07-08-2026

L’Italie a fixé les règles d’un nouveau cycle de soutien public aux projets de promotion des produits agricoles et alimentaires du pays, ouvrant la voie à des initiatives locales, régionales et interrégionales pouvant demander des subventions sur un fonds national de 10 millions d’euros en 2026.
La mesure a été publiée le 6 août au Journal officiel italien par un décret daté du 13 juillet. Elle entre en vigueur le lendemain de sa publication. Le décret fixe les critères et les procédures d’attribution de contributions aux organismes publics et aux opérateurs privés du secteur agricole et alimentaire, dans le but de renforcer la valeur, la qualité, la durabilité et la compétitivité de la production italienne.
Selon les règles, le financement est destiné à des projets à portée locale, régionale ou interrégionale conçus pour valoriser la filière agricole et agroalimentaire italienne. Le décret précise que les initiatives éligibles peuvent inclure des campagnes de communication, des événements promotionnels, des actions de formation ainsi que de la recherche et développement. Une attention particulière est accordée aux produits typiques, aux appellations d’origine protégées, aux indications géographiques protégées et aux produits biologiques.
Le soutien financier est plafonné à 70 % des dépenses éligibles pour chaque initiative, avec une aide maximale de 200 000 € par projet. Le décret trace aussi une ligne claire sur ce qui ne sera pas couvert. Il exclut les activités relevant de la gestion courante de l’entreprise ou de la publicité de routine, signalant que le fonds est destiné à des efforts plus larges de promotion et de développement plutôt qu’aux dépenses commerciales du quotidien.
Le ministère a indiqué que les ressources de la mesure proviennent d’un fonds créé par un décret publié le 26 novembre 2023 pour soutenir des initiatives visant à renforcer la filière agricole et agroalimentaire. Ce fonds précédent avait été établi pour accorder des contributions aux entités publiques et aux acteurs privés opérant dans le secteur. Le nouveau décret définit désormais les modalités de dépôt des demandes, les critères d’éligibilité et d’évaluation des projets, ainsi que les règles de versement et de justification des fonds.
Pour les candidats, les modalités opérationnelles comptent autant que le montant global annoncé. Le décret encadre le dépôt des demandes, les critères d’admissibilité et d’évaluation, ainsi que les procédures de décaissement et de comptabilisation. Il impose aussi au ministère de vérifier si les projets financés atteignent les objectifs annoncés. Ce suivi sera assuré au moyen d’un monitoring périodique et d’une évaluation des initiatives soutenues.
La mesure a une portée plus large pour le secteur italien des boissons, même si elle ne se limite pas à celles-ci. Les producteurs de vin, les fabricants de cidre et d’autres entreprises du secteur des boissons liées aux chaînes d’approvisionnement agricoles pourraient y voir des opportunités s’ils participent à des projets liés à la promotion régionale, à la formation, à l’innovation ou au développement de produits bénéficiant d’un statut d’origine protégée. C’est particulièrement important en Italie, où de nombreuses catégories de boissons sont étroitement liées à la production agricole, à l’identité territoriale et à des systèmes de certification tels que les AOP et les IGP. La production biologique, autre priorité mentionnée dans le décret, pourrait également rendre la mesure pertinente pour les opérateurs qui cherchent à créer de la valeur de marché autour d’une agriculture et d’une transformation durables.
En pratique, la structure du programme suggère que le gouvernement souhaite soutenir des initiatives capables de rehausser le profil des produits italiens au-delà de la promotion commerciale standard. Un consortium, une collectivité locale, un organisme professionnel ou un opérateur privé pourrait, par exemple, organiser une campagne régionale centrée sur des spécialités locales certifiées, créer des programmes de formation pour les producteurs ou développer des projets de recherche visant à améliorer la qualité des produits et leur positionnement sur le marché. Comme le décret autorise aussi le soutien à des initiatives interrégionales, le dispositif pourrait également encourager la coopération entre différents territoires et catégories de produits.
Cette publication intervient à un moment où les producteurs italiens, dans l’alimentation comme dans l’agriculture, continuent de subir des pressions pour investir dans la durabilité, l’image de marque et la différenciation sur le marché, tout en faisant face à la hausse des coûts d’exploitation et à la concurrence, en Italie comme à l’étranger. En mettant l’accent sur la valorisation plutôt que sur les dépenses courantes, le décret oriente l’argent public vers des activités que le gouvernement semble considérer comme susceptibles d’apporter des bénéfices plus larges aux filières et aux économies locales.
L’exigence de suivi du ministère pourrait également devenir un élément important du programme. Les projets devront non seulement être éligibles au stade de la demande, mais seront aussi soumis à des contrôles sur les résultats et l’efficacité une fois le financement accordé. Cela pourrait avantager les candidats capables de présenter des objectifs clairs, des résultats mesurables et un plan crédible pour rendre compte de l’utilisation des fonds.
Pour les secteurs agricole et alimentaire italiens, le décret donne enfin une structure à un canal de financement déjà créé mais qui avait encore besoin de règles de fonctionnement détaillées. Ces règles étant désormais en place, les organismes publics et les opérateurs privés peuvent commencer à préparer des propositions de projets conformes aux critères du ministère et à l’objectif politique plus large de renforcer l’image et la compétitivité de l’agriculture et de la production agroalimentaire italiennes.
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