Une étude sur le climat met en garde contre l'extinction de 85 % des régions viticoles du monde

07-01-2026

Une augmentation de quatre degrés Celsius pourrait rendre la quasi-totalité des vignobles actuels impropres à la culture des cépages traditionnels.

L'industrie mondiale du vin est confrontée à des défis importants, car le changement climatique modifie les schémas météorologiques et a un impact sur la culture du raisin. Ces dernières années, des phénomènes météorologiques extrêmes ont affecté les vignobles des principales régions viticoles, notamment l'Italie, l'Espagne, l'Australie, l'Argentine, le Chili, le Brésil et l'Afrique du Sud. Selon l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), la production mondiale de vin a chuté de 10 % en 2024 en raison de tempêtes de grêle, de gelées soudaines et de graves sécheresses. Certaines régions ont connu des baisses allant jusqu'à 30 %, marquant ainsi les niveaux de production les plus bas depuis 1961.

L'Italie, qui est traditionnellement l'un des principaux producteurs de vin au monde, a été durement touchée par ces changements. En 2023, la récolte de vin du pays a chuté de 12 % par rapport à l'année précédente. La baisse a été la plus prononcée dans les régions du centre et du sud, où les récoltes ont chuté respectivement de 20 % et de 30 %. Cette baisse est liée à une augmentation de 70 % des précipitations pendant les périodes critiques pour les traitements de lutte contre les maladies dans les vignobles. Les pluies excessives ont non seulement rendu difficile l'accès aux champs, mais ont également augmenté le risque de maladies végétales.

En 2024, le secteur viticole italien a connu une modeste reprise, avec une augmentation de 7 % de la récolte par rapport à 2023. Toutefois, cette amélioration n'a pas permis de retrouver les niveaux de production des années précédentes. Les données du Conseil national de la recherche italien montrent que la sécheresse continue d'affecter près d'un tiers des terres agricoles dans les régions méridionales telles que les Pouilles, la Basilicate, la Calabre, la Sicile et la Sardaigne. La Sicile et la Calabre ont été particulièrement touchées, la sécheresse affectant respectivement jusqu'à 69 % et 47 % de leurs zones agricoles.

L'augmentation des températures modifie également la manière dont les raisins sont cultivés et le lieu où ils sont cultivés. Au cours des trois dernières décennies, les températures moyennes dans le sud de l'Italie ont augmenté de près de deux degrés Celsius. Cela a conduit de nombreux viticulteurs à déplacer leurs vignobles en altitude, parfois jusqu'à 1 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, à la recherche de conditions plus fraîches et d'une meilleure humidité du sol. Les experts avertissent que le déplacement des vignobles doit être effectué avec précaution afin d'éviter d'endommager les écosystèmes locaux ou de réduire la biodiversité.

Alors que le sud de l'Italie lutte contre la sécheresse et les pénuries d'eau, les régions du nord sont confrontées à d'autres problèmes. La persistance de fortes pluies et d'inondations a rendu les champs inaccessibles aux machines pendant les périodes clés de plantation et de récolte. Ces conditions ont retardé les semailles et empêché la collecte du foin nécessaire à l'alimentation du bétail.

Le changement climatique affecte également le calendrier des cycles de croissance de la vigne. Les hivers plus chauds peuvent perturber la capacité des plantes à entrer en dormance et à démarrer de nouveaux cycles de croissance au bon moment. Cela peut réduire les rendements et affecter la qualité du raisin.

Pour l'avenir, les chercheurs préviennent qu'une nouvelle augmentation des températures mondiales pourrait réduire considérablement les terres propices à la culture de la vigne dans le monde entier. Une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences révèle que si les températures moyennes augmentent de deux degrés Celsius, plus de la moitié des zones viticoles actuelles pourraient devenir impropres à la culture des variétés de raisin traditionnelles. Si les températures augmentent de quatre degrés Celsius, jusqu'à 85 % de ces zones pourraient être perdues.

L'une des solutions proposées consiste à diversifier les types de raisins cultivés - appelés "cultivars" - afin d'inclure des variétés plus résistantes à la chaleur ou à la sécheresse. En changeant de cultivars, les pertes pourraient être réduites de manière significative, même dans des scénarios de températures plus élevées. Cependant, le changement de cépages peut modifier le goût et le caractère des vins, ce qui peut affecter les préférences des consommateurs et les résultats économiques des producteurs.

Le secteur vitivinicole italien est aujourd'hui à la croisée des chemins. Après quatre années de niveaux de production stables et proches des moyennes historiques, la production a fortement chuté en 2023. Les premières estimations pour 2024 laissent entrevoir une certaine reprise, mais restent en deçà de la moyenne quinquennale. Les experts du secteur affirment que l'adaptation au changement climatique nécessitera de nouvelles pratiques agricoles, une gestion prudente de la biodiversité et une planification à long terme.

Alors que les pressions climatiques s'intensifient, les viticulteurs italiens et du monde entier sont contraints de repenser leur façon de cultiver le raisin et de produire du vin. L'avenir de cette industrie séculaire pourrait dépendre de la rapidité avec laquelle elle pourra s'adapter à un environnement changeant tout en préservant sa valeur culturelle et économique.