Les producteurs de vin toscans s’opposent à un projet de batterie de 100 mégawatts à Suvereto

Le consortium estime que le projet d’énergie renouvelable proposé pourrait consommer des terres agricoles et endommager le paysage qui fait vivre le vin et le tourisme.

13-07-2026

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Le consortium viticole de Suvereto et de la Val di Cornia, sur la côte toscane, s’est prononcé contre une nouvelle vague de projets d’énergies renouvelables dans la région, estimant que ces plans pourraient dégrader le paysage, réduire les terres agricoles et fragiliser une économie fondée sur le vin et le tourisme.

Dans un communiqué publié lundi, le Consorzio Vini Suvereto e Val di Cornia a dit être profondément préoccupé par des projets liés à la production, au stockage et à la gestion de l’électricité issue de sources renouvelables, qui cherchent à trouver de l’espace sur l’ensemble du territoire. Le groupe a déclaré soutenir la transition plus large vers une énergie plus propre, mais a estimé que l’ampleur et la dispersion des infrastructures proposées pourraient avoir, selon ses termes, des effets profonds sur le paysage, l’usage agricole des terres et l’identité de la zone.

Au cœur du différend se trouve un système de stockage d’énergie par batteries de 100 mégawatts, ou BESS, récemment proposé à Suvereto. Daniele Petricci, président du consortium, a déclaré que le projet risque de n’être que le premier d’une série d’interventions qui modifieraient un territoire qui, au cours des 40 dernières années, s’est éloigné d’un modèle industriel pour aller vers un modèle fondé sur la protection du paysage et une agriculture de haute qualité.

M. Petricci a déclaré que les producteurs locaux ne vendent pas seulement du vin, mais aussi l’image d’un lieu. Il a ajouté que les opérateurs touristiques de toute la Val di Cornia dépendent de cette même image et a averti que des installations énergétiques à grande échelle pourraient mettre en péril un système économique qui fait vivre une grande partie de la région.

Le consortium a indiqué que les viticulteurs s’inquiètent non seulement des sites de production eux-mêmes, qui, selon lui, pourraient soustraire des dizaines d’acres fertiles à l’usage agricole pour des panneaux agrivoltaïques et des éoliennes, mais aussi du réseau plus large nécessaire pour les soutenir. Il a cité les systèmes de stockage, les câbles souterrains, les servitudes, les postes électriques et les travaux de raccordement qui, pris ensemble, pourraient transformer à la fois le paysage et l’économie locale.

Le groupe a également exprimé des inquiétudes quant au fait que certains projets pourraient avancer par le biais de procédures d’expropriation et toucher de vastes parties de la zone sans tenir suffisamment compte des effets cumulés. Selon le consortium, cela pourrait réduire de manière significative la productivité agricole et menacer la stabilité économique des entreprises familiales, qui constituent une grande partie du tissu social et économique local et assurent un travail régulier aux salariés.

Le différend reflète une tension plus large dans de nombreuses régions viticoles d’Europe, où les objectifs climatiques et les politiques de développement rural entrent en collision avec les efforts visant à préserver les terres agricoles et la valeur paysagère. Dans les endroits où les vignobles sont étroitement liés à l’identité des appellations, à l’hospitalité et au marketing à l’export, les changements d’usage des sols peuvent avoir des implications qui dépassent la seule agriculture. Pour les producteurs de boissons, en particulier les domaines viticoles qui s’appuient sur une image de marque fondée sur le lieu, toute évolution du paysage ou des capacités agricoles peut potentiellement affecter à la fois la production et la manière dont les bouteilles sont positionnées sur les marchés nationaux et internationaux.

Le consortium a appelé le gouvernement régional de Toscane à jouer un rôle de coordination plus fort. Il a demandé à la région de définir des règles claires pour déterminer où les infrastructures d’énergie renouvelable sont adaptées, d’évaluer les effets cumulés plutôt que d’examiner les projets un par un, de garantir des procédures transparentes et participatives, et de placer la protection du paysage, de l’agriculture, de la production de qualité et du tourisme au centre de la prise de décision.

M. Petricci a déclaré que la position du consortium ne devait pas être interprétée comme une opposition à la durabilité. Il a dit que les entreprises membres poursuivent depuis des années des objectifs environnementaux et demandent plutôt une transition guidée par l’équilibre, la concertation et le respect des conditions locales. Sans ce cadre, a-t-il ajouté, il existe un risque que la transition énergétique se transforme en spéculation.

Suvereto et la Val di Cornia font partie de l’une des zones viticoles établies de Toscane, où les vignobles cohabitent avec les oliveraies, l’hébergement rural et d’autres formes de tourisme agricole. Cet ensemble a contribué à façonner la réputation et l’attrait commercial de la région. L’intervention du consortium suggère que les producteurs de vin locaux souhaitent avoir davantage voix au chapitre à mesure que la planification des énergies renouvelables s’étend à des zones rurales productives qui font aussi office de destinations.

Le gouvernement régional n’avait pas répondu publiquement, dans les éléments sources, à l’appel du consortium. Le débat devrait attirer l’attention au-delà de la Toscane, alors que davantage de régions agricoles sont confrontées à des questions similaires sur la manière d’ajouter des capacités renouvelables sans compromettre les paysages agricoles qui soutiennent à la fois les activités liées au vin, à l’alimentation et au voyage.

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