La France en tête des arrachages de vignes dans le monde

Selon l’OIV, la superficie viticole française a reculé de 4,4 % en 2025, soit la baisse la plus marquée parmi les grands pays producteurs de vin

18-05-2026

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La France en tête des arrachages de vignes dans le monde

La France a enregistré entre 2024 et 2025 la plus forte réduction de son vignoble au monde, avec un recul de 4,4 % de sa superficie plantée, soit environ 35 000 hectares, selon le rapport annuel publié lundi par l’Organisation internationale de la vigne et du vin. Cette baisse est nettement plus prononcée que la moyenne des 25 plus grands pays producteurs de vin, où la superficie viticole a diminué de 0,8 %, dans un contexte de repli simultané de la production, de la consommation et des échanges mondiaux de vin.

La contraction française se distingue d’autant plus que le pays demeure l’un des principaux acteurs du vin à presque tous les égards. Selon le rapport de l’OIV publié le 12 mai, la France arrive au deuxième rang pour la superficie viticole, derrière l’Espagne et devant la Chine ; au deuxième rang pour le volume de production, derrière l’Italie et devant l’Espagne ; au deuxième rang pour la consommation intérieure, derrière les États-Unis et devant l’Italie ; et au premier rang pour la valeur des exportations, devant l’Italie et l’Espagne.

Les derniers chiffres suggèrent que la contraction du vignoble français ne relève pas d’une simple anomalie ponctuelle. Le pays avait déjà perdu 7,4 % de sa superficie viticole depuis 2020, seule le Chili ayant cédé davantage de terres sur cette période, avec 25,6 %. Rien qu’en 2025, la superficie viticole chilienne a reculé de 3,7 %, à 154 000 hectares, et celle de la Hongrie de 3,4 %, à 58 000 hectares. L’Italie a perdu 1,3 % et l’Espagne 0,3 %.

L’OIV indique que la superficie viticole mondiale a reculé pour la sixième année consécutive en 2025, à 7 millions d’hectares. John Barker, directeur général de l’organisation, a déclaré dans un communiqué que le secteur vitivinicole a dû s’adapter ces dernières années à des défis climatiques, économiques et sociaux persistants. Il a ajouté que les perturbations commerciales liées aux politiques tarifaires ont constitué en 2025 un nouveau choc externe pour les producteurs, les exportateurs et les acteurs de la chaîne d’approvisionnement.

Ces tensions se retrouvent dans les données commerciales. Les exportations mondiales de vin sont tombées à 94,8 millions d’hectolitres en 2025, en baisse de 4,7 % sur un an, tandis que leur valeur a reculé à 33,8 milliards d’euros, soit -6,7 %. Les importations de vin aux États-Unis ont diminué à 5,5 milliards d’euros, en baisse de 11,6 % par rapport à 2024.

La consommation s’est elle aussi affaiblie. La consommation mondiale de vin est tombée à 208 millions d’hectolitres en 2025, en baisse de 2,7 % par rapport à 2024, alors que les marchés matures poursuivaient leur évolution et que les consommateurs faisaient face à des budgets plus serrés. La production a légèrement progressé à 227 millions d’hectolitres, soit +0,6 % sur un an.

L’OIV estime qu’une troisième année consécutive de production mondiale relativement faible a maintenu un équilibre global entre production et consommation, limitant l’effet d’une demande plus faible sur les niveaux de stocks.

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