La Champagne et la Bourgogne marquent une décennie d'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO par une croissance et une attention culturelle renouvelée

30-06-2025

Les deux régions viticoles françaises bénéficient d'une reconnaissance mondiale et d'investissements locaux grâce à l'essor du tourisme et à l'intensification des efforts de préservation.

Cité des Climats et des Vins

Le 4 juillet 2015, le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a inscrit sur sa liste deux des plus célèbres régions viticoles françaises : les coteaux, les maisons et les caves de Champagne, et les "climats" du vignoble bourguignon. Dix ans plus tard, les deux régions continuent de connaître des changements importants et de bénéficier de cette reconnaissance.

En Champagne, l'inscription sur la liste de l'UNESCO a permis de rétablir le lien entre le vin pétillant mondialement connu et sa région d'origine. Amandine Crépin, directrice de l'association Paysages de Champagne, explique que si le champagne est connu dans le monde entier, les paysages et le patrimoine de la région étaient méconnus. Le statut de l'UNESCO a permis d'attirer l'attention sur ces aspects.

Le tourisme en Champagne s'est fortement développé depuis l'inscription. À Reims, l'une des principales villes de la région, le nombre de touristes a augmenté de plus de 60 % entre 2016 et 2023. La clientèle s'est internationalisée. Selon M. Crépin, il y a dix ans, il était difficile pour les touristes de la Route du Champagne de trouver des lieux de restauration ou des sites à visiter. Depuis, de nombreuses initiatives ont vu le jour.

Plusieurs attractions majeures ont vu le jour ces dernières années. Le Musée du vin de Champagne à Épernay a ouvert ses portes en 2021. Cette même année a vu le lancement de Pressoria à Aÿ-Champagne, un musée sensoriel créé dans un ancien centre de pressurage appartenant à Pommery. De grandes maisons de champagne telles que Pol Roger, Ruinart, Thiénot et Bollinger ont élargi leurs programmes de visite. À l'abbaye historique de Dom Pérignon à Hautvillers, d'importants travaux de rénovation sont en cours pour accueillir les visiteurs à partir de 2028.

En Bourgogne, l'un des changements les plus notables est la façon dont le terme "climat" est entré dans l'usage courant au-delà des experts en vin. Aubert de Villaine, l'un des principaux artisans de la candidature de la Bourgogne à l'UNESCO, note que le terme "climat" fait désormais référence à un site viticole spécifique dans le grand public et même chez les anglophones. Au cours de la dernière décennie, la Bourgogne a renforcé sa réputation de référence en matière de vins de terroir.

L'association créée après l'inscription de la Bourgogne à l'UNESCO est devenue un élément central de la préservation et de la promotion du patrimoine de la région. Elle est récemment intervenue dans un projet d'éoliennes pour protéger les paysages viticoles. M. de Villaine explique que si la réglementation française sur les AOC fixe des normes de production, il n'existait auparavant aucune protection générale des aspects culturels des climats bourguignons. La technologie moderne ayant modifié le travail de la vigne, il était temps, selon lui, de sauvegarder ce patrimoine.

Le succès du concept des "climats" en Bourgogne a incité d'autres régions viticoles à adopter un langage similaire. Afin de protéger la signification unique de ce terme en Bourgogne, les autorités locales ont demandé à l'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité) de lui conférer une protection juridique.

La Cité des Climats et des Vins de Beaune - un centre œnotouristique majeur - a ouvert ses portes en 2023, ainsi que des antennes à Chablis et à Mâcon. Cependant, le nombre de visiteurs a été inférieur aux attentes jusqu'à présent : seulement 86 000 personnes ont visité les trois sites au cours de leur première année, par rapport à l'objectif initial de 180 000 pour 2024. La plupart des visiteurs se sont rendus à Beaune. Les organisateurs s'attendent à ce que la fréquentation augmente au fil du temps.

Le statut de l'UNESCO a également permis à la Bourgogne de créer un fonds pour la préservation des éléments du patrimoine à petite échelle, tels que les murs de pierre et les cabanes de vigne. Cyprien Arlaud, président de l'association Climats, affirme que des millions d'euros ont été investis dans toute la région avec le soutien de donateurs privés.

Avant 2015, M. Arlaud affirme que seuls les connaisseurs en vin connaissaient les climats de Bourgogne. Aujourd'hui, ils sont considérés comme faisant partie d'une culture et d'un mode de vie plus larges qui incluent l'activité économique et attirent les jeunes générations. Les visites paysagères aident les visiteurs à comprendre ce qui se cache derrière ces vins célèbres et encouragent la réflexion sur la manière dont la région peut s'adapter à l'avenir.

La Champagne et la Bourgogne montrent que la reconnaissance de l'UNESCO peut apporter des changements durables, non seulement en attirant davantage de touristes, mais aussi en approfondissant l'appréciation de la culture et de l'histoire locales, tout en encourageant les efforts de préservation qui profitent à des communautés entières.