05-06-2026
Une nouvelle étude publiée dans la revue Waste Management indique que les brasseries peuvent prendre des décisions plus éclairées sur l’utilisation des drêches de brasserie, l’un des principaux sous-produits de l’industrie brassicole, en évaluant simultanément la rentabilité et l’impact environnemental.
Les drêches de brasserie, souvent désignées par l’acronyme BSG, sont les résidus humides d’orge laissés après l’empâtage et la filtration du moût dans la production de bière. Elles sont produites en grandes quantités dans le monde entier et se dégradent rapidement en raison de leur forte teneur en eau. Elles constituent donc à la fois un problème de déchets et une opportunité commerciale pour les brasseries et les transformateurs alimentaires qui cherchent à les valoriser en alimentation animale, en compost, en énergie ou en ingrédients à plus forte valeur ajoutée.
L’article, intitulé « Pathway development for brewer’s spent grain valorization using multi-objective optimization », présente un modèle conçu pour aider les entreprises à comparer différents usages des drêches selon deux objectifs principaux : améliorer le résultat avant intérêts et impôts, ou EBIT, et réduire l’empreinte carbone. Travaux publiés par Elsevier dans Waste Management, il s’intéresse à la manière dont les brasseries peuvent choisir entre plusieurs voies concurrentes plutôt que de considérer la gestion des déchets comme une simple question d’élimination.
Selon le résumé de l’étude, le modèle a montré que l’alimentation animale était la voie la plus rentable parmi les options examinées, tandis que le compostage présentait l’impact environnemental le plus faible. Ce résultat met en évidence un arbitrage bien connu dans les systèmes alimentaires industriels : l’option qui rapporte le plus n’est pas toujours celle qui réduit le plus les émissions.
Cette recherche est importante car les drêches sont générées dans כמעט toutes les brasseries, des grands sites industriels aux producteurs régionaux plus modestes. La production de bière génère d’importants flux secondaires, et les drêches représentent la majeure partie de ce volume. Dans bien des cas, elles sont vendues à bas prix, données localement ou évacuées moyennant un coût supplémentaire. Un cadre comparant rendement financier et effets climatiques pourrait aider les brasseries à décider s’il faut investir dans des équipements de séchage, des systèmes de transport, des partenariats de transformation ou de nouvelles gammes de produits.
L’étude paraît alors que les brasseries font face à des pressions sur plusieurs fronts. Les coûts de l’énergie restent volatils. Les frais d’élimination des déchets peuvent être importants. Les investisseurs et les régulateurs accordent une attention croissante aux émissions et à l’utilisation des ressources. Dans le même temps, les brasseurs cherchent des moyens d’améliorer leurs marges sur un marché concurrentiel où la demande de bière est devenue moins prévisible dans certaines régions.
En recourant à une optimisation multi-objectifs, les chercheurs ont élaboré un cadre d’aide à la décision plutôt que de promouvoir une réponse unique valable partout. Cette approche est importante car la meilleure utilisation des drêches peut dépendre de conditions locales telles que la distance de transport, les prix de l’énergie, l’accès aux marchés de l’élevage, la demande en compost et les infrastructures de transformation. Une brasserie située près d’exploitations agricoles peut trouver la vente pour alimentation animale pratique et rentable. Une autre implantation en zone urbaine peut obtenir de meilleurs résultats avec le compostage ou en orientant cette matière vers un autre procédé industriel.
La principale contribution de l’article ne tient pas seulement au fait que l’alimentation animale peut rapporter davantage ou que le compostage peut réduire les émissions. Elle réside dans la possibilité pour les brasseries d’évaluer ces résultats conjointement et d’identifier où les compromis sont acceptables. Pour les dirigeants qui doivent décider d’investissements en capital, ce type de modèle peut s’avérer plus utile qu’une analyse étroite fondée uniquement sur le coût d’élimination ou uniquement sur des objectifs de durabilité.
Les drêches suscitent un intérêt croissant chez les chercheurs et les entreprises agroalimentaires parce qu’elles contiennent encore des fibres, des protéines et d’autres composés susceptibles d’avoir une valeur. Certains projets ont exploré leur utilisation dans les produits de boulangerie, les snacks, comme intrants pour la fermentation, dans les biomatériaux et pour la bioénergie. Mais nombre de ces voies nécessitent un traitement supplémentaire, des chaînes d’approvisionnement stables et des acheteurs prêts à payer suffisamment pour justifier l’investissement. La nouvelle étude alimente ce débat en présentant la valorisation comme un choix stratégique façonné à la fois par l’économie et par les émissions.
Pour les brasseries, notamment celles de taille moyenne qui ne disposent pas forcément de gros budgets de recherche, ces outils pourraient aider à réduire l’incertitude avant d’engager des dépenses dans de nouveaux équipements ou des contrats externes. Si une entreprise sait qu’une voie améliore l’EBIT mais augmente son empreinte carbone, tandis qu’une autre produit l’effet inverse, elle peut prendre une décision plus claire en fonction de ses propres priorités, de son exposition réglementaire et des attentes de ses clients.
Ces résultats ont aussi des implications au-delà du brassage. Dans tous les secteurs agroalimentaires, les fabricants cherchent à tirer davantage de valeur des sous-produits tout en réduisant leurs déchets. Des modèles comme celui-ci pourraient être adaptés à d’autres résidus issus de la distillation, du vinification, du traitement laitier ou du broyage des céréales, où les entreprises sont confrontées à des questions similaires : faut-il privilégier le chiffre d’affaires, la réduction des émissions ou un équilibre entre les deux ?
L’étude souligne une évolution plus large dans la manière dont les déchets sont perçus dans l’industrie des boissons. Plutôt que de considérer les sous-produits comme un coût inévitable, les producteurs y voient de plus en plus un élément de leur stratégie opérationnelle. Dans ce contexte, les drêches ne sont pas seulement une matière résiduelle issue du brassage. Elles constituent un cas d’école pour montrer comment les brasseries peuvent relier objectifs environnementaux et performance financière lorsqu’elles décident du devenir du contenu du moût après vidange de la cuve-matière.
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