Les brasseries britanniques se tournent vers les taprooms à mesure que l’accès aux pubs se réduit

15-04-2026

Les brasseurs indépendants estiment que le manque de place en rayon dans les pubs les pousse vers la vente directe, alors même que la demande de bière locale progresse.

Les brasseries indépendantes britanniques se tournent de plus en plus vers les taprooms, les boutiques et la vente directe, alors que de nombreux pubs continuent de privilégier les marques mondiales de bière. Selon les responsables du secteur, ce mouvement redessine les lieux où les consommateurs choisissent d’acheter leur bière et la manière dont les petits producteurs survivent.

La Society of Independent Brewers and Associates a indiqué dans un nouveau rapport que 8 consommateurs de bière sur 10, et 89 % des 18 à 24 ans, souhaitent trouver dans les pubs une gamme de bières issues de petites brasseries aux côtés des grandes marques. Mais le groupe précise que l’accès à ces pubs reste limité pour de nombreux brasseurs indépendants, les petits producteurs indiquant qu’ils ne peuvent pas vendre dans une moyenne de 62 % des pubs de leur zone locale, les grands brasseurs dominant le marché.

Cette pression pousse davantage de brasseries à vendre directement aux clients. La SIBA indique que 51 % des brasseries indépendantes exploitent désormais une boutique sur leur site et que 46 % disposent d’un taproom. Un autre 33 % vendent leur bière sur des stands de marché et lors d’événements. Cette tendance reflète une volonté plus large des petits brasseurs d’atteindre les consommateurs sans dépendre entièrement du réseau des pubs.

Andy Slee, directeur général de la SIBA, a déclaré que les consommateurs comprennent de plus en plus qu’ils peuvent boire une bière fraîche directement à la source, dans les taprooms des brasseries, mais il a souligné que ces établissements restent bien moins nombreux que les quelque 40 000 pubs répartis à travers la Grande-Bretagne. Selon lui, les pubs auraient intérêt à proposer des bières locales indépendantes, car les consommateurs en font la demande et parce que cela peut soutenir l’ensemble des ventes de bière.

Le rapport met aussi en évidence des signes de résilience dans le secteur. La part des consommateurs déclarant boire de la bière au moins occasionnellement est remontée à 50 %, inversant des baisses antérieures. Les brasseries indépendantes disent également prévoir de créer plus de 780 emplois cette année, malgré la hausse des coûts, la réglementation et la pression fiscale. Près de la moitié des brasseries interrogées ont indiqué que leur priorité absolue était leur survie, tandis qu’un peu moins d’un tiers s’attendent à voir leur chiffre d’affaires reculer cette année.

Dans le même temps, le secteur reste fragile. Plus de la moitié des brasseurs interrogés ont déclaré n’avoir recherché aucun investissement l’an dernier, une période au cours de laquelle 137 brasseries indépendantes ont fermé et un pub a baissé le rideau chaque jour, selon le rapport.

La SIBA a indiqué que la cask beer reste centrale pour le secteur indépendant, avec 58 % des bières produites par ses brasseries adhérentes conditionnées en cask. Les pale ales, bitters et golden ales étaient les styles dominants. Pourtant, seuls environ 27 % des consommateurs de bière disent boire de la cask beer. Le rapport voit là un potentiel de croissance : 40 % ont dit qu’ils l’essaieraient si on leur en proposait un échantillon gratuit, et 31 % s’y essaieraient si elle était produite localement.

Le bouche-à-oreille comptait aussi. Le rapport indique que 43 % des consommateurs essaieraient une nouvelle boisson si elle leur était recommandée par un ami ou un membre de leur famille, soulignant combien le soutien local peut influencer les habitudes d’achat.

L’Indie Beer Week se poursuit jusqu’au 19 avril avec des événements dans les taprooms des brasseries, les pubs et les bars à travers la Grande-Bretagne, tandis que les brasseurs indépendants cherchent à élargir leur portée et que les pubs continuent de décider quelles bières auront leur place au comptoir.