Les marchés du vin en vrac marquent le pas sous la pression des coûts

20-05-2026

Ciatti estime que l’incertitude liée à la guerre, la faiblesse de la demande et des stocks élevés maintiennent les acheteurs dans la prudence à l’échelle mondiale

Les marchés mondiaux du vin en vrac sont restés largement atones tout au long du mois d’avril et jusqu’au début du mois de mai, alors que la hausse des coûts et l’incertitude économique liée à la guerre en Iran sont venues s’ajouter à un ralentissement des achats déjà installé depuis plusieurs mois, selon le rapport de marché de mai 2026 de Ciatti Global Wine & Grape Brokers.

Le rapport indique que de nombreux producteurs font face à une hausse des prix du carburant, du transport et des engrais, tandis que certains pays ont également vu l’inflation et les taux d’intérêt augmenter. Cela a rendu les acheteurs plus prudents à un moment où les stocks restent élevés dans de nombreuses régions et où la demande demeure faible.

Ciatti précise que les vendanges 2026 sont désormais achevées dans l’hémisphère Sud et que les nouveaux vins commencent à être dégustés. L’entreprise estime que les prochaines semaines seront importantes, car elles montreront l’ampleur de la demande à mesure que ces vins arriveront sur le marché et que les prix seront fixés. Cela permettra, en retour, d’évaluer le niveau d’activité possible de la campagne d’achats 2026.

Le rapport cite l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), qui estimait la production mondiale de vin en 2025 à 227 millions d’hectolitres, soit une hausse de seulement 0,6 % par rapport à 2024. Cette estimation fait suite à une récolte 2024 qui a été la plus faible enregistrée depuis au moins 1961. Les récoltes plus modestes de ces dernières années ont contribué à réduire une partie des stocks et ont fait grimper les prix du raisin et du vin en vrac sur certains marchés au cours de l’année écoulée.

Mais la consommation continue de reculer. L’OIV estime que la consommation mondiale de vin en 2025 a baissé de 2,7 % par rapport à 2024 et qu’elle se situe 14 % sous son niveau de 2018. Tous les grands pays traditionnels consommateurs ont enregistré des baisses l’an dernier, le Portugal faisant figure de l’une des rares exceptions, avec une progression de 5,6 % qui lui a permis d’entrer dans le top 10 devant l’Australie, en recul de 2,2 %, et la Chine, en baisse de 13 %.

Ce recul a atténué la pression exercée par les distributeurs pour sécuriser leurs approvisionnements. Ciatti indique que les distributeurs et les détaillants sont désormais plus sensibles aux prix, car ils subissent eux-mêmes des tensions sur leurs coûts et savent que les stocks de vin restent supérieurs à la demande. En Espagne, le rapport souligne que les fournisseurs doivent garder à l’esprit que les acheteurs disposent d’alternatives sur un marché mondial et qu’ils savent de mieux en mieux les utiliser.

Le rapport met également en avant la poursuite des expérimentations menées par les producteurs pour s’adapter à l’évolution des goûts des consommateurs. Il relève une croissance des vins faiblement alcoolisés ou sans alcool ainsi que des produits prêts-à-boire à base de vin, même si ces deux segments restent modestes au sein de catégories plus larges dominées par les spiritueux et les boissons maltées.

Dans le commerce de détail, les consommateurs constatent dans certains marchés une baisse des prix, car des vins premium sont redirigés vers les circuits du vrac et parce que les vins sous marque distributeur ainsi que les marques soldées occupent davantage d’espace en rayon. Ciatti avertit que ces prix plus bas, combinés à une baisse des volumes vendus, pourraient ne pas être soutenables pour nombre de domaines ou de viticulteurs. Les retards de paiement ainsi que l’arrachage ou la mise en sommeil de vignobles sont déjà largement répandus, précise le rapport.