Les producteurs de vin européens soutiennent l'accord commercial UE-Mercosur

09-01-2026

Le Comité européen des entreprises vinicoles souligne les opportunités de croissance, notamment au Brésil

Ce vendredi 9 janvier, l'Union européenne et le Mercosur ont conclu un accord de libre-échange après 25 ans de négociations. Cet accord supprimera les barrières économiques et les droits de douane entre l'UE et les pays d'Amérique du Sud qui composent le Mercosur, à savoir le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay. L'accord est qualifié d'historique par les responsables des deux parties.

Le Comité européen des entreprises vinicoles (CEEV) s'est félicité de cette nouvelle. Ignacio Sánchez Recarte, secrétaire général du CEEV, a indiqué sur LinkedIn que le comité soutenait la décision du Conseil européen de signer l'accord. Il a déclaré qu'en cette période d'incertitude géopolitique et économique, il est essentiel pour l'UE de renforcer ses relations commerciales avec des partenaires de confiance. Selon M. Sánchez Recarte, l'accord apportera des avantages évidents à l'économie de l'UE, en particulier au secteur vitivinicole européen. Il a souligné que le Brésil était un marché à fort potentiel de croissance pour les vins de l'UE et que l'élimination des droits de douane créerait de nouvelles opportunités pour les producteurs. Le CEEV demande au Parlement européen de ratifier rapidement l'accord.

Le CEEV a également publié une déclaration soulignant la nécessité de diversifier les relations commerciales et indiquant que l'accord UE-Mercosur offre une opportunité stratégique de renforcer la coopération avec des marchés clés. L'organisation estime que la suppression des droits de douane aidera les producteurs de vin européens à devenir plus compétitifs en Amérique du Sud.

Cependant, tous les secteurs ne sont pas satisfaits du résultat. Si les producteurs de vin peuvent bénéficier d'un accès plus facile aux marchés sud-américains, d'autres secteurs agricoles européens considèrent l'accord comme une menace. Jeudi et vendredi, des protestations ont éclaté parmi les agriculteurs de plusieurs pays européens. Nombre d'entre eux estiment que les mesures de sauvegarde prévues par l'accord ne sont pas suffisantes pour protéger les produits sensibles d'une augmentation des importations ou d'une chute soudaine des prix.

Les mesures destinées à protéger les marchés locaux comprennent l'autorisation de réintroduire des droits de douane si des distorsions du marché sont détectées, des paiements anticipés dans le cadre de la politique agricole commune et la suspension temporaire des droits de douane sur les engrais. Malgré ces dispositions, les inquiétudes restent vives parmi les agriculteurs européens.

La France a été l'un des opposants les plus virulents à l'accord. Jean-Marie Fabre, président des Vignerons Indépendants de France, a déclaré que si l'ouverture de nouveaux marchés peut être positive, elle ne doit pas se faire au détriment d'autres secteurs agricoles. M. Fabre a fait valoir que les produits agricoles devraient être traités séparément dans les futurs accords commerciaux et a demandé que les accords sur les denrées alimentaires soient séparés des accords de libre-échange plus larges.

Selon les termes du traité, le Mercosur libéralisera 91 % de ses importations en provenance de l'UE, tandis que l'UE libéralisera 92 % de ses importations en provenance des pays du Mercosur. Le processus sera progressif et comprendra des quotas et des mesures de sauvegarde destinés à protéger les industries locales. L'accord fixe également des normes plus strictes en matière de protection de l'environnement, de droits du travail et de sécurité alimentaire.

La Commission européenne estime que ce traité pourrait accroître les exportations européennes d'environ 84 milliards d'euros et créer jusqu'à 756 000 emplois supplémentaires dans les États membres. Alors que le débat sur la ratification se poursuit au Parlement européen, les partisans de l'accord mettent en avant la croissance économique et les nouvelles opportunités pour des secteurs tels que le vin, tandis que les détracteurs de l'accord mettent en garde contre les risques encourus par d'autres secteurs de l'industrie agricole européenne.