L’Italie durcit les sanctions contre la fraude alimentaire

03-06-2026

Une nouvelle loi élargit la responsabilité pénale pour les vins contrefaits et les denrées certifiées, avec des amendes pouvant atteindre 50 000 € et des peines de prison allant jusqu’à quatre ans

L’Italie a durci les sanctions contre la fraude alimentaire et les produits contrefaits dans une mesure qui pourrait rebattre les cartes de l’application de la loi dans les secteurs viticole et agricole du pays, avec des amendes pouvant atteindre 50 000 € et des peines de prison allant jusqu’à quatre ans pour certaines infractions.

La nouvelle loi, n° 75 du 21 avril 2026, est entrée en vigueur le 29 mai et renforce la protection juridique des produits agroalimentaires italiens, y compris les vins bénéficiant d’une appellation d’origine protégée et d’une indication géographique protégée. Elle vise également les produits biologiques et autres denrées certifiées faussement présentées aux consommateurs comme authentiques.

Cette mesure intervient alors que l’Italie cherche à endiguer la vente de faux produits Made in Italy, un problème qui touche depuis longtemps le vin, l’huile d’olive, le fromage et d’autres exportations à forte valeur ajoutée. En vertu de la loi, la fraude dans le commerce alimentaire, l’usage de signes trompeurs et la contrefaçon de produits DOP, IGP et biologiques sont désormais considérés comme des infractions pénales spécifiques. Les autorités peuvent intervenir plus tôt dans la chaîne d’approvisionnement, non seulement une fois le produit parvenu au consommateur final, mais aussi pendant le transport, le stockage ou le dédouanement.

Ce changement est important pour la filière viticole, où des étiquettes contrefaites et des allégations géographiques trompeuses peuvent nuire à la fois aux producteurs et aux consommateurs. La loi autorise les inspecteurs à saisir des marchandises imitant des noms, couleurs ou symboles italiens sans lien réel avec le pays. Les entreprises reconnues coupables d’utiliser indûment des labels ou marques protégés peuvent encourir des sanctions pénales ainsi qu’une fermeture temporaire allant de 5 jours à 3 mois.

Le texte élargit également la responsabilité des personnes morales. Les entreprises peuvent désormais être tenues responsables lorsqu’un salarié commet une infraction au bénéfice de l’activité. Cela signifie que les domaines viticoles, distributeurs et entreprises agroalimentaires devront renforcer leurs contrôles internes, leurs systèmes documentaires et leurs procédures de conformité afin de réduire leur exposition juridique.

Un autre volet majeur de la loi concerne les ventes en ligne. Les autorités italiennes ont de plus en plus averti que les plateformes de commerce électronique servent à commercialiser des denrées contrefaites et des produits trompeurs. Les nouvelles règles renforcent la surveillance des canaux de vente numériques et créent une structure centrale de coordination au ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et des Forêts. Les carabiniers, la police financière et les garde-côtes partageront davantage d’informations afin d’accélérer les contrôles et l’application de la loi.

La loi comporte aussi une disposition visant à réduire le gaspillage. Les denrées saisies par les autorités ne seront pas automatiquement détruites si elles sont jugées propres à la consommation. Une fois les étiquettes fausses ou irrégulières retirées, ces produits pourront être orientés vers des banques alimentaires et des organisations caritatives.

Pour les producteurs de vin certifiés DOP et IGP, ce nouveau cadre renchérit le coût de la fraude et pourrait imposer un examen plus large des systèmes de traçabilité, des pratiques d’étiquetage et des contrôles de distribution, à un moment où les autorités italiennes cherchent à protéger l’une des marques agricoles les plus précieuses du pays.