07-05-2026
Le repli du Canada vis-à-vis du vin, de la bière et des spiritueux américains est devenu l’un des signes les plus nets de la manière dont les tensions commerciales entre Washington et Ottawa redessinent les marchés de consommation des deux côtés de la frontière.
En l’espace d’un an, les importations d’alcool américain au Canada ont chuté de plus de 70 % après que le président Donald Trump a imposé en février 2025 des droits de douane de 25 % au Canada et au Mexique, et que les provinces canadiennes ont réagi en retirant les produits américains des rayons des magasins d’alcool. Le mouvement a particulièrement frappé le vin. Les exportations américaines de vin vers le Canada sont passées de 460 millions à 103 millions de dollars, tandis que la part américaine sur le marché canadien du vin importé est tombée de 21 % en 2024 à 5 % en 2025.
Ces évolutions ont été alimentées à la fois par les droits de douane et par des mesures de rétorsion non tarifaires. Le gouvernement fédéral canadien a imposé ses propres droits de douane de 25 % sur environ 30 milliards de dollars de biens américains, tandis que les régies provinciales des alcools de huit des dix provinces du pays ont cessé d’importer ou de vendre bière, vin et spiritueux américains. Dans de nombreux endroits, les produits ont été retirés des rayons et des boutiques en ligne. Certains responsables provinciaux ont également ciblé des biens provenant d’États américains ayant soutenu Trump.
Andrew Muhammad, économiste agricole spécialisé dans le commerce des boissons alcoolisées, a déclaré que le Canada offre un exemple clair de la rapidité avec laquelle l’accès à un marché politiquement sensible peut disparaître. Selon lui, une fois que consommateurs et détaillants se sont adaptés à de nouveaux fournisseurs, il devient plus difficile pour les producteurs étrangers de regagner leur place en rayon.
Avant l’escalade du conflit, le Canada était l’un des marchés étrangers les plus importants pour l’alcool américain. De 2022 à 2024, il a représenté environ 35 % des exportations américaines de vin, plus de 15 % des exportations de bière et jusqu’à 13 % des exportations de spiritueux distillés. En 2024, ces expéditions totalisaient 744 millions de dollars et représentaient plus de 20 % des importations canadiennes d’alcool.
Cette relation reposait depuis longtemps sur la géographie, les habitudes de consommation et un commerce relativement ouvert dans le cadre de l’Accord de libre-échange nord-américain, puis plus tard de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada. Mais après le retour au pouvoir de Trump et la reprise des menaces tarifaires, cet accès s’est rapidement réduit.
L’impact a été large selon les catégories. Les exportations américaines de spiritueux distillés vers le Canada sont passées de 238 millions à 89 millions de dollars, tandis que celles de bière ont reculé de 47 millions à 17 millions. Avec les pertes enregistrées dans le vin, le total des exportations américaines d’alcool vers le Canada a diminué de 536 millions de dollars.
Le différend est resté actif même après un certain apaisement commercial plus large l’été dernier, lorsque les deux pays ont conclu un accord partiel exemptant environ la moitié des biens conformes à l’USMCA des droits en vigueur. Les restrictions provinciales visant l’alcool américain sont restées en place.
La question est revenue sur le devant de la scène en avril 2026 lorsque Jamieson Greer, principal responsable américain du commerce, a déclaré que les droits américains existants sur les biens industriels canadiens resteraient en place et pourraient être durcis si le Canada ne levait pas ses restrictions sur l’alcool. Le premier ministre Mark Carney a vivement répliqué.
Les consommateurs canadiens ne boivent pas moins au total. Ils se sont plutôt tournés vers des produits d’autres pays et vers les producteurs nationaux. Les données commerciales des Nations unies montrent que la part du vin américain dans le marché canadien du vin importé a fortement reculé l’an dernier, tandis que les importations en provenance d’autres grands pays exportateurs de vin ont augmenté suffisamment pour compenser une grande partie du recul américain. Les importations de bière, de vin et de spiritueux en provenance d’autres pays ont également progressé respectivement de 9 %, 15 % et 7 %.
Craig Peters, directeur général de Barnburner Whiskey au Canada, a déclaré dans un entretien accordé à VinePair que les bars ne se contentaient pas simplement de remplacer une bouteille par une autre, mais repensaient l’ensemble de leur back bar. Selon lui, les exploitants indépendants en particulier s’éloignaient des marques américaines bien établies pour se tourner plus souvent vers des labels canadiens dans toutes les catégories.
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