Les 10 régions viticoles les plus rentables de France

La région Champagne-Ardenne occupe la première place avec une valeur ajoutée nette de 60 030 € par hectare de vignoble

11-08-2026

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Champagne-Ardenne en tête du classement européen des vignobles avec 60 030 € par hectare en 2024.

Champagne-Ardenne a généré en 2024 la valeur économique nette la plus élevée par hectare de vigne parmi les régions viticoles françaises, selon un nouveau classement diffusé par l’American Association of Wine Economists, plaçant la région non seulement en tête en France, mais aussi au premier rang de toutes les régions européennes incluses dans l’étude.

La région a affiché 60 030 € par hectare, très loin devant la Bourgogne, ou Burgundy, qui s’est classée deuxième en France avec 25 312 € par hectare. L’écart entre les deux s’est élevé à 34 718 € par hectare, ce qui signifie que Champagne-Ardenne a produit une valeur nette bien supérieure à celle de la Bourgogne selon la mesure retenue dans le classement.

Les chiffres proviennent du Réseau d’information comptable agricole de l’Union européenne, connu sous le sigle FADN, et ont été compilés dans un tableau publié par l’AAWE. Le classement repose sur ce que les données appellent la valeur ajoutée nette de l’exploitation par hectare de surface viticole, et non sur le prix d’achat du foncier viticole ni sur les valeurs immobilières.

Cette distinction compte dans un pays où les prix du foncier viticole attirent souvent le plus l’attention. L’indicateur de ce classement mesure la performance économique au niveau de l’exploitation. Il est calculé en prenant la production totale, en retranchant la consommation intermédiaire et les amortissements, puis en ajoutant le solde des subventions et des impôts. Le résultat est censé refléter ce qu’il reste pour rémunérer les facteurs fixes de l’entreprise, dont le travail, la terre et le capital. La production totale peut aussi inclure des revenus directement liés à l’exploitation, comme l’agritourisme.

En pratique, le classement offre une image de la valeur économique qu’une exploitation viticole spécialisée crée en moyenne pour chaque hectare qu’elle cultive, selon le cadre comptable de l’Union européenne. Il ne montre pas le bénéfice final d’un propriétaire de vignoble pris individuellement, et ne correspond ni au prix d’une bouteille, ni au prix de vente d’un vignoble, ni aux limites d’une appellation.

Après Champagne-Ardenne et la Bourgogne, la troisième région française du classement national était la Franche-Comté, avec 16 100 € par hectare. L’écart entre la Bourgogne et la Franche-Comté était de 9 212 € par hectare. La Franche-Comté occupait également la neuvième place du tableau européen.

La France plaçait trois régions dans le top 10 européen : Champagne-Ardenne à la première place, la Bourgogne à la quatrième et la Franche-Comté à la neuvième. Seule l’Italie faisait mieux, avec quatre régions dans le top 10 européen. La quatrième place européenne de la Bourgogne la plaçait derrière Champagne-Ardenne, le Haut-Adige et la Vallée d’Aoste.

Le reste du classement français a montré une forte baisse après les trois premières. L’Alsace arrivait quatrième au niveau national avec 8 048 € par hectare, soit 8 052 € de moins que la Franche-Comté. Ce résultat plaçait l’Alsace au 25e rang du classement européen.

La Corse, ou Corsica, était cinquième parmi les régions françaises avec 6 227 € par hectare, suivie des Pays de la Loire avec 5 710 €. L’écart entre les deux s’élevait à 517 € par hectare.

Rhône-Alpes se classait septième en France avec 4 828 € par hectare. Provence-Alpes-Côte d’Azur suivait en huitième position avec 3 453 €. Midi-Pyrénées était neuvième avec 2 527 €, et l’Aquitaine complétait le top 10 français avec 2 489 €.

L’écart le plus faible dans le top 10 français se trouvait en bas du tableau, où seulement 38 € par hectare séparaient Midi-Pyrénées et l’Aquitaine. Le contraste le plus marqué était entre la première et la 10e place. Champagne-Ardenne surpassait l’Aquitaine de 57 541 € par hectare selon la même mesure.

Une autre région française, le Languedoc-Roussillon, apparaissait dans le tableau européen élargi avec 1 091 € par hectare. Cela la plaçait hors du top 10 français et au 59e rang sur les 60 régions européennes incluses.

Le classement utilise les découpages territoriaux employés par le FADN, ce qui signifie que les noms figurant dans le tableau ne renvoient pas à des appellations, des provinces ou des zones viticoles définies par les autorités de régulation. En France, ce point est particulièrement important, car certains des noms utilisés dans les systèmes comptables et statistiques agricoles ne se recoupent que partiellement avec les régions viticoles que les consommateurs connaissent sur les étiquettes.

Champagne-Ardenne, par exemple, est l’unité régionale utilisée dans les données comptables, et non un synonyme direct de l’appellation Champagne. Il en va de même ailleurs dans le classement. La Bourgogne dans le tableau est un territoire statistique ; ce n’est pas une mesure distincte du système d’appellations de Bourgogne protégé par la loi. Les résultats doivent donc être lus comme des moyennes pour des exploitations viticoles commerciales spécialisées situées dans ces zones administratives.

Les données reflètent aussi la structure de chaque exploitation dans son ensemble. La valeur moyenne par hectare d’une exploitation peut être influencée par sa combinaison de production viticole, de transformation sur l’exploitation, de ventes directes et d’activités connexes liées au domaine. Dans les régions où la production de vin est associée à une forte notoriété, à la demande à l’export ou au tourisme, ces facteurs peuvent contribuer à faire monter la valeur économique enregistrée par les comptes de l’exploitation, même si le classement lui-même ne détaille pas chaque source de revenu.

Pour le secteur viticole français, ces résultats soulignent à quel point l’économie des vignobles du pays peut être inégale lorsqu’on la mesure par la valeur créée par hectare. L’avance de Champagne-Ardenne sur la Bourgogne est frappante en soi, mais l’écart plus large observé dans l’ensemble du classement l’est tout autant. La première région française a généré près de 24 fois le niveau enregistré pour le Languedoc-Roussillon dans le même tableau européen.

La publication du classement intervient alors que les viticulteurs à travers l’Europe font face à la hausse des coûts de main-d’œuvre, à la pression climatique, aux évolutions de la consommation et à un intérêt croissant pour le tourisme viticole comme source de revenus supplémentaires. Les chiffres fondés sur le FADN n’isolent pas ces pressions une par une, mais ils offrent un instantané comptable standardisé de la manière dont les exploitations viticoles spécialisées ont performé en 2024 dans les régions européennes couvertes par l’étude.

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