Les exportations de vin de l’UE reculent de 11 % en janvier

20-04-2026

Des volumes plus faibles et des prix en baisse ont pesé sur les ventes vers les pays hors UE, à 1,04 milliard d’euros, les États-Unis jouant un rôle clé dans ce repli

Le secteur vitivinicole de l’Union européenne a entamé 2026 par une nette baisse de ses exportations, les ventes de vin et d’autres produits à base de vin vers les pays hors du bloc étant tombées à 1,04 milliard d’euros en janvier, soit un recul de 11 % par rapport à 1,167 milliard d’euros un an plus tôt, selon des données publiées par la Commission européenne sur les exportations agroalimentaires de l’UE-27.

Ce repli a ramené la part du vin et des produits associés à 5,92 % du total des exportations agroalimentaires de l’Union européenne au premier mois de l’année. Cette proportion souligne le poids toujours important du secteur dans le commerce agricole du bloc, même si les exportations agroalimentaires globales de l’UE ont elles aussi fléchi. La Commission a indiqué que les exportations agroalimentaires totales de l’UE-27 vers les pays hors UE ont diminué de 8 % en janvier par rapport au même mois de 2025.

Les chiffres de janvier témoignent d’un début d’année difficile pour l’un des secteurs exportateurs les plus visibles d’Europe. Le vin reste l’une des principales catégories agricoles exportées par l’UE en valeur, mais les dernières données montrent que ses performances ont été pénalisées à la fois par des volumes plus faibles et par des prix en baisse. Les volumes exportés ont reculé de 16 % en janvier, tandis que le prix moyen à l’export a chuté de 19 %, ce qui laisse penser que le repli tient non seulement à une diminution des expéditions, mais aussi à une pression sur les prix sur les marchés étrangers.

Les États-Unis semblent avoir joué un rôle central dans ce recul. Des analystes du secteur ont mis en avant un effet de comparaison après des importations exceptionnellement soutenues sur le marché américain en janvier 2025, lorsque les acheteurs avaient accéléré leurs achats avant d’éventuels changements tarifaires. Ce phénomène d’anticipation avait gonflé la base de comparaison de l’an dernier et accentué l’ampleur apparente du recul cette année, mais il n’explique pas entièrement la faiblesse observée en valeur et en prix au début de 2026.

La baisse des exportations a également réduit l’excédent commercial du secteur. Les importations de vin et de produits à base de vin dans l’Union européenne sont restées relativement modestes et ont peu évolué, passant à 109 millions d’euros contre 116 millions un an plus tôt. En conséquence, l’excédent commercial mensuel du secteur est retombé à 931 millions d’euros contre 1,051 milliard d’euros en janvier 2025, soit une baisse de 120 millions d’euros.

Malgré ce revers, le vin continue d’apporter une contribution nette importante à la balance commerciale agricole de l’UE, car la production intérieure couvre encore la majeure partie de la demande au sein du bloc et laisse des volumes substantiels disponibles à l’exportation. Mais les chiffres de janvier suggèrent que les producteurs évoluent dans un environnement de marché plus fragile qu’il y a un an.

La tendance générale observée au cours des deux dernières années est elle aussi négative. Les exportations européennes de vin étaient évaluées à 17,456 milliards d’euros en 2024 et à 16,422 milliards d’euros en 2025, ce qui montre que le secteur avait déjà perdu du terrain avant le début de cette année. Le recul enregistré en janvier alimente les inquiétudes selon lesquelles certains marchés clés pourraient approcher la saturation ou se tourner vers des produits moins chers.

Pour les domaines et exportateurs européens, la préoccupation immédiate reste la pression sur les marges. Une baisse des prix plus rapide que celle des volumes peut éroder la rentabilité même lorsque les expéditions restent importantes. Cela rend la demande dans des destinations majeures comme les États-Unis particulièrement importante, tout en accentuant la pression sur les producteurs pour diversifier leurs ventes et préserver la valeur des marques sur des marchés devenus plus volatils.

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