Les exportations françaises de vins et spiritueux chutent à leur plus bas niveau depuis 25 ans, les droits de douane et la vigueur de l'euro pesant sur la demande

10-02-2026

Les ventes aux États-Unis et en Chine chutent brutalement, reléguant le secteur au troisième rang des exportations françaises et assombrissant les espoirs d'une reprise rapide.

Les exportations françaises de vins et spiritueux ont atteint en 2025 leur volume le plus bas depuis au moins 25 ans, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). Le groupe a indiqué mardi que les exportations totales ont chuté de 3 % en volume pour atteindre 168 millions de caisses, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis la fin des années 1990. La valeur de ces exportations a également diminué, de 8 %, pour atteindre 14,3 milliards d'euros (17,03 milliards de dollars), soit le niveau le plus bas depuis cinq ans.

Les exportateurs attribuent cette baisse à plusieurs facteurs. Les droits de douane imposés par les États-Unis et la Chine ont rendu les produits français moins compétitifs sur ces marchés. La force de l'euro a également entraîné une hausse des prix pour les acheteurs utilisant d'autres devises, ce qui a encore réduit la demande. La FEVS a noté que les vins et spiritueux français, qui étaient autrefois le deuxième secteur d'exportation du pays, sont maintenant passés à la troisième place, derrière l'aérospatiale et les cosmétiques.

Les ventes aux États-Unis, qui constituent traditionnellement un marché clé pour les producteurs français, ont été particulièrement touchées. En 2025, la valeur des exportations vers les États-Unis a chuté de 21 % pour atteindre 3 milliards d'euros, les volumes passant sous la barre des 30 millions de caisses. Les exportateurs affirment que l'augmentation des droits de douane et les menaces de nouvelles augmentations - pouvant aller jusqu'à 200 % - ont freiné la demande, en particulier au second semestre de l'année.

La Chine a également réduit ses importations de vins et spiritueux français. Les ventes y ont chuté de 20 % en valeur pour atteindre 767 millions d'euros en 2025. Les droits antidumping imposés par la Chine ont fortement réduit les expéditions de cognac, d'armagnac et d'autres spiritueux à base de vin. Les exportations de cognac ont subi l'une des plus fortes baisses, chutant de 15 % en volume et de 24 % en valeur. Gabriel Picard, président de la FEVS, a déclaré que les tensions géopolitiques entre la France et la Chine ont mis fin aux ventes de cognac en Chine pour le moment.

En Europe, les exportations sont restées plus stables. Les ventes ont totalisé 4,1 milliards d'euros, avec une certaine résilience sur des marchés comme le Royaume-Uni. Malgré les pressions fiscales, les volumes ont augmenté de 3 %. Les exportations de champagne, qui représentent environ 35 % de la valeur totale des exportations de vin français, ont légèrement augmenté en volume, mais ont chuté de 4,5 % en valeur en raison de la force de l'euro.

Les dirigeants du secteur ne s'attendent pas à une reprise rapide. M. Picard a déclaré que si les nouveaux accords commerciaux de l'Union européenne avec le Mercosur et l'Inde pourraient être utiles à terme, les problèmes d'accès au marché devraient persister jusqu'en 2026. David Chatillon, coprésident de Comite Champagne, a déclaré lors du salon Wine Paris que tout rebond des ventes cette année sera probablement limité car les conditions du marché restent difficiles.

Le secteur français des vins et spiritueux est confronté à une incertitude permanente alors qu'il doit faire face à des barrières commerciales et à des fluctuations monétaires. Les exportateurs surveillent de près les signes d'amélioration, mais préviennent que la reconstitution des parts de marché perdues prendra du temps, même si les tensions commerciales s'apaisent.