Les importations canadiennes de vin en provenance des États-Unis chutent à la suite des tarifs douaniers et des boycotts qui remodèlent le marché

06-02-2026

Les producteurs de l'Europe et de l'hémisphère sud gagnent du terrain alors que le Canada se tourne vers le vin en vrac et réduit sa dépendance à l'égard des fournisseurs américains.

Les données douanières canadiennes analysées par l'Organisation interprofessionnelle du vin espagnol (OIVE) montrent que de janvier à septembre 2025, le Canada a réduit ses importations totales de vin en valeur de 8,3 %, mais les a augmentées en volume de 1,3 %. Le pays a importé du vin pour une valeur de 1,2625 milliard d'euros et un total de 275,2 millions de litres au cours de cette période. Cette évolution s'est traduite par une baisse de 9,5 % du prix moyen par litre, qui s'élève désormais à 4,59 €.

Si l'on ventile les données par type de produit, les importations de vins en bouteille - y compris les vins mousseux, les vins tranquilles et les vins en caisse - ont diminué à la fois en valeur (moins 9,4 %) et en volume (moins 3,5 %), atteignant 1,2071 milliard d'euros et 192,6 millions de litres. Le prix moyen du vin en bouteille a baissé de 6,1 % pour atteindre 6,27 euros par litre.

En revanche, les importations de vin en vrac ont connu une croissance significative. De janvier à septembre 2025, le Canada a augmenté ses importations de vin en vrac de 23,3% en valeur et de 14,6% en volume, totalisant 55,3 millions d'euros et 82,5 millions de litres. Le prix moyen du vin en vrac a augmenté de 7,6 %, atteignant 0,67 € par litre.

Ces changements s'expliquent en grande partie par la forte baisse des importations canadiennes de vin américain, qui ont chuté de 74,5 % en valeur et de 54,4 % en volume au cours des neuf premiers mois de l'année. Les États-Unis sont passés au sixième rang des fournisseurs de vin du Canada, tant en valeur qu'en volume. Ce recul fait suite à un différend commercial qui a débuté en mars 2025, lorsque les États-Unis ont imposé des droits de douane de 25 % sur les produits canadiens, ce qui a incité le Canada à riposter en imposant des droits de douane sur les produits américains, y compris le vin.

Plusieurs provinces canadiennes et détaillants ont également retiré les vins américains de leurs rayons ou ont appelé au boycott, ce qui a encore réduit la demande de vins américains au Canada depuis mars 2025. En conséquence, le Canada a importé 23,2 millions de litres de vin américain en moins et a dépensé 204,9 millions d'euros de moins pour ces produits par rapport à la même période l'année dernière.

D'autres pays ont bénéficié de cette évolution du marché canadien au cours des neuf premiers mois de 2025, l'Italie, la France, le Chili, la Nouvelle-Zélande, l'Argentine et l'Australie ayant tous augmenté leurs ventes au Canada.

L'Espagne a enregistré des résultats positifs au cours de cette période, ses exportations vers le Canada ayant augmenté de 8,9 % en valeur et de 18 % en volume, ce qui en fait le troisième fournisseur en valeur (99,4 millions d'euros) et le cinquième en volume (21,2 millions de litres). La France est restée le premier fournisseur du Canada en valeur (394,3 millions d'euros, soit une hausse de 8,5 %) et le deuxième en volume (49,9 millions de litres, soit une hausse de 13 %), en raison d'un prix moyen plus élevé (7,91 euros par litre).

L'Italie est arrivée en tête en volume avec 56,1 millions de litres (en hausse de 9 %) et s'est classée deuxième en valeur avec 329,1 millions d'euros (en hausse de 6 %). L'Australie était troisième en volume avec 47,3 millions de litres (en hausse de 4,7%) mais quatrième en valeur avec 83,8 millions d'euros (en hausse de 10,6%), avec un prix moyen de 1,77 € par litre (en hausse de 5,6%), inférieur à la moyenne du marché.

D'autres augmentations notables ont été enregistrées au Chili (+ 17 % en valeur et + 34 % en volume), en Nouvelle-Zélande (+ 12 % en valeur et + 28 % en volume) et en Argentine (+ 17 % en valeur et + 40 % en volume).

Le marché canadien des importations de vin a subi d'importants changements au cours des neuf premiers mois de 2025 en raison des tensions commerciales internationales et de l'évolution des préférences des consommateurs vers les formats en vrac plutôt que vers les vins en bouteille. La forte baisse des importations de vins d'origine américaine a permis aux producteurs européens et de l'hémisphère sud d'accroître leur présence sur les étagères canadiennes, les consommateurs cherchant des solutions de rechange dans le contexte des différends commerciaux entre Ottawa et Washington D.C., ainsi que des boycotts locaux contre les produits américains dans plusieurs provinces.

Ces développements ont non seulement modifié le classement des principaux fournisseurs de vin du Canada, mais ont également affecté les tendances de prix dans différentes catégories, le vin en vrac gagnant du terrain en tant qu'option rentable pour les importateurs confrontés à des droits de douane plus élevés sur les produits traditionnels en bouteille provenant du plus grand producteur d'Amérique du Nord.