4 % pour l’Australie et de 11,3 % pour l’Italie. Le rapport n’attribue pas ces résultats nationaux à une cause unique, mais les chiffres mondiaux plus larges montrent un marché sous pression, avec une demande plus faible et une activité commerciale réduite.
Ces chiffres comptent parce que le vin en vrac joue souvent le rôle d’un segment flexible au sein de l’industrie. Il peut aider les producteurs à acheminer de grands volumes à travers les frontières à moindres coûts logistiques et permettre aux embouteilleurs ou aux détaillants de s’approvisionner en vin pour l’assemblage, les marques de distributeur ou la mise en bouteille à destination. Lorsque ce segment ralentit plus fortement que le marché dans son ensemble, cela peut signaler une demande plus faible sur le segment à bas coût du commerce ou un glissement vers des produits davantage valorisés avant exportation.
L’écart entre le vin en vrac et le marché plus large suggère aussi qu’il est plus difficile pour les producteurs de protéger leurs recettes dans cette catégorie. Une baisse des volumes peut souvent être compensée si les prix augmentent suffisamment, mais cela n’a pas été le cas au niveau mondial sur la dernière période. Le recul de la valeur a été plus marqué que celui du volume, ce qui indique que les exportateurs, dans leur ensemble, ont non seulement vendu moins de vin, mais ont aussi gagné moins par unité en moyenne.
La performance de l’Espagne ressort donc nettement. Alors que le volume exporté du pays a reculé, la hausse de la valeur totale suggère qu’il a réussi à améliorer ses prix, sa gamme de produits, ou les deux. Dans un marché où les recettes globales tirées du vin en vrac baissent plus vite que les volumes, cet écart indique une position commerciale plus favorable que celle observée dans plusieurs autres origines concurrentes.
Les chiffres ont été publiés dans une analyse préparée par Del Rey AWM pour le World Bulk Wine Exhibition. Les données ont été diffusées de nouveau le 28 septembre en Chine, mais les statistiques sous-jacentes avaient déjà été publiées le 17 septembre. Les pertes absolues et l’estimation du gain en valeur unitaire pour l’Espagne sont dérivées des pourcentages et des valeurs arrondies communiqués.
Pris ensemble, ces données montrent que le vin en vrac perd du terrain dans le commerce plus vite que le vin dans son ensemble et continue de céder du poids économique au sein du marché international. La catégorie écoule encore des volumes très importants, mais les derniers résultats sur 12 mois montrent des ventes plus faibles, des recettes à l’exportation plus faibles, et un déplacement continu, dans la structure de valeur du commerce mondial du vin, au détriment du vin en vrac.