Pernod Ricard met en garde contre un impact sur ses ventes lié à la guerre en Iran

Le groupe français de spiritueux a indiqué que le travel retail pâtirait du recul du tourisme, malgré un rebond trimestriel du chiffre d'affaires meilleur qu'attendu.

17-04-2026

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Pernod Ricard a indiqué jeudi que la guerre en Iran et la baisse qui en résulte du tourisme pèseraient sur son activité de travel retail et pénaliseraient ses ventes sur l'ensemble de l'exercice, alors même que le groupe français de spiritueux a publié un rebond du chiffre d'affaires au troisième trimestre meilleur qu'attendu.

Le groupe, qui est en discussions pour fusionner avec son concurrent américain Brown-Forman, a indiqué que les ventes nettes organiques pour l'exercice commencé le 1er juillet devraient désormais reculer de 3 % à 4 %. Son titre a cédé 1,7 % dans les premiers échanges à Paris après cet avertissement.

Pernod, deuxième groupe mondial de spiritueux occidentaux derrière Diageo, a indiqué que ses ventes sur les trois mois clos le 31 mars avaient progressé de 0,1 % en comparable à 1,95 milliard d'euros, soit environ 2,30 milliards de dollars. Les analystes tablaient sur un repli de 0,7 %, selon un sondage compilé par la société.

Ce résultat marque une amélioration par rapport à une contraction de 5 % au trimestre précédent, portée par une demande plus soutenue en Inde et par de meilleures ventes mondiales dans le travel retail. Cette progression a été partiellement compensée par la faiblesse persistante aux États-Unis et en Chine, où les ventes ont reculé respectivement de 12 % et 7 %.

Le travel retail, qui comprend les boutiques hors taxes dans les aéroports et autres points de transit, a représenté 6 % des ventes nettes de Pernod en 2025. Le groupe a précisé que ce canal était touché par la fermeture d'aéroports et par les restrictions de voyage vers la région, le conflit ayant réduit les flux touristiques.

Cet avertissement ajoute Pernod à une liste croissante d'entreprises faisant état de dégâts liés au conflit au Moyen-Orient. Les groupes français du luxe ont déjà signalé des ventes plus faibles au cours des trois premiers mois de l'année après un net ralentissement des achats dans la région.

L'industrie des spiritueux est sous pression depuis plusieurs années, la demande s'étant affaiblie sur les principaux marchés. Les entreprises ont été confrontées à des valorisations plus faibles, à des changements de direction et à des efforts de réduction des coûts, les consommateurs achetant moins d'alcool et les distributeurs réduisant leurs stocks.

Aux États-Unis et en Chine, deux des marchés les plus importants pour Pernod, les ventes ont souffert des menaces tarifaires, du déstockage et du ralentissement de l'économie chinoise. Le groupe a également confirmé son objectif à plus long terme d'une croissance des ventes de 3 % à 6 % entre 2027 et 2029.

Pernod mène aussi des discussions sur une fusion avec Brown-Forman qui pourrait créer le numéro deux mondial des spiritueux par le chiffre d'affaires, derrière Diageo. Des analystes ont estimé qu'un tel accord pourrait générer jusqu'à 450 millions de dollars d'économies annuelles et aider les deux groupes à faire face à la baisse de la consommation d'alcool.

Mais ces discussions se sont compliquées après que Sazerac, un autre groupe américain de spiritueux, a proposé de racheter Brown-Forman pour environ 15 milliards de dollars, selon une source proche du dossier. La directrice financière de Pernod, Helene de Tissot, a déclaré jeudi aux analystes que les discussions se poursuivaient, tout en refusant tout autre commentaire sur les négociations.

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