Le gouvernement français lance un programme d'arrachage de vignes de 130 millions d'euros pour les viticulteurs en difficulté

06-02-2026

Les producteurs de vin peuvent demander jusqu'à 4 000 euros par hectare pour arracher définitivement des vignobles, alors que le secteur est confronté à la crise économique.

Le gouvernement français a ouvert les candidatures pour son nouveau plan d'arrachage des vignes, qui offre aux viticulteurs 4 000 euros par hectare pour l'arrachage définitif de leurs vignes. Le programme, qui pourrait concerner jusqu'à 32 500 hectares de vignes, a été lancé en ligne ce vendredi matin. Il est soutenu par un budget de 130 millions d'euros, approuvé plus tôt cette semaine dans le cadre du budget national 2026. Le plan est conçu pour aider les producteurs de vin en difficulté qui font face à des problèmes économiques et à un manque de successeurs, et il est lancé avant le Salon annuel de l'agriculture de Paris qui se tiendra plus tard ce mois-ci.

Le programme est ouvert pendant un mois, jusqu'au 6 mars à midi. Les candidats éligibles doivent disposer d'un certificat de viticulture actif (CVI), d'un numéro d'identification d'entreprise (SIRET) valide et avoir déposé au moins une déclaration de récolte au cours des trois dernières années. Les plantations illégales et les parcelles abandonnées sont exclues. Les vignobles faisant l'objet d'une procédure de liquidation ne sont pas non plus éligibles.

La priorité sera donnée aux viticulteurs qui souhaitent sortir de la filière en arrachant toutes leurs vignes. Selon une enquête de FranceAgriMer réalisée à la fin de l'année 2025, environ 20 % des 34 400 hectares identifiés pour l'enlèvement provenaient de telles demandes de sortie totale. Les arrachages partiels ne sont autorisés que pour les parcelles de plus de dix ans et n'incluent pas les vignes de Chardonnay.

Une fois retirés dans le cadre de ce programme, les vignobles perdent tous leurs droits de replantation. Les bénéficiaires ne peuvent pas demander de nouvelles autorisations de plantation pendant dix ans. Cette règle fait suite au précédent établi par la campagne d'arrachage 2024, qui a vu 25 500 hectares arrachés avec 120 millions d'euros de fonds nationaux liés à la guerre en Ukraine.

Des sanctions strictes sont prévues en cas de non-respect de cette règle. Si un producteur ne parvient pas à arracher au moins 80 % de la superficie engagée, il perdra toutes les aides à l'arrachage et ne pourra plus bénéficier de l'aide européenne au secteur vitivinicole pendant six ans. Cette mesure vise à empêcher les demandeurs de gonfler leurs demandes en prévision d'éventuels déficits budgétaires et de réductions proportionnelles.

Le plan s'applique à l'ensemble du territoire national avec des conditions et des taux de paiement uniformes. Toutefois, dans la région de Cognac, les autorités locales ont introduit une prime supplémentaire de 6 000 euros par hectare pour les cépages éligibles utilisés dans la production de Cognac. Cela porte l'aide totale à 10 000 euros par hectare, financée par un prélèvement obligatoire sur le secteur après que la compensation européenne ne s'est pas concrétisée à la suite des droits de douane chinois sur les spiritueux français.

Le secteur attend toujours l'approbation finale de l'Union européenne, tant pour le cadre réglementaire que pour les détails du programme français. Le "paquet vin" de l'UE devrait entrer en vigueur à la fin du mois de février ou au début du mois de mars. Entre-temps, les autorités françaises font pression sur Bruxelles pour qu'elle débloque 80 millions d'euros supplémentaires des réserves de crise afin de soutenir la distillation du vin.

Les associations professionnelles estiment que le temps presse. Le principal syndicat agricole, la FNSEA, a demandé au commissaire européen à l'agriculture, Christophe Hansen, d'agir rapidement, avertissant que des retards supplémentaires étaient inacceptables compte tenu des besoins urgents des viticulteurs confrontés à des impasses économiques ou incapables de trouver des successeurs.

Outre l'aide à l'arrachage des vignes, le gouvernement prévoit d'autres mesures en 2026 pour aider les caves coopératives à se restructurer et à réviser les lois agricoles régissant les coûts de production et les négociations commerciales. Ces mesures visent à stabiliser un secteur durement touché par la baisse de la demande, la surproduction et les conflits commerciaux internationaux.